Accueil > News > Les militants de Couleurs Gaies soutiennent les migrant.e.s et réfugié.e.s LGBTQ

« De l’air! De l’air! Ouvrez les frontières! » pouvait-on entendre dans les rues de Metz ce samedi 24 février 2018. Cette manifestation en soutien aux migrant.e.s et réfugié.e.s arrivé.e.s à Metz, à l’initiative du Collectif mosellan de lutte contre la misère, a réuni plusieurs dizaines d’associations et de partis politiques de lutte contre la misère et les discriminations sociales, ainsi que plus d’une centaine de manifestant.e.s.

On ne verra presque aucune des personnes concernées par le soutien proclamé dans cette manifestation: la terreur étatique fonctionne à merveille pour faire taire les demandeurs d’asile.

La délégation de Couleurs Gaies lors de la manifestation

Des milliers de personnes ne vivent de la France que la rue, les bidonvilles, les discriminations. A Metz, le bidonville Blida dont les conditions sanitaires et sociales déplorables sont connus de tous, et surtout des autorités de la Ville de Metz, se voit institutionnalisé par la Ville elle-même comme un lieu de vie de longue durée, aménagé par les autorités locales, mais de manière « indigne », comme le précise Eric Graff, président du Collectif mosellan de lutte contre la misère. L’ancien lycée Poncelet (Borny) est transformé en centre d’hébergement où s’entassent les migrant.e.s et les réfugié.e.s, dormant sur des lits de camp, sans matériel de cuisine pratique. Certes ce lieu les protège des intempéries hivernales, mais pas de la promiscuité extrême d’où peut naître la violence et se propager des maladies. Autant le bidonville de Blida, que ce centre d’hébergement à Borny sont interdits d’accès à toute personnes extérieures, y compris des membres d’associations humanitaires qui luttent contre cette misère. Les images qui ont pu fuiter grâce aux personnes résidentes dans ces lieux ont entraîné des punitions à l’égard de ceux qui dénoncent leurs conditions de vie révoltantes, punitions ayant pour contenus, par exemple, l’interdiction de faire la cuisine au sein du lieu d’hébergement.

Les revendications de cette manifestation sont claires: le logement immédiat, continuel et institutionel pour tous. Il est aberrant de constater qu’à Metz, des centaines d’individus vivent à la rue et dans des conditions inhumaines, pendant que plus de 8000 logements sont absolument vides! Eric Graff insiste: « Il est nécessaire d’élargir la lutte à d’autres sujets que le logement, par exemple l’accès aux soins médicaux, la facilitation administrative des demandes d’asile, l’accès au travail… ». La circulaire Collomb, « cette machine de guerre anti-immigration » selon les mots du président du Collectif mosellan de lutte contre la misère, est particulièrement attaquée lors de cette manifestation. Pour résumer, cette circulaire présente différentes « procédures administratives d’éloignement des étrangers en situation irrégulière ». Aucun.e des migrant.e.s et des réfugié.e.s en France et ailleurs en Europe ne viennent pour faire du tourisme: selon le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, les demandes d’asile qui ont été déboutées par l’administration française constituent en elles-mêmes des raisons suffisantes de placer en rétention ces personnes, qui seront renvoyées dans leur pays en guerre ou souffrant d’une misère inhumaine.

L’association messine de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre Couleurs Gaies était présente à cette manifestation. Déployant drapeaux arc-en-ciel immenses et pancartes où on peut lire: « Dignité pour les migrants LGBT », « Welcome over the rainbow », ou encore « Transidentitaire, transfrontière », les militants de Couleurs Gaies ont marqué leur soutien aux migrant.e.s et réfugié.e.s. La présence de Couleurs Gaies dans cette lutte est « toute naturelle » selon Eric Graff car « un grand nombre de demandeurs d’asile en France fuient l’homophobie dans leur pays d’origine ». Si l’on interroge les militants de Couleurs Gaies à propos de leur présence, c’est bien cette idée qui ressort: « Il ne faut pas oublier que les migrants LGBT traversent dans le pays où ils vivaient des choses que les autres migrants ne connaissent pas » assure l’un d’eux. Ces militant.e.s sont présent.e.s à la manifestation afin de « montrer la diversité des luttes à Couleurs Gaies », et également afin de faire connaître l’existence-même de l’association, puisque tous et toutes peuvent y venir pour passer un moment agréable, discuter ou trouver une aide morale et juridique. A Couleurs Gaies, il s’agit de « défendre l’humain avant tout », de « mettre en lumière les spécificités des migrant.e.s LGBT » et de « dénoncer cette situation dégueulasse » partagée par tous.tes les migrant.e.s et réfugié.e.s. Tous et toutes les migrant.e.s et les réfugié.e.s vivent une situation indigne et inhumaine. Il n’en est pas moins vrai que les personnes LGBTQ voient l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et/ou la transphobie s’ajouter à leur malheur. Le fait que les migrant.e.s et réfugié.e.s LGBTQ soient logé.e.s dans les mêmes centres d’hébergement que leurs compatriotes a ceci de problématique que, parfois, ils retrouvent en France les bourreaux homophobes qu’ils ont fuit en quittant leur pays. Loger dignement tous les réfugiés et toutes les réfugiées permettrait à tout un chacun de vivre sereinement et éloigné du danger constant d’être discriminé ou persécuté en raison de son orientation sexuelle et/ou de son identité de genre. En effet, les personnes LGBTQ qui ont fuit leur pays d’origine à cause des LGBTphobies sociales voire institutionnelles « ne sont pas plus libérées ici » affirment les militant.e.s de Couleurs Gaies.

« On ne lâche plus la lutte. Quand on voit une femme enceinte et ses deux enfants qui s’apprêtent à dormir dehors une nuit de décembre avec pour seule source de chaleur un feu de déchets, on ne peut plus lâcher la lutte » déclare avec force et conviction Eric Graff et, ce n’est pas peu affirmer que cette idée est partagée par tous.tes les manifestant.e.s. Matthieu Gatipon-Bachette, président de l’association Couleurs Gaies, ajoute qu’il est de l’ordre, si ce n’est de la responsabilité, du moins de la politesse des autorités locales de répondre aux associations qui dénoncent les traitements indignes qui sont réservés à ceux qui fuient la misère et les persécutions. En effet, Couleurs Gaies a alerté le préfet par une lettre et un article dans le journal Le Républicain Lorrain sur la situation précaire et dangereuse des migrant.e.s et réfugié.e.s LGBTQ à Metz. Il est aujourd’hui nécessaire de continuer la lutte contre toutes les discriminations, qu’elles aient pour objet la nationalité, le genre, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

M.R.

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