Cette lecture estivale n’avait pas la légèreté propre à la saison. Mais pourquoi ne pas savourer aussi les longues soirées à prendre son temps pour aller plus loin dans ses connaissances ? Dans mon idéal de prendre tout -le loisir et la culture G- j’ai choisi le livre de Mona Chollet, Sorcières – la puissance invaincue des femmes (éditions La découverte) pour accompagner mes fins de soirée. A la fraîche. Celle-ci était toute relative, égard au sujet abordé par la journaliste du Diplo. La figure de la sorcière, à l’aune d’un regard féministe. Un sujet brûlant d’actualité. La sorcière aujourd’hui est la femme célibataire, indépendante, la femme qui choisit de ne pas avoir d’enfant, la femme qui choisit de vivre son vieillissement naturellement, sans fard, sans fardeau. La femme, la féministe, celle qui bouscule ce monde, quitte à « le mettre cul par-dessus tête ». Celle qui se lève et qui se casse comme l’a dit Despentes après le zéro pointé des César 2020 et ce que l’on appelle désormais le « moment Adèle Haenel ».

Née à Genève, Mona Chollet est journaliste au «Monde diplomatique».
MATHIEU ZAZZO

Mona Chollet commet un essai très documenté. Il retrace, à l’appui d’exemples issus de la littérature scientifique, l’histoire des femmes qui avaient choisi de ne pas suivre l’ordre établi par les hommes et/ou la religion, qui en dictait nombreuses lois. Mona Chollet relève aussi des anecdotes de notre histoire contemporaine qui laissent entrevoir que les brimades, le sexisme, une forme de chasse aux sorcières ne sont pas l’apanage des livres d’histoire. Les résonances dans notre société actuelle ne sont pas uniques. Citons entre autres les mouvements Witch, les #metoo, #balancetonporc et décomptes affligeants des féminicides perpétrés chaque année.

Un seul article ne pourrait suffire à saluer le travail de la journaliste qui axe son propos sur trois types de femmes qualifiées de sorcières. Vous inviter à prendre connaissance de l’ouvrage, c’est aussi vous inviter à mener une réflexion sur nos propres représentations et préjugés d’aujourd’hui. Inviter au dialogue, au combat, et à ne pas laisser derrière les luttes contre celles et ceux qui, aujourd’hui encore, ne tolèrent pas qu’une femme puisse vivre sa vie comme elle l’entend, en toute légalité et égalité. Que diable !

Delphine