Avec ce sixième et dernier article consacré à l’exposition “Le génie lesbien à travers l’histoire”, nous vous présentons Audre Lorde, poétesse et militante afro-américaine, ainsi que Eudy Simelane, footballeuse injustement assassinée en raison de son orientation sexuelle. 

11. Audre Lorde 

“Noire, lesbienne, féministe, poétesse, mère, guerrière” : tel est la traduction du nom africain qu’Audre Lorde prendra à la fin de sa vie et qui résume parfaitement l’orientation de ses oeuvres et de son militantisme. La poétesse afro-américaine, née en 1934 à New York, a en effet consacré sa vie aux causes qui la touchaient tout particulièrement : les droits civiques en faveur des Afro-Américains, le féminisme et la communauté LGBT+. 

Ayant passé sa scolarité dans un établissement pour élèves surdoué.e.s, elle est inspirée par la poésie des auteur.ices de sa génération et se passionne pour l’écriture, plus particulièrement la poésie. Entre 1968 et 1993, elle publie une dizaine de recueils de poésie.

C’est à 18 ans qu’elle tombe amoureuse et découvre son homosexualité. En 1954, elle voyage au Mexique et s’installe dans une communauté qui accueille des réfugiés politiques pendant le maccarthysme. Puis, à son retour à New York, elle décide d’affirmer son identité de lesbienne. Après une relation de deux ans avec Marion Masone, elle décroche son diplôme de bibliothécaire à l’Université de Columbia. 

En parallèle de son activité de bibliothécaire, Lorde ne renonce jamais à l’écriture : en 1982, elle publie Zami : a new spelling of my name, une autobiographie, et Sister Outsider en 1984, un essai politique féministe et intersectionnel, dans lequel elle aborde la condition des femmes noires dans les milieux féministes majoritairement blancs. Elle voyage également beaucoup, notamment en Allemagne et en Suisse. 

En 1968, elle fait la connaissance de Frances Clayton qui deviendra sa compagne pendant près de 20 ans. Mais en 1978, on lui diagnostique un cancer du sein ; commence alors une longue bataille avec sa maladie, qui deviendra alors un cancer du foie et qui l’achèvera en 1992. 

12. Eudy Simelane 

TW : viol 

Née en 1977, Eudy Simelane vit dans un quartier pauvre en Afrique du Sud réservé aux personnes noires. C’est à ses 4 ans qu’elle se prend de passion pour le football. Dans les années 90, elle intègre l’équipe féminine nationale de football en tant que milieu de terrain. Génie du ballon, elle est ensuite nommée capitaine de l’équipe. Dix ans plus tard, elle quitte son statut de capitaine qu’elle aimait tant pour devenir entraîneuse. 

Parallèlement à sa carrière de footballeuse, elle est aussi militante pour les droits LGBT+ et contre les inégalités raciales. Eudy a toujours vécu ouvertement son homosexualité alors qu’à KwaThema, là où elle vivait, les agressions LGBTphobes sont fréquentes. 

Dans un rapport d’Amnesty International plus récent, il est alors révélé que 5 lesbiennes et 2 hommes gays ont été tué.e.s en Afrique du sud en à peine 5 mois ; le viol correctif pour les femmes lesbiennes y est aussi très pratiqué. La pauvre Eudy en fera aussi injustement les frais avant d’être tuée par un groupe d’hommes par près de 30 coups de couteaux… 

Deux des agresseurs ont été condamnés à plus de 30 ans de prison, un autre condamné à perpétuité. À l’époque, les juges estiment malgré tout que le crime n’avait pas été commis en raison de l’homosexualité de Simelane.