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MusiQueer #7 (suite) : Kylie Minogue, quand l’icône devient légende…

Les années Parlophone (1999-2005)

Les années 2000 marquent le retour en force de Kylie qui signe avec Parlophone en 1999. La maison de disques lui permet, en effet, de sortir immédiatement le cultissime Spinning Around de l’album Lights Years. Dans le clip, elle porte un short ultra court doré (acheté 0,50£ dans un sex shop londonien), et campe le rôle d’une femme ultra-sexy dans une boîte aux tons modern-disco.

Kylie et le célèbre short doré du clip Spinning around

On a Night Like This connaît aussi un succès planétaire : Kylie le chante même à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Sydney en 2000, ainsi que Dancing Queen du groupe ABBA. Moins de deux semaines plus tard, elle chante également  dans le cadre de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques.

Kylie aux JO de Sydney en 2000

En 2001, elle connait l’un de ses plus grands succès avec le single Can’t Get You Out of My Head qui nous propose en plus de l’album, deux titres inédits : Boy et Rendezvous at Sunset. L’album Fever est un succès planétaire et regorge de tubes comme In Your Eyes, Love at First Sight (avec en face B le remix Can’t Get Blue Monday Out of My Head qu’elle chantera lors des Brit Awards de 2002) et Come into My World. Dans la foulée de ce succès Kylie entame une tournée mondiale : KylieFever2002. Le DVD du concert est élu meilleur live de l’année.

Kylie et la robe iconique du clip Can’t Get You Outta My Head, conçue par Fee Doran, fashion designer installé à Londres. Scotchée à même la peau, elle permet à la chanteuse de garder sa liberté de mouvement.

En 2003, l’album Body Language connait un moins gros succès commercial que le précédent même si Slow est le 7e single numéro un des classements de Kylie Minogue. Red Blooded Woman et Chocolate sont les titres clefs de l’album.

Dans l’album Body Language, Kylie adopte le style de la Brigitte Bardot des années 50

En 2004, elle sort Ultimate Kylie, qui est une compilation de ses plus grands succès réunis sur deux CD. Elle y inclut deux nouveaux singles : I Believe in You et Giving You Up.

En 2005, Kylie entame une tournée mondiale spectaculaire faite de ses plus grands succès intitulée Showgirl: The Greatest Hits Tour. Mais, en mai 2005, elle interrompt brutalement sa tournée après la découverte impromptue le 17 mai d’un cancer du sein. Opérée en urgence à Melbourne le 21 mai, elle rejoint ensuite la France pour suivre une chimiothérapie à Villejuif, près de son fiancé de l’époque, le comédien Olivier Martinez. Elle profite de sa notoriété pour médiatiser le dépistage du cancer du sein, ce qui a conduit de nombreuses Australiennes à en réaliser un et les médecins à évoquer un « effet Kylie » significatif sur le nombre de mammographies.

Kylie Minogue et Olivier Martinez

Le retour (2006-2009)

Après une longue bataille contre sa maladie, Kylie Minogue refait surface en juin 2006 en revenant en studio. Elle reprend également sa tournée Showgirl: The Greatest Hits Tour jusqu’alors suspendue à cause de ses problèmes de santé et rebaptisée Showgirl: Homecoming.

Kylie lors de l’ouverture de sa tournée Showgirl : Homecoming

Son fidèle ami et styliste William Baker remanie les costumes et la mise en scène pour s’adapter à une Kylie qui reprend doucement du poil de la bête. Lors de cette tournée, Bono, leader du groupe U2 fait une apparition sur le morceau Kids et Danii viendra également chanter avec Kylie au Royaume-Uni.

Kylie et sa soeur Danii, guest star d’une date de la tournée Showgirl : Homecoming

Le retour sur scène est triomphal et Kylie se lance dans la création d’un parfum nommé Darling, négocié avec la maison Coty (numéro 1 des ventes en Pologne). Fan de mode, Kylie signe ensuite un contrat avec la chaîne de magasins H&M pour leur campagne d’été. Le but de cette campagne étant de créer un style « bohemian chic » faisant clin d’œil à l’Australie et ses paysages, elle permettra aussi d’aider l’association WaterAid en leur reversant 10 % de leur recette.

