De nombreuses fresques, mosaïques, statues, mais aussi quelques textes nous relatent sans le moindre tabou la sexualité à l’époque des Grecs et des Romains entre femmes et entre hommes. Si à première vue on pouvait croire que l’homosexualité était libre, la réalité en est tout autrement.

Que cela soit dans la Grèce Antique, la Rome Antique, l’Empire Romain et même l’Égypte Antique, l’homosexualité n’est pas acceptée.

Dans la Grèce Antique, les règles régissant les relations entre deux personnes du même sexe sont très strictes. La société interdisait que les hommes entre autres ne se détournent du cycle époux et père de famille (eromenos et érastes). Pour autant les Grecs n’ont jamais fait la moindre différence entre l’homosexualité et l’hétérosexualité. On parlera plutôt de bisexualité.

Éraste et Éromène échangeant un baiser, médaillon d’une coupe du Peintre de Briséis, musée du Louvre.

La pratique de la pédérastie entre hommes avait pour un but éducatif d’un citoyen de plus de 20 ans et d’un adolescent entre 12 et 18 ans. Elle est à distinguer de l’idée moderne de la notion d’homosexualité, car relativement contradictoire et difficile à interpréter. Si de nos jours, la société crierait à la pédophilie, rappelons qu’à l’époque, les gens vivaient beaucoup moins longtemps et que les mariages étaient réalisés durant l’adolescence. La mentalité était complètement différente.

Plutarque dans ses récits parle du bataillon sacré de Thèbes, un corps d’élite composé uniquement d’hommes soudés par l’amour entre eux et composé par le Commandant Gorgidas.

Si Homère relate les exploits des Amazones, il faudra néanmoins attendre le VIIème siècle av. J.-C., pour découvrir Sappho et ses chants d’amours entre femmes.

Rêverie ou In the Days of Sappho – John William Godward

Du côté de Rome, si contrairement à la Grèce, elle n’utilisait pas la pédérastie de façon éducative, les rapports homosexuels n’étaient pas totalement proscrits. Le citoyen romain et l’esclave affranchi pouvaient avoir des relations homosexuelles avec leurs esclaves hommes (enfants et adultes) et des frappés d’infamie (acteur, gladiateur, musicien,etc..) et uniquement de façon active. Cependant pour les femmes, les relations lesbiennes étaient totalement défendues et sévèrement punissables.

En Égypte Antique, contrairement aux autres Empires de l’époque, aucun texte de loi ne semblait interdire l’homosexualité. Toutefois le viol homosexuel était condamné. Il y avait donc un peu plus de liberté.

Durant toute l’antiquité pourtant, les hommes importants, ayant eu une relation homosexuelle sans que pour autant l’opprobre leur fût jeté dessus, furent nombreux. Parmi les plus célèbres couples il y a :

  • Khnoumhotep et Niânkhknoum (Égypte Antique)
  • Pépi II et son général « bien aimé » (Égypte Antique)
  • Darius III et Bagoas qui deviendra aussi l’amant d’Alexandre le Grand (Empire Perse)
  • Alexandre le Grand et Héphaestion (Empire Perse)
  • Cicéron et son secrétaire Marcus Tullias Tiro (Rome Antique)
  • Nicomède IV de Bithynie et Jules César (Rome Antique), même si cette relation est à prendre avec des pincettes, car les historiens parlent d’une tentative d’affaiblissement par la rumeur.
  • Hadrien et Antinoüs qui fut l’histoire la plus connue et la plus ouverte, malgré les condamnations du Sénat (Empire Romain)

Marie-Paule