On connait toutes et tous le Japon et l’homosexualité aujourd’hui par l’intermédiaire du Yaoi (relation gay) et Yuri (relation lesbienne). Mais jusqu’à la diffusion par les médias, l’homosexualité au Japon était existante, mais dont personne ne parlait. En effet, depuis toujours, le Japon reste conditionné par le poids d’un modèle familial hétéronormé.

Comment sait-on alors que l’homosexualité était présente avant l’ère Meiji ?

On retrouve dans de nombreux écrits des histoires relatant des relations entre hommes. Pour les historiens, ce n’est pas une preuve tangible mais, de cette époque, peu d’informations sont remontées jusqu’à nous. Le fait de le retrouver dans ces écrits nous montre donc que l’homosexualité était bien présente durant l’époque féodal et avait une existence tout à fait décomplexée dans une certaine classe sociale. Le Genji Monogatari, ouvrage datant du Xe siècle, nous dresse un portrait exhaustif de la vie à la cour du Japon sous l’ère Heian.  

A l’époque suivante, une codification des rapports homosexuels apparait et ils auront une place très importante à travers les samouraïs. C’est de ce corps militaire que naitra en 1485 le terme de Shudō, abréviation du mot wakashudō. En effet, le maître (le nenja) avait une relation dominante envers son élève (wakashû). Ce dernier devait lui promettre une fidélité et une dévotion sans faille durant ses années d’apprentissage. Tout comme les Grecs dans l’antiquité, les rapports homosexuels étaient un moyen pour les familles d’élever un enfant au statut d’homme adulte. L’aspect de ce type de relation s’est transmis ainsi à travers l’histoire et a initié dans l’imaginaire populaire une vision trouble entre homosexualité et amitié entre hommes. C’est à partir du XVIe siècle alors qu’un cycle de paix s’installe que cette pratique va disparaitre petit à petit du code des samouraïs. Un autre type d’homosexualité verra le jour avec la pauvreté gagnante de certaines castes : la prostitution masculine. Les shoguns tenteront d’endiguer ce fléau sans grande réussite.

Contrairement à d’autres pays influencés à la même époque par l’une des trois grandes religions monothéistes, le Japon a pu s’exonérer du tabou religieux puisque ni le shintoïsme, ni le bouddhisme ne font référence à l’homosexualité comme étant un comportement néfaste.

Une légende raconte même que le bonze Kūkai (XVIII – XIXe siècle de notre ère) rapporta l’homosexualité de Chine lors de son premier voyage.

On retrouve encore aujourd’hui de nombreuses estampes datant de l’ère féodale et montrant des relations homosexuelles.

Marie-Paule