Il ne vous aura pas échappé (ou bien si, dans ce cas cette chronique est là pour vous informer) que la semaine dernière, dans la nuit du 3 au 4 février, l’assemblée nationale a adopté en deuxième lecture le projet de loi censé permettre d’élargir le recours à la PMA pour toutes les femmes, c’est-à-dire aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Or, surprise N°1 : le projet de loi bioéthique est sorti de l’hémicycle fortement amputé.

Alexis Sciard / IP3; Paris, France, le 9 octobre 2019 – Séance publique à l assemblée nationale : suite de la discussion du projet de loi relatif à la bioéthique [Photo via MaxPPP]

Résultat : les couples de femmes devront débourser parce que la prise en charge par la sécurité sociale leur sera refusée, et les femmes célibataires ne pourront même plus rêver. L’article est donc rejeté : 48 voix pour, 132 contre et, comble de la misère, 152 voix d’abstention ! Les « contres » ne m’étonnent pas trop, mais qui sont ceux qui s’abstiennent ? Des lâches et des minables qui s’inquiètent pour leur plan de carrière aux prochaines présidentielles ? Je vous propose de jeter un œil sur la liste actuelle des sénateurs français (dénommée : « Abasladiversité »), c’est très parlant (merci à ma tante) : Wikipedia.org/)

Rassemblement pro-PMA place de la République à Paris, le 6 octobre. (Photo Lucile Boiron pour Libération)

Mais attendez, ce n’est pas tout : surprise N°2. Parce qu’un autre article a été, lui, voté sans problème : la PMA post-mortem. Il vous sera donc possible d’enfanter à partir de la semence congelée de votre conjoint mâle décédé… Certes, cela peut éventuellement s’avérer d’une importance capitale pour certaines personnes. Soit. Mais lorsque, à côté de ça, on interdit la PMA aux femmes célibataires et qu’on dit aux lesbiennes de débourser à fond, il faut dire ce qui est : on nous pisse à la raie.

Évidemment, on entend d’ici la manif pour tous frétiller du croupion : « La mobilisation a payé ! » Ce qui signifie ? Ça fonctionne, on va continuer de plus belle !

La France se prend encore pour le pays des droits de l’homme (pas de l’Homme manifestement) et se repose sur ses lauriers. Elle a oublié que le temps passe, que les lauriers commencent à tomber en poussière, et qu’on est aujourd’hui au XXIème siècle. Et que c’était en février dernier qu’Adèle Haenel défrayait la chronique de la cérémonie des Césars en quittant les lieux. Donc gueulons avec elle : « La honte ! »

Crédits :  Laura Allegri

Anna-Livia