Campagne H&M loves Kylie

Elle fait par ailleurs l’ouverture du premier magasin à Shangai en donnant un mini concert. Artiste glamour, le « phénomène Kylie » est tel que le Victoria & Albert Museum de Londres inaugure en février 2007 la Kylie Exhibition, une exposition consacrée au style de cette fashionista.

Kylie Exhibition

En novembre 2007, elle sort son dixième opus intitulé X. Il contient notamment une collaboration avec les new-yorkais Scissor Sisters (dont le leader Jake Shears devient un grand ami de Kylie). Le premier extrait de l’album est le titre 2 Hearts. Les deux seconds singles, extraits de l’album X, sont Wow pour l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni (sortie en février 2008) et In My Arms pour la France et le reste de l’Europe. Un 4e single, The One, sort en Angleterre.

Kylie adopte le look Marilyn Monroe dans le clip de 2 Hearts

Elle débute sa tournée KylieX2008 au Palais omnisports de Paris-Bercy en mai 2008 et Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, en profite pour lui remettre la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres.

En 2008, Kylie reçoit la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres

Son goût pour la France (Kylie a été jeune fille au pair à Paris) y a été honoré : notamment le lancement de sa tournée mondiale 2008, de costumes de Jean Paul Gaultier et de photographies de Pierre et Gilles. Kylie compte un répertoire avec des séquences en français, rendant hommage à Brigitte Bardot en 2003, Serge Gainsbourg en 2008, et s’étant remise entre les mains des spécialistes français pour son cancer du sein. Le DVD Kylie Live: X2008 sort en juin de la même année.

Kylie fait appel à Jean-Paul Gaultier pour les tenues de scène de Kylie X 2008

En septembre 2009, la chanteuse entreprend une tournée For You, for Me en Amérique du Nord contenant onze dates. Cette série de concerts fait l’objet d’une captation, Live in New York, qui est sorti sur les plateformes de téléchargements en décembre 2009. La même année, elle renoue avec le cinéma en apparaissant dans un film indien Blue dans lequel elle interprète une chanson Chiggy Wiggy.

Kylie Minogue, Live in New York

L’ère Aphrodite et le projet K25 (2010-2012)

Kylie Minogue sort ensuite en juillet 2010 un nouvel album : Aphrodite avec comme premiers singles All the Lovers, Get Outta My Waypuis Better Than Today. À la rentrée 2010, le site officiel de la chanteuse annonce une nouvelle tournée mondiale Aphrodite : Les Folies Tour, qui débute en février de l’année suivante au Danemark et dans laquelle elle campe la déesse de l’amour. Les moyens alloués à cette tournée sont démesurés : la scène ainsi que les équipements valent plus de 25 millions de dollars et le spectacle compte plus de 200 costumes.

Kylie volant au dessus de la scène incroyable de l’Aphrodite Tour

Afin de célébrer 25 ans de présence dans l’industrie musicale, la chanteuse a lancé en 2012 plusieurs projets dont une nouvelle tournée nommée The K25 Anti Tour, à l’opposé de l’Aphrodite Tour : pas de danse, pas de lumière, rien de tape à l’œil, seulement des titres qui n’ont jamais pu être inclus dans un spectacle comme celui d’Aphrodite. Ce ne serait que des Face-B ou des chansons chantées une seule fois.

En juin 2012, Kylie Minogue interprète un medley de plusieurs de ses tubes à l’occasion du concert pour le jubilé de la reine Elizabeth II, qu’elle a d’ailleurs pu rencontrer après sa performance.

Kylie Minogue aux côtés d’Elizabeth II

En octobre 2012, elle publie The Abbey Road Sessions où ses plus grands tubes sont réenregistrés pour l’occasion de manière acoustique ou orchestrale dans les studios Abbey Road à Londres.

La chanteuse australienne est à l’affiche de deux films pour l’année 2012, Jack and Diane et Holy Motors, de Leos Carax.

Kylie Minogue à Cannes, en compagnie de l’équipe du film de Leos Carax : Holy Motors

Kiss Me Once et Roc Nation (2016)

En 2014, Kylie apparaît en France dans le télécrochet The Voice : La Plus Belle Voix où elle assiste Mika dans le coaching de son équipe, lui-même déclarant à l’occasion que Kylie est sa voisine (à Londres). Très impliquée dans la franchise The Voice, elle est également cette année-là coach pour les versions britannique et australienne.

