Cette semaine, c’est Joe Carstairs et Gladys Bentley que nous allons vous présenter dans ce quatrième article dédié aux grandes femmes lesbiennes, sous trop peu connues, de l’Histoire. 

Joe Carstairs 

Portrait of Marion Barbara Carstairs (1900-1993) also known as ‘Betty’ who was known for speed boat racing and owning the island of Whale Kay in the Bahamas. 1941 Photographer- David Scherman Time Inc Owned Merlin- 1200692

Au cours de son enfance, la jeune Joe étonne le monde autour d’elle ; son caractère rebelle n’est jugé pas digne d’une femme, alors sa mère l’envoie en pensionnat. En 1916, malgré son jeune âge, elle quitte Londres, sa ville natale, pour Paris pour conduire des ambulances pendant la Première Guerre mondiale ; sa rencontre avec Dolly Wilde est décisive et Joe vit son homosexualité au grand jour. Mais sous la contrainte de ses parents, elle se marie avec un ami d’enfance, le comte Jacques de Pret. Ce mariage sera annulé en 1921.

Joe n’a pas froid aux yeux. De retour à Londres, elle ouvre son garage où elle n’emploie que des femmes pilotes et mécaniciennes. Quand, malgré son succès, il ferme en 1925, elle s’achète son premier bateau à moteur et se découvre une passion pour la navigation. Jusqu’en 1930, elle participe à beaucoup de compétitions et en remporte certaines. 

En 1934, elle achète l’île de Whale Cay dans les Bahamas, et relance l’économie de l’endroit en construisant des routes, des logements et même un phare ! Et en 1975, après avoir longtemps gouverné l’île, elle va s’installer en Floride jusqu’à sa mort en 1993. 

On retiendra de cette femme, son indépendance, son courage et son désir de vivre comme elle l’entendait !  

Gladys Bentley 

Gladys Bentley

Gladys Bentley naît à Philadelphie et n’a pas une enfance des plus faciles. Elle découvre son homosexualité rapidement et ses parents décident de l’envoyer chez un psychiatre pour la “soigner”. À 16 ans, elle fuit sa famille pour s’installer à Harlem à New York et faire ce qui lui plaît depuis toujours : la musique. 

Son style musical et vestimentaire se fait rapidement remarquer : elle s’habille avec des vêtements d’homme et parle ouvertement de sexe et de lesbianisme dans ses chansons. Dans les années 1920, elle rencontre beaucoup de succès dans les bars clandestins des États-Unis, dont les bars qui accueillent des personnes LGBT+. Mais quand la Prohibition frappe à la porte et que les bars clandestins ferment, sa carrière est en danger. Pour la protéger, elle déménage à Los Angeles, féminise son apparence et s’assagit dans ses chansons ; elle épouse même un homme. 

En 1952, elle publie un article dans Ebony Magazine : I am a Woman Again. Dans cet article, elle explique qu’elle a reçu un traitement hormonal pour la “guérir” de son homosexualité et son travestissement. Elle sous-entend que c’est la pression sociale qui l’a poussée à prendre ce traitement et rappelle que quand on est différent.e, soit on s’adapte à la norme au risque de renier qui on est vraiment, soit on ose s’affirmer et on se confronte aux bonnes ou mauvaises conséquences. Pour Gladys, qui était pourtant sur le chemin de l’émancipation, la pression sociale de l‘époque a été trop forte. 

Manon & Louise de la commission VL