Accueil > News > La Biphobie ! Et si on en parlait

Parce que les hétéros sont majoritaires, ils croient parfois être la norme. Parce que les homos subissent les discriminations, ils croient parfois tout en savoir.

Pourtant, entre ceux qui croient que la bisexualité n’est pas une orientation sexuelle comme les autres et ceux qui pensent que les bi ne sont pas victimes de discriminations comme les gays ou les lesbiennes, il y a surtout là un réel manque d’informations. Donc voilà cet article pour faire un état des lieux sommaire de la biphobie avec un top 10 des anecdotes biphobes :

« Les personnes bisexuelles ne sont que des homos qui ne s’assument pas ou des hétéros qui veulent s’amuser » ou « Les bi sont parfois hétéros, parfois homos »

En gros, la bisexualité n’existerait pas. Bien des personnes sont incapables d’envisager qu’un individu puissent être attiré par des personnes quelque soit leur sexe. Cela revient à nier une partie de l’identité d’une personne. Pourtant, la diversité des genres et des orientations sexuelles a prouvé que la sexualité, les relations ou les identités sont autant de sujets complexes qui ne se résument pas à une poignée de mots. Mais notre société demeure binaire. Même dans « bi » il y a «deux» alors que, tout comme il existe des personnes attirées par des personnes du même sexe ou des personnes attirées par des personnes du sexe opposés; il existe des personnes attirées par des personnes de tous sexes. Il existe des personnes attirées par des personnes quelque soit leur genre. Il existe une multitude d’identité et d’attirances qui ne disparaissent pas en fonction du statut marital des individus.

« C’est un effet de mode ! »

La bisexualité, notamment celle des femmes, est de plus en plus médiatisée. C’est peut être parce qu’elle est moins tabou qu’elle fait autant parler d’elle. Alors non, ce n’est pas un effet de mode, de même qu’on ne choisit pas d’être homo ou hétéro, on ne choisit pas d’être bi. Et puis même si c’en était un, en quoi est-ce un problème ? Que cela peut-il bien faire ce que les gens font dans leur intimité ? Et si cet « effet de mode » peut permettre à des individus d’assumer leur orientation sexuelle tant mieux. Et même si ce n’est que de la curiosité, que ce n’est que l’histoire de quelques nuits sans lendemains, aucun mal n’est fait, cela ne regarde que les deux personnes concernées.

« Les bi ne sont pas capables de s’engager sérieusement dans un couple homo puisqu’ils ont le choix de rentrer dans le rang» ou «Les bi se sont les pires, ils ont besoin des deux pour être satisfait »

On n’imagine difficilement comment ils pourraient être fidèles s’ils sont constamment attirés par l’autre sexe. Être bi ce serait aussi avoir plus d’envies, donc plus dures à satisfaire… Pourtant, la bisexualité n’a rien à voir avec la fidélité ou l’appétit sexuel! S’engager avec une personne, se lancer dans une relation exclusive, c’est renoncer à toutes les autres, quelle que soit leur genre, leur taille, leur couleur de cheveux, etc.. Et les bi n’ont ni plus le droit d’être infidèle ou non exclusif, ni moins. Là encore, ce n’est pas une affaire de choix. Une personne bisexuelle ne décide pas de tomber amoureuse. Elle ne choisira pas un partenaire du sexe opposé par facilité ou ne vous quittera pas parce que l’autre sexe lui manque.

« Mais tu as déjà essayé un homme/une femme? Non? Et bien tu es hétéro/homo alors ! »

Faîtes un effort de mémoire. Rappelez-vous de vos jeunes années, celles qui ont précédées vos premières relations. Vous ne pensiez pas encore connaître votre orientation sexuelle ? Vous vous disiez que vous deviez tester pour être sûr ? Mais alors peut être faudrait-il que vous testiez une relation homo/hétéro pour être sûr? Eh bien là, c’est pareil. Certaines personnes ont conscience de leur orientation sexuelle, d’autres non, mais ce n’est pas propre aux bi, ni aux LGBT en général.

« Les bi ne sont pas victimes de discriminations comme les gays ou les lesbiennes »

Pour faire court: étant donné que tous les points précédents sont basés sur des faits, ils contredisent à eux seuls cette affirmation. Les bi subissent l’homophobie de façon plus ou moins importante mais ils subissent également des discriminations liées directement à la biphobie et cela au sein même du milieu LGBT.
Hétéros, gays, bi, hommes, femmes, trans, asexuel-le-s, intersexes, aromantiques, gender fluides, polyamoureu-se-s, queers…

Nous ne sommes tous que des personnes qui aimons d’autres personnes, chacun à notre manière, et ces mots ne sont que des étiquettes. La lutte contre les discriminations ne doit ni passer par la normativisation des individus ni par le rejet de certaines catégories de personnes. C’est tous ensemble, en veillant chaque jour à réduire les barrières entre les communautés, que nous réussirons à construire notre futur autour de l’égalité et du respect !

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