Kylie, invitée par Mika sur le tournage de The Voice : La Plus Belle Voix

En mars 2014, sort l’album Kiss Me Once qui contient le single Into the Blue et Beautiful, un duo avec Enrique Iglesias. Ce nouvel album est le premier depuis que Kylie a signé un contrat qui la lie avec la partie management de Roc Nation.

Les deux premières initiales du titre de l’album sont également celles de la chanteuse…

En 2015, elle intervient en featuring sur le single Right Here, Right Now de Giorgio Moroder, pionner du disco italien et de la musique dance.

Kylie Linogue et Giorgio Moroder

En novembre 2015, elle sort son 1er album de Noël, intitulé Kylie Christmas, qui comprend des reprises de cantiques de Noël, des titres originaux, mais aussi de nombreux duos avec Danii Minogue, Iggy Pop, Frank Sinatra ou encore James Corden. Le titre phare de l’album de Noël s’intitule Everyday’s like Christmas. Dans le clip qui l’illustre, on y voit son fiancé Joshua Sasse avec lequel elle s’investit dans la lutte en faveur du mariage pour tous en Australie.

Kylie, alors fiancée à Joshua Sasse, assure qu’elle ne se mariera pas en Australie tant que la loi sur le mariage pour tous ne sera pas adoptée

En 2016, , elle participe à l’album de la comédie musicale française Saturday Night Fever, en reprenant Night Fever des Bee Gees.

Kylie reprend Saturday Night Fever dans Danse Avec Les Stars

L’ère BMG et Golden (depuis 2017)

Le 2 février 2017, l’artiste annonce sur ses réseaux sociaux qu’elle signe avec le label BMG. En 2018, elle obtient un rôle dans le film australien Sweet Seventies, aux côtés de Guy Pearce et Julian McMahon.

Kylie et Guy Pearce dans Sweet Seventies

Son quatorzième album studio, Golden, sort en avril 2018. Il a débuté à la 1re place du hit-parade britannique. Coproduit par la belle australienne, elle a également coécrit chacune des chansons tout comme elle l’avait déjà fait pour Impossible Princess. L’album a en grande partie été enregistré à Nashville, Tenesse ce qui donne à Golden des influences qui mêlent Country music et Dance music. Au moment où Kylie atteint l’âge de 50 ans, elle aborde les thèmes de la mort, de la famille, de la liberté, des relations humaines et amoureuses. Numéro 1 en Australie et au Royaume Uni, l’album a compté des hits tels que Dancing, Golden et Lifetime to repair.

Golden, le 14e album de Kylie Minogue

En septembre 2018, la performeuse entame deux tournées du Golden Tour à travers l’Europe et l’Australie.

Kylie sur la scène du Golden Tour

A l’été 2019, Kylie est la vedette du célèbre festival britannique qui l’attendait déjà en 2005 (avant que son cancer du sein ne soit diagnostiqué). Sa performance devient la plus regardée de l’histoire de ce festival avec 3,9 millions de (télé)spectateurs, battant largement le précédent record détenu par Ed Sheeran (3,2 millions).

Kylie, Glastonbury 2019

Et la suite ?

Kylie a annoncé sur les réseaux qu’elle avait profité du confinement pour travailler à distance avec ses équipes sur son prochain album.
 Elle a également dévoilé quelques indices sur les sonorités attendues sur ce nouvel opus. « Je pense que ça va être un retour sur le dancefloor, avec du disco adulte ; c’est à ça que j’ai envie que ça ressemble ».

On attend avec impatience ce nouveau bijou pour la fin de l’année…

Fred

MusiQueer #7 : Kylie Minogue, plus qu’une chanteuse, une icône.

Née le 28 mai 1968 à Melbourne, Kylie Minogue a aujourd’hui 52 ans et plus de 30 ans de carrière.

Elle est la fille d’un comptable, Ron Minogue et d’une danseuse, Carol Jones. Son père est né en Australie mais sa famille est originaire d’Irlande, tandis que sa mère a émigré du Pays de Galles à Townsville dans le Queensland en 1955 alors qu’elle était encore enfant. Kylie Minogue est l’ainée de trois enfants. Sa sœur Danii est également une chanteuse et présentatrice de télévision célèbre en Australie et au Royaume-Uni, tandis que son frère Brendan est cadreur en Australie.

