Pour ce deuxième article sur les portraits de femmes, nous continuons à vous présenter deux autres lesbiennes présentées lors de l’exposition : cette semaine, nous mettons un coup de projecteur sur Jane Addams et Mathilde de Morny

3. Jane Addams 

Jane & Mary

Si on devait résumer la vie de Jane, on pourrait dire qu’elle la dévouer à l’éducation des femmes. En effet, après avoir visité le premier centre social à Londres fin des années 1880, elle co-fonde avec Ellen Starr, son amour de l’époque, la “Hull House”, un centre d’oeuvres sociales à Chicago. Son objectif ? que les femmes universitaires puissent transmettre leurs connaissances aux personnes issues de la classe ouvrière (qui était principalement des immigré.e.s européen.ne.s, mais aussi des femmes). Dans cette maison y étaient organisés gratuitement des réunions, des concerts, des cours de littérature, d’histoire ou encore d’activités manuelles. 

Jane sera aussi à l’origine de la création de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, dont elle est la présidente de 1919 jusqu’à sa mort. 

En 1931, elle reçoit de son vivant le prix Nobel de la paix ; elle est d’ailleurs considérée comme la première femme américaine à en être titulaire. 

Tout au long de sa vie et de ses nombreux projets, ses relations amoureuses auront eu une grande place. Finalement, ses amours et son activisme étaient étroitement liés. Après avoir co-fondé la Hull House avec Ellen, le centre sera ensuite financé par Mary Rozet Smith, sa deuxième amoureuse. Les deux femmes resteront ensemble pendant 40 ans, jusqu’à la mort de Mary en 1934. 

4. Mathilde de Morny (1863-1944)

Mathilde “Missy” de Morny

Mathilde de Morny, fille d’un duc et d’une princesse, est une aristocrate française devenue artiste comédienne, sculptrice et peintre. Elle est connue pour avoir arboré un style vestimentaire jugé “masculin”, à l’époque interdit aux femmes, au cours de sa vie trépidante. 

Sa première relation lesbienne a lieu pendant son adolescence, alors qu’elle apprend à chasser. Mais à sa majorité, elle épouse par la contrainte le marquis de Belbeuf, lui-même homosexuel. Pendant son mariage, elle continue d’entretenir des relations avec des femmes et finit par divorcer en 1903. 

Le nom de Mathilde de Morny n’est pas inconnu aux gens qui connaissent Colette. En effet, les deux femmes ont entretenu une longue relation de près de 6 ans, entrecoupée de scandales, notamment celui du Moulin Rouge. C’est dans ce cabaret mythique que Mathilde met en scène sa pièce Rêve d’Egypte, dans laquelle elle joue un égyptologue qui embrasse une momie nue, interprétée par Colette. Ce baiser provoque une bagarre générale et la Police de Paris interdit la représentation de la pièce. L’identité de Mathilde est révélée et sa famille lui coupe les vivres. 

Même après leur séparation en 1911, Colette rend hommage à celle qui se faisait appeler “Missy” ou “Max” à travers son personnage de “la Chevalière” dans son roman Le pur et l’impur, publié en 1932. 

En juin 1944, ruinée, Mathilde met fin à ses jours en mettant sa tête dans le four de sa cuisinière à gaz. 

Manon & Louise, de la Commission Visibilité Lesbienne