J’ai rapidement évoqué, dans une précédente chronique (# 3), l’épreuve du retrait d’un traitement hormonal dans une pharmacie à laquelle j’avais assisté lorsque j’y avais accompagné une camarade trans il y a quelques années. Autre situation typique de « panique queer », comme j’ai pu en témoigner dans une autre chronique (la # 9), concernant cette femme trans rencontrée dans une station service lorsque j’étais enfant. Rappelons-nous cette agression plus récente subie par Julia Boyer le 31 mars 2019 lorsqu’elle sortait du métro, place de la République à Paris : encerclée par des individus au milieu d’une foule venue manifester contre Bouteflika, elle a été insultée, a subi des attouchements aux seins et à la tête avant d’être frappée violemment.

Selon le rapport sur les LGBTphobies 2020 de SOS homophobie (disponible ici : https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_homophobie_2020_interactif.pdf_/rapport_homophobie_2020_interactif.pdf), la transphobie concerne dans 41% des cas les femmes trans, mais aussi les hommes trans dans 21% des cas, internet étant le lieu préféré, comme tout le monde le sait, des enflures pour s’exprimer (25% des cas), suivi par les lieux publics (14%), la famille (11%) et le travail (10%). Cette transphobie se manifeste dans 78% des cas par du rejet, et va des insultes (43%) aux discriminations (35%) en passant par des menaces, du harcèlement, des agressions physiques et/ou sexuelles et toutes autres sortes de réjouissances qu’on aurait du mal à inventer ; du genre : Londres, 2018, des féministes refusent l’accès à la baignade dans un étang non-mixte à des femmes trans, action s’inscrivant dans le cadre de la campagne #ManFriday visant à protester contre une réforme permettant d’assouplir les procédures de changement de sexe (étant féministe, je vous confirme qu’on a pourtant autre chose de mieux à faire) ; JK Rowling qui déçoit le monde entier avec des propos transphobes de bas étage, en se sentant tenue de donner son avis évidemment non-sollicité sur la question ; d’ailleurs, en passant, est-ce que tout ce petit monde ne pourrait-il pas cesser de croire que son petit avis personnel est si indispensable qu’il faut le balancer à tout va sur les réseaux sociaux sans se soucier des mortifications qu’il va provoquer ? merci de vous abstenir ; et puis on va s’arrêter là parce que l’imagination humaine n’a apparemment pas de limite lorsqu’il s’agit de nuire à son prochain ; si vous voulez avoir le cafard, regardez la liste des actualités en tapant « transphobie » sur Google (heureusement, il y a aussi quelques bons trucs cachés au milieu) ;

Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012)

sinon, vous pouvez toujours aller chercher du côté du cinéma, il y a de très bons films sur la question, comme Girl (Lukas Dhont, 2018, marquant), Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012, merveilleux), Boys don’t cry (Kimberly Peirce, 1999, déchirant), The danish girl (Tom Hooper, 2015, captivant), Océan (par et avec Océan, 2019, réjouissant)…

Anna-Livia.