La girouette grince au sommet de l’église
Tout comme le carrousel quand valsent les chevaux
Sous le ciel éclairci les balades s’éternisent 
Et caquètent les belles tant que trottent les sabots
Mais bientôt les marmots arrachés au manège 
Déploieront leurs poumons en tragiques caprices
Que les mères calmeront en promesses stratèges 
De gaufres ou de bonbons qui feront leur délice 

Pendant que la vie tourne en dimanche ordinaire 
Sous mes pas les pavés déchaussés par le gel 
Vacillent à me faire croire qu’une ivresse passagère 
Me gagne tout entier de l’âme jusqu’aux semelles 

Accroché aux vitrines mon reflet se lamente 
De n’avoir une compagne ravissante et frivole 
Que je puisse gâter de guêpières élégantes 
De bas et de breloques qui la pendent à mon col 

© FELIX KÄSTLE / DPA / AFP

Et c’est mélancolique que j’arpente les rues 
Le regard vagabond de terrasses en affiches 
Espérant de nouveau croiser cette inconnue 
Qui a ému mon cœur permettant qu’il s’entiche 

Au point que la folie me devient familière
Et que tel un enfant inconstant et geignard 
Je me sens las tout prêt à me jeter à terre 
Réclamant à grands cris d’un peu d’amour la part 

Car si depuis dix jours je sens que je chavire
Le cœur si émotif que tout le corps me tangue 
C’est qu’à ses yeux d’ébène et son joli sourire 
Se devine déjà le plaisir sous ma langue… 

nATh