Kylie, Danii et Brendan Minogue

Internationalement connue en tant que chanteuse (selon Warner Music Australia, elle vend plus de 100 millions de disques à travers le monde, ce qui en fait l’artiste féminine australienne la plus prolifique de l’histoire de la musique), c’est en tant qu’actrice que la jeune australienne débute sa carrière.

Après plusieurs apparitions dans des soap-operas locaux, elle interprète en effet, dès 1986, le personnage de Charlene Mitchell, une jeune fille plutôt garçon manqué, mécanicienne dans un garage. C’est ce rôle de la série Neighbours qui la fait conquérir le cœur des australiens. La romance de Charlene et Scott, interprété par Jason Dononvan (Kylie et Jason se fréquentent également dans la vraie vie), est une véritable mine d’or pour les producteurs de la série. La diffusion de l’épisode du mariage entre Scott et Charlene, fait un carton et attire massivement les téléspectateurs en 1987.

Charlene et Scott se marient dans Neighbours

Ses débuts sont le fruit d’un concours de circonstances : lors d’un gala de charité en l’honneur d’une équipe de football, en présence de tous les membres de la distribution de Neighbours, Kylie Minogue interprète The Loco-motion, titre à l’origine interprété par Little Eva en 1962. Elle décroche un contrat avec le label Mushroom Records en 1987. Le single The Loco-Motion se maintient à la 1re place des classements australiens pendant sept semaines, et devient le titre le plus vendu en Australie durant les années 1980 avec plus de 200 000 exemplaires.

The Loco-motion, originellement interprétée par Little Eva

Kylie Minogue possède l’une des carrières à succès les plus durables de la musique pop que nous allons retracer. En Europe comme dans le reste du monde, elle deviendra vite l’une des célébrités les plus reconnaissables de sa génération en acquérant même le statut de sex-symbol.

L’ère Stock, Aitken & Waterman (1987 – 1992)

Accompagnée de son agent, Kylie se rend à Londres pendant une pause dans le tournage de Neighbours. Elle y rencontre Pete Waterman, Mike Stock et Matt Aitken. Les trois hommes à la tête des studios PWL la connaissaient à peine mais lui écrivent tout de même le célèbre tube I Should Be So Lucky qui caracole en tête des classements au Royaume-Uni et en Australie, et devient un succès mondial.

Son premier, Kylie, aux titres dance couplée à des sonorités pop, atteint la première place des ventes d’albums au Royaume-Uni et devient l’album le plus vendu de l’année. Il s’écoule à plus de sept millions d’exemplaires à travers le monde, avec de fortes ventes en Europe et en Asie. À la fin de l’année 1988, Kylie Minogue quitte la série Neighbours pour se consacrer pleinement à sa carrière musicale. Son duo avec Jason Donovan, intitulé Especially For You est un énorme succès début de l’année 1989 (plus de un million de copies en Grande-Bretagne).

Kylie et Jason Donovan reprennent Especially For You à Hyde Park en 2018

L’album qui suit, Enjoy Yourself est un nouveau succès au Royaume-Uni, en Europe et en Australie (mais pas aux Etat-Unis !). Sa première tournée, le Enjoy Yourself Tour, passe par le Royaume-Uni, la France, la Belgique et l’Australie. Kylie Minogue devient alors l’artiste la plus rentable pour Stock, Aitken & Waterman.

Kylie Minogue avec Stock, Aitken & Waterman

Rythm Of Love en 1990 présente un style de dance plus adulte et Kylie  commence à diriger ses clips, comme celui de Better The Devil You Know, dans lequel elle se présente comme une adulte sexuellement épanouie. Sa relation avec le meneur du groupe INXS , Michael Hutchence serait étroitement liée à ce changement de cap. Les singles extraits de Rhythm of Love se vendent bien en Europe et en Australie, et sont relativement populaires dans les boites de nuit britanniques, où Kylie commence à attirer l’attention d’un public plus adulte. Shocked entre dans le « top 10 » britannique en 1991, .

