Notre première auteure qui s’est prêtée au jeu se considère comme une auteure bébé, mais douée d’un talent pour transmettre son savoir et les émotions à travers ses romans. Entre deux cartons de déménagement, un petit plongeon dans la piscine et deux ou trois mojitos, elle se livre à mes questions :

Tout d’abord, je te remercie pour le précieux don que tu as fait à la bibliothèque de l’association Couleurs Gaies. Grâce à toi, je peux faire connaitre aux adhérent(e)s des auteur(e)s contemporain(e)s.

Peux-tu nous parler un peu de toi ?

Bonjour, Emy, vingt ans avec quatorze années d’expériences en plus… je me suis mise à l’écriture sur le tard, à l’âge de trente ans. Suite à un accident, je me suis retrouvée handicapée, un handicap invisible pour beaucoup mais omniprésent dans mon quotidien. Mes enfants et la lecture m’ont sauvée. Mais avoir ce handicap m’a fait aussi réaliser qu’être différente amenait à une grande remise en question sur ma vision de la vie. C’est ainsi que je me suis mise à l’écriture. J’ai voulu, par mes mots, confronter le regard de cette société faite de préjugés face à quelqu’un qui ne rentrait pas dans les « cases ».

Pourquoi avoir choisi l’écriture mettant en scène des personnes LGBT+ ?

Ma réponse est toujours la même : « Pourquoi pas ? ». Dans mon esprit, on ne parle pas catégorie de la population mais d’hommes et de femmes comme tout à chacun. Je n’ai jamais eu d’a priori sur des hommes aimant des hommes ou des femmes aimant des femmes. Chacun vit sa vie comme il l’entend. Je dirais que je joue de cette « différence » pour mettre en avant que ce n’est pas la sexualité d’une personne qui la définit.

Qu’aimes-tu le plus dans l’écriture d’un projet ?

Développer mon thème principal. Pour chaque projet, tout commence par une question ouverte puis la question « Et si c’était moi ou mes enfants… comment réagirais-je ?» . C’est le point de départ d’une longue remise en question en me confrontant à la réalité de notre quotidien.

Qu’aimes-tu le moins ?

Le doute ! A chaque fois, je me demande si le sujet abordé trouvera son public. Il faut dire que je n’écris que des romances contemporaines et généralement elles ne sont pas référencées dans les Feel Good.

Ecris-tu d’autres choses que des romans (poésie, essais, articles, etc…) ?

Non. J’ai toujours eu une imagination débordante mais étant dyslexique, l’écriture était ma bête noire plus jeune.

Quel sont tes sources d’inspiration ?

Mon quotidien. Voir interagir mes enfants m’apportent beaucoup. Ils sont jeunes (7 et 9 ans). A cet âge, on s’interroge sur le sens de la vie, sur les comportements de chacun. Mes proches sont aussi une source d’inspiration constante car chaque individu à une pensée qui lui est propre. Enfin, je m’inspire aussi des articles de journaux, chansons, photos… C’est la magie de ce monde… Un petit détail peut aboutir à de grandes interrogations.

Parle-nous du(des) livres que tu as offert à la bibliothèque ?

Dès que Marie-Paule m’a présenté l’association et son rôle au sein de celle-ci, j’ai voulu, à mon petit niveau participer à cette aventure. La lecture n’est pas accessible à tous. La lecture LGBTQ encore moins ce que je trouve déplorable. L’ouverture d’esprit, la tolérance passe avant tout par l’information, la communication. La lecture est un formidable moyen d’aller vers l’autre.

J’ai donc décidé d’offrir mon premier roman qui est une duologie, « Chemins de Traverse » qui aborde cette question si simple et pourtant capitale : « Etre ou paraître ? Dois-je vivre selon les dictats des autres ou dois-je vivre ma vie ? ». Dans la seconde partie, Laurent, mon personnage principal sera confronté à une autre vérité : faire ses propres choix est une chose mais rien n’est acquis… Il l’apprendra à ses dépens.

Notez que Marie-Paule ne le saura qu’en lisant cette interview, mais je prévois d’offrir un exemplaire de mon prochain roman à cette très belle association.

Une légende raconte que tout(e) auteur(e)s LGBT possède un chat, fais-tu partie de cette légende ou as-tu un autre animal ?

Oui, j’ai un chat mais aussi une chienne (sans compter mes deux petits monstres d’enfants)…

Quelles sont tes actualités littéraires ?

Le 31/08 est paru « Emprise », un livre coup de poing à mes yeux mais tellement important. Il traite des violences conjugales, et plus précisément dans un couple d’homosexuels.

Par la suite, un autre roman MM paraitra je pense en fin d’année ou début 2021. « Fracture(s) » abordera la thématique de l’handicap physique et les conséquences sur la personne blessée mais aussi sur le conjoint. C’est un roman à deux voix. On a trop tendance à négliger la douleur de l’un ou de l’autre. C’est mon roman le plus personnel car j’y retrace aussi une partie de ma propre histoire.

J’attends le retour d’une soumission faite dans l’été sur un roman qui aborde cette fois ce désir de parentalité pour une personne homosexuelle. C’est un roman « historique » qui débute avant le mariage pour tous. J’y aborde les difficultés de ces hommes et de ces femmes à accéder à ce vœu si légitime dans cette société qui se dit « égalitaire ».  On retrace le parcours de Samuel mais aussi d’autres qui ont eu accès à ce vœu par d’autres moyens…

Enfin, je travaille actuellement sur un quatre mains avec un auteur de talent sur la difficile thématique du harcèlement scolaire. Ce roman sera un young adult et un drame, de l’acabit d’ « Emprise ».

Où est-ce que l’on peut te suivre ?

Sur ma page Facebook : Emy Bloom – Auteur

Sur mon Instagram  https://www.instagram.com/emy_bloom_auteure/

Un petit dernier mot pour les personnes qui aimeraient se lancer dans l’écriture ?

Osez ! Pour ma part, tout est parti d’un simple pari avec mon mari. Personne n’a le droit de vous priver de cette liberté. Vous n’avez rien à perdre et tout à gagner.

Et voilà, c’est tout pour cette première présentation. Il y en a d’autres qui m’attendent et je repars pour de nouvelles rencontres passionnantes. N’oubliez pas les livres sont disponibles à la bibliothèque de l’association pour tous les adhérent(e)s.

Marie-Paule