Pourtant, le Refuge s’avère plus vital que jamais.

Comme simple preuve : le nombre d’appels à l’aide sur leur ligne d’urgence (06 31 59 69 50) a été multiplié par cinq, comme le précise Nicolas Noguier, président de la fondation. En cause, le nombre de jeunes LGBT+ qui se retrouvent confinés au sein d’une famille homophobe, avec laquelle ils doivent vivre 24h/24, 7j/7, en devant se passer des échappées habituelles et salvatrices offertes par les activités extérieures, l’école, les amis.
Pour tenter de faire en sorte de proposer un semblant d’aide pour espérer (oui, l’intention compte… mais l’efficacité pourrait compter aussi) contrer les violences intrafamiliales, l’application FLAG (https://www.flagasso.com/2-uncategorised/51-app_presentation.html) permet de réaliser un signalement anonyme et géolocalisé en cas de violence. La victime est ensuite recontactée et orientée « vers les interlocuteurs appropriés » (association ou police).

Photo de Christian Sterk

Pourtant, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a alerté les États sur les dangers que représente le confinement pour les LGBT+ qui vivent au sein de leur famille. Malgré tout, en France, l’assemblée nationale rejette le 17 avril les trois amendements qui auraient permis d’ouvrir des hébergements d’urgence pour les jeunes LGBT+ grâce à une aide de 120 000 euros. Mais qu’est-ce que 120 000 euros au milieu des 100 milliards de dette ? Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, prenant le taureau par les cornes, a malgré tout fini par annoncer le 24 avril un plan d’urgence permettant de débloquer 300 000 euros pour financer 6000 nuits d’hôtel pendant le confinement afin d’accueillir les jeunes vulnérables, estimant que « beaucoup de jeunes vivent actuellement un enfer ».

Cette dernière note positive, dans le sens où elle montre que les LGBT+ ne font plus partie des oubliés et des impensés de la population et qu’ils sont considérés comme valant la peine d’être protégés, ne doit cependant pas nous laisser nous reposer sur nos lauriers en croyant acquis nos droits et nos libertés : des jeunes en prennent encore et toujours plein la gueule dans leur famille, et une telle période de crise pourrait laisser oublier certains (je pense notamment aux politiques) que derrière l’urgence nouvelle se cachent les problèmes de toujours.

Anna-Livia