Aujourd’hui, nous connaissons plusieurs noms de structures qui se battent pour les droits des personnes LGBT+ : pour n’en citer que quelques uns, il y a Le Refuge (soutien et accueil des jeunes LGBT+ victimes d’homophobie), l’ADHEOS (Association d’aide, de défense homosexuelle pour l’égalité des orientations sexuelles), l’association Contact (qui a la particularité de faire lien entre les personnes LGBT+ et leur famille ou entourage) et tant d’autres.

Mais savez-vous quelle est la première organisation de défense des droits LGBT+ ? Il s’agit du Comité scientifique humanitaire (en allemand : Wissenschaftlich-humanitäre Komitee) !

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Ce comité a été créé il y a 123 ans, en mai 1897 en Allemagne. Si c’est Magnus Hirschfeld, sexologue, qui en est à la tête, cette organisation ce compose également d’autres sexologues, mais aussi d’éditeurs, de juristes et d’écrivains. Et leur objectif est simple : ils veulent la suppression de l’article 175 du Code pénal allemand qui criminalisait, depuis 26 ans, l’homosexualité masculine. Rappelons qu’au nom de cette loi, 50 000 personnes ont été condamnées au cours du IIIe Reich. D’ailleurs, alors que le mouvement a été étouffé pendant toute la durée du régime nazi, le comité est tout de même venu en aide aux accusés pendant leur procès ; pour cela, ils recueillaient des signatures pour une pétition visant à abroger cette loi sur laquelle y figurait notamment celle d’Albert Einstein et de Léon Tolstoï. 

Étant lié à l’Institut des Sciences Sexuelles dirigée par Magnus Hirschfeld lui-même, le comité se basait donc sur les théories de ce dernier, dont celle du troisième sexe. Dans le même sens, y était défendue l’idée que l’homosexualité est innée, ne relevant pas d’un choix, appuyant l’aberration d’une quelconque condamnation. 

S’il n’y a eu que 500 membres tout au plus au cours de toute l’existence de ce comité, on trouvait néanmoins 25 antennes en Allemagne, ainsi que des annexes aux Pays-Bas, en Autriche et en France (en Alsace). 

Ce comité scientifique humanitaire reste une organisation majeure dans le mouvement d’émancipation homosexuelle

Louise et Manon