Cette association perdure encore aujourd’hui alors que l’on sait que l’homosexualité est présente dans toutes les cultures et chez un nombre incalculable d’espèces animales (je vous conseille à ce propos la lecture de Animaux homos de Fleur Daugey (2018)).


Or, vous noterez que les personnes qui vous assènent leur pseudo-argument du contre-nature ne se privent pas de rouler en voiture, de faire leurs courses dans un super marché et de s’entourer de plastic comme tout bon individu dit « moderne » ; tout ceci étant, comme chacun sait, très naturel (ironie). Pourquoi ne leur a-t-on jamais fait remarquer qu’absorber le contenu plein d’additifs, sur-cuit et affadi de conserves en aluminium était contre-nature ? Pourquoi, lorsque ça touche à la sexualité, ils nous coulent une bielle ?
Ce n’est pas seulement l’idée de l’acte sexuel non procréatif puisqu’ils gobent à peu près bien l’idée de la pilule contraceptive (et autres moyens de détournement). On peut encore rencontrer des gens contre, mais pas des gens dégoûtés-choqués à l’idée de la contraception. C’est bien la pilule de l’homosexualité que ces gens ne parviennent toujours pas à avaler. En partie parce que c’est un interdit absolu qu’on leur a carré dans la tête depuis leur naissance. En partie parce que c’est leurs propres tendances homosexuelles qu’ils refoulent et qui ressortent sous forme de dégoût et de haine et de refus de réfléchir plus loin que le bout de leur nez. En partie pour plein d’autres choses inénumérables.


Mais, encore une fois, ce sont les autres (en l’occurrence nous-autres) qui payent le prix de leurs propres troubles, qui doivent essuyer leur ignorance. C’est nous qui devons vivre notre sexualité en traînant la honte dont on s’encombre dès les premières années (et dont on peut se débarrasser, rassurez-vous), nous qui devons nous armer et nous solidifier pour désamorcer les jugements archaïques, pour refuser d’être faits monstres par ceux qui refusent de s’extraire du carré bien délimité des normes étroites dans lesquelles ils baignent bien confortablement.


Nous, qui sommes leurs Autres, les tirons du confort de leurs certitudes ; nous représentons un inconfort majeur, nous forçons à réfléchir, à innover, à se fatiguer pour regarder plus loin que le bout de son nez. En cela, je propose de prétendre que les LGBT+ devraient être considérés comme une force majeure d’expansion de l’intelligence et de l’humanisme.


Anna-Livia.