Kylie et Michael Hutchence, leader du groupe INXS

Bien que son contrat comprenait l’enregistrement de trois albums uniquement, Kylie se laisse convaincre d’en enregistrer un quatrième. Let’s Get To It en 1991 est conçu pour élargir son public en regroupant plusieurs ballades et titres dance dont Give Me Just A Little More Time. Son contrat arrivé à son terme, elle décide de ne pas le reconduire. Kylie Minogue explique à plusieurs reprises s’être sentie étouffée par Stock, Aitken et Waterman, en comparant cela à ce qu’elle ressent à l’époque où elle joue dans Neighbours, racontant que tout ce que l’on attend d’elle est « Apprends ton texte, joue ton texte, pas le temps pour les questions, fais la promo ». Elle décide alors d’arrêter sa collaboration avec eux et quitte sa maison de disques en 1992.

Les années Deconstruction Records (1993 – 1998)

Sa signature chez Destruction Records marque le début d’une nouvelle phase dans sa carrière. L’album homonyme Kylie Minogue qui sort en 1994 reçoit des critiques très diverses. Le single Confide In Me se maintient cinq semaines durant à la première place des classements australiens. Les singles suivants, Put Yourslef In My Place et Where Is The Feeling ? furent quant à eux, classé dans le top 20 anglais.

Kylie Minogue dans Confide In Me

Le chanteur australien Nick Cave avait en tête l’idée d’une collaboration avec Kylie Minogue depuis Better The Devil You Know. Where The Wild Roses Grow, en 1995, est une ballade qui narre un meurtre du point de vue de l’assassin (Nick Cave) mais aussi de sa victime (Kylie Minogue). Pour information, le clip de ce duo emblématique est inspiré du tableau Ophélie de John Everett Millais.

Ophélie de John Everett Millais.
Kylie Minogue dans Where The Wild Roses Grow

Le succès de cette chanson est la démonstration que le talent de Kylie pouvait être reconnu au-delà du champ de la musique pop. Parlant de Nick Cave : « Il m’a appris à aller plus loin, à explorer de nouvelles choses, tout en ne reniant pas qui je suis et en ne perdant pas au fond de mon cœur ce qui fait que je suis moi. Pour moi, le plus difficile a été de laisser libre cours à l’expression de ce qu’il y a de plus basique en moi, et d’être totalement sincère dans ma musique. »

Kylie et Nick Cave

Dans Impossible Princess, le sixième album, nommé ainsi en référence à un recueil de poésie de l’artiste Billy Childish, Kylie participe à l’écriture de la quasi-totalité des paroles. Une oreille attentive décèlera une certaine parenté entre Impossible Princess et l’album à succès de Madonna, Ray Of Light. C’est l’album le moins vendu de sa carrière au Royaume-Uni, mais paradoxalement le plus vendu en Australie depuis l’album de ses débuts, les ventes étant stimulées par une tournée à succès.

Impossible Princess

Artiste gay-friendly, Kylie se produit lors de nombreux évènements comme au Sydney Gay And Lesbian Mardi Gras (Gay Pride australienne) en 1998. Elle y participera à nouveau en 2012.

Kylie au Mardi Gras de 2012 (Sydney)

To be continued…
Fred

Chronique du racisme ordinaire #10 : « Contre nature » ?

Cette association perdure encore aujourd’hui alors que l’on sait que l’homosexualité est présente dans toutes les cultures et chez un nombre incalculable d’espèces animales (je vous conseille à ce propos la lecture de Animaux homos de Fleur Daugey (2018)).


Or, vous noterez que les personnes qui vous assènent leur pseudo-argument du contre-nature ne se privent pas de rouler en voiture, de faire leurs courses dans un super marché et de s’entourer de plastic comme tout bon individu dit « moderne » ; tout ceci étant, comme chacun sait, très naturel (ironie). Pourquoi ne leur a-t-on jamais fait remarquer qu’absorber le contenu plein d’additifs, sur-cuit et affadi de conserves en aluminium était contre-nature ? Pourquoi, lorsque ça touche à la sexualité, ils nous coulent une bielle ?
Ce n’est pas seulement l’idée de l’acte sexuel non procréatif puisqu’ils gobent à peu près bien l’idée de la pilule contraceptive (et autres moyens de détournement). On peut encore rencontrer des gens contre, mais pas des gens dégoûtés-choqués à l’idée de la contraception. C’est bien la pilule de l’homosexualité que ces gens ne parviennent toujours pas à avaler. En partie parce que c’est un interdit absolu qu’on leur a carré dans la tête depuis leur naissance. En partie parce que c’est leurs propres tendances homosexuelles qu’ils refoulent et qui ressortent sous forme de dégoût et de haine et de refus de réfléchir plus loin que le bout de leur nez. En partie pour plein d’autres choses inénumérables.


Mais, encore une fois, ce sont les autres (en l’occurrence nous-autres) qui payent le prix de leurs propres troubles, qui doivent essuyer leur ignorance. C’est nous qui devons vivre notre sexualité en traînant la honte dont on s’encombre dès les premières années (et dont on peut se débarrasser, rassurez-vous), nous qui devons nous armer et nous solidifier pour désamorcer les jugements archaïques, pour refuser d’être faits monstres par ceux qui refusent de s’extraire du carré bien délimité des normes étroites dans lesquelles ils baignent bien confortablement.


Nous, qui sommes leurs Autres, les tirons du confort de leurs certitudes ; nous représentons un inconfort majeur, nous forçons à réfléchir, à innover, à se fatiguer pour regarder plus loin que le bout de son nez. En cela, je propose de prétendre que les LGBT+ devraient être considérés comme une force majeure d’expansion de l’intelligence et de l’humanisme.


Anna-Livia.

MusiQueer #6 : Focus sur une artiste lesbienne : Hoshi

“Il n’y a pas d’amour censure, il n’y a que de l’amour sincère”

Née en 1996, sous le nom de Mathilde Gerner, Hoshi grandit à St-Quentin-en-Yvelines ; elle dédie d’ailleurs une chanson à sa ville natale dans son nouvel album. Au lycée, elle intègre un groupe de musique amateur, TransyStory, où elle chante et assure le piano et la guitare. 

Après la dissolution du groupe, elle décide de continuer seule, en postant des reprises sur Internet

Elle participera ensuite à The Voice en 2013 et Rising Star en 2014, mais ne rencontrera pas le succès attendu. Par la suite, elle dira que participer à ces émissions lui a permis de savoir ce qu’elle ne voulait pas faire, car pour elle, “la musique n’est pas un concours”. 

Sans se décourager, la jeune femme continue de chanter, plus seulement des reprises, mais également ses propres compositions ! Elle commence à se faire connaître et se produit dans des petites salles, ainsi que dans la rue. Il lui faudra attendre 2017 pour que le label Jo&Co, qui travaille également avec Claudio Capéo ou encore Zaz, la repère et signe un contrat avec elle. La carrière de Hoshi ne fait que commencer !

En 2017, l’EP “Comment je vais faire” est sorti. Il contient son premier single du même nom, qui connait un petit succès. Réédité sous forme d’album l’année suivante, “Il suffit d’y croire” contient la chanson qui la hissera au rang de célébrités dès 2018 et qui lui fera obtenir son premier disque de platine : il s’agit de Ta Marinière, bien évidemment. 

En décembre 2018, Hoshi est victime d’un coming-out forcé par Paris Match : en effet, elle accuse la journaliste qui a écrit un article sur elle d’avoir insisté pour que Hoshi s’étende sur la question de son orientation sexuelle. Elle raconte : “Je n’avais pas répondu « je suis lesbienne » tout simplement parce que ce n’était pas le sujet. Parce qu’un coming-out forcé est inutile et que je n’ai pas à me justifier, je n’ai aucun compte à rendre sans pour autant m’empêcher d’assumer pleinement ma personne”. 

En effet, jusqu’à ce qu’elle sorte Amour Censure, une chanson attaquant directement la Manif pour Tous, elle ne parlait pas ouvertement de son homosexualité, ni de la lutte contre l’homophobie. On peut imaginer qu’elle ne voulait pas être résumée à son homosexualité suite à l’article de Paris Match. Mais son single lui a permis d’assumer au grand jour son homosexualité et également de raconter son expérience de lesbophobie : en effet, elle s’est faite agresser en bas de chez elle par une personne de son voisinage. En interview, elle avoue que c’est une agression qui la traumatise encore 5 ans après. 

Dernièrement, Hoshi a beaucoup fait parler d’elle après son passage dans les dernières Victoires de la musique en embrassant sa danseuse et manageuse Gia Martinelli sur scène ; belle clôture à Amour Censure, single qui la nomme dans la catégorie “Révélation scène”,qui s’apprête à devenir un vrai hymne pