Dans ce troisième article destiné à faire perdurer la dernière exposition de la Commission Visibilité Lesbienne, nous allons vous parler, dans le meilleur blog en matière de ressources LGBT+, de Renée Vivien et sa bien-aimée Natalie Cliffort Barney, ainsi que d’Alla Nazimova. 

5. Renée Vivien (et quelques mots sur Natalie Cliffort Barney

Renée et Natalie 

Surnommée “Sapho 1900, Sapho cent pour cent”, Renée Vivien était une poétesse et écrivaine ouvertement lesbienne et une figure marquante du “Paris-Lesbos” des années 1900. Née à Londres en 1877 sous le nom de Pauline Mary Tarn, elle choisira “Renée Vivien” comme pseudonyme d’autrice française lorsqu’elle emménage à Paris. Ce nouveau nom est un hommage à Violette Shilitto, son premier amour rencontrée au pensionnat et décédée en 1901 : Renée pour “Renais !” et Vivien pour “Vie, viens !”. 

Sa grande richesse la met à l’abri du besoin, mais ne la protègera malheureusement pas de la souffrance psychique : dès son adolescence, elle fera plusieurs tentatives de suicide liées à des deuils qui lui sont alors insurmontables et souffrira par la suite d’alcoolisme et d’anorexie qui l’entrainera vers la mort en 1909, alors âgée de 32 ans. 

En 1899, Renée rencontre Natalie Cliffort Barney, dans un salon parisien, avec qui elle a une relation amoureuse jusqu’en 1901. Renée la mettra en scène, quelques années plus tard, dans son roman Une femme m’apparut en 1905. 

De son côté, Natalie, appelée “l’Amazone” était, elle aussi, ouvertement lesbienne. Elle tient, pendant plus de 60 ans, un salon hebdomadaire littéraire à Paris. Extrêmement intelligente et curieuse, Natalie fait du cheval, de la natation, apprend le français, le grec, l’allemand, ainsi que le violon et l’alto. 

Elle connaît sa première passion amoureuse avec Eva Palmer lorsqu’elle a 16 ans ; deux ans plus tard, face à la pression de son père qui s’inquiète de sa nature qu’il juge non conformiste, elle accepte des fiançailles “blanches” avec un homme à qui elle parle ouvertement de son attirance pour les femmes. 

6. Alla Nazimova 

Alla (dans “Salomé”) 

Née en 1879 sous le nom d’Adelaida Yakovlevna Levento en Crimée (qui, à l’époque, était russe), elle se passionne d’abord pour le violon et la danse. À 10 ans, elle se produit dans un grand hôtel de Moscou à l’occasion d’un concert de Noël ; c’est à ce moment là qu’elle choisit son pseudonyme : Alla faisant référence au surnom que lui donnait sa mère lorsqu’elle était petite et Nazimova étant le nom de la protagoniste de son livre préféré. 

À 17 ans, elle découvre le théâtre et intègre, 5 ans plus tard, une compagnie de théâtre qui l’amène à voyager autour du monde pour se produire. Le public américain sera aussi conquis. 

En 1916, elle fait sa première apparition au cinéma, ce qui la propulse au rang de star. L’année suivante, elle lance sa compagnie “Nazimova Productions” qui lui permet d’enfiler tour à tour la casquette de productrice (elle produira près d’une dizaine de films), actrice, réalisatrice, scénariste, monteuse et régisseuse lumière. Et oui, tout ça ! 

Pourtant, à cause de soucis d’argent, elle se retrouve fauchée et privée de soutien financier presque dix ans plus tard. Elle quitte donc le cinéma pour se tourner à nouveau vers le théâtre. 

En 1919, Alla achète une immense propriété qu’elle transforme en hôtel qui servira, par la suite, de lieu de fête où se retrouvaient des acteur.ice.s queer, mais aussi de maison de retraite pour de nombreux.ses artistes. Le “Garden of Allah” sera revendu en 1928. 

Elle s’éteint en 1945, âgée de 66 ans, aux côtés de sa compagne depuis 1929, Glesca Marshall. 

Manon & Louise de la Commission Visibilité Lesbienne