En ce mois de juin qui aurait du être celui des Marches des Fiertés, nous vous parlons, à cette occasion, des émeutes de Stonewall à qui nous devons beaucoup !

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Toute personne queer a sans doute déjà entendu parler des émeutes de Stonewall, puisqu’elles symbolisent l’éclosion du mouvement de libération LGBT+ et sont considérées comme étant l’une des premières luttes de la communauté. 

Ces émeutes ont commencé la nuit du 28 juin 1969 dans le bar “Stonewall Inn” (tenu par la mafia) avec une série de manifestations violentes contre la police

En réponse à quoi ? Au système juridique et politique foncièrement homophobe tout au long des années 50 et 60, ainsi qu’aux interventions régulières de la police dans les bars gays depuis les années 20. 

Cette nuit-là, les émeutes ont notamment été déclenchées par le contexte très conflictuel de l’époque, dans lequel la contre-culture et de nombreuses manifestations (contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam) voient le jour. Et surtout, pour la première fois ce soir-là, les propriétaires n’étaient pas au courant qu’une descente de la police allait avoir lieu. 

L’élément qui viendra précipiter l’émeute est la confrontation entre un officier de police et Stormé DeLarverie, une drag queen lesbienne. Blessée à la tête par une matraque et essayant de se débattre du policier qui tente de l’arrêter, elle donnera le premier coup de poing qui sera à l’origine de tout : à propos de cet acte de légitime défense, DeLarverie dira : “The cop hit me, and I hit him back” (Le flic m’a frappée et je l’ai frappé).

Sylvia Rivera et Marsha P. Johnson, toutes deux femmes transgenres, sont aussi deux grands noms associés aux émeutes : Rivera est connue pour avoir ouvert les hostilités en lançant une bouteille sur les policiers et Johnson pour avoir projeté des briques sur les voitures de ceux qui venaient les arrêter. 

Très vite, une foule de gens se forme ; les résident.e.s du quartier ainsi que les client.e.s du bar se sont mêlé.e.s aux militant.e.s qui représentent ainsi 2000 personnes. Tout au long de la nuit, se poursuit l’émeute que même l’unité de police anti-émeutes (Tactical Patrol Force)n’arrivera pas à arrêter totalement. Si, en effet, les choses semblent se calmer, l’émeute prend de l’ampleur des 5 jours suivants

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Un des aboutissements les plus importants de Stonewall a été la création, à New York, du Gay Liberation Front(Front de libération gay) et c’est Craig Rodwell (militant et créateur de la première bibliothèque LGBT+) et Brenda Howard (militante bisexuelle féministe) qui en ont été les fondateur.ices. 

1 an plus tard, après une longue bataille, est accordé aux personnes LGBT+ le droit de manifester, grâce au GLF ; c’est ainsi qu’aura lieu le premier attroupement qui sera le précurseur de ce qui deviendra la Marche des Fiertés telle que nous la connaissons aujourd’hui : la Christopher Street Gay Liberation. C’est grâce à ces émeutes que les Prides ont encore lieu aujourd’hui en juin.

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À Metz aussi, Couleurs Gaies rend hommage aux militant.e.s de Stonewall : en février 2020, le square Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera est inauguré ! Une belle façon de commémorer celleux qui se sont battu.e.s pour obtenir nos droits.

Manon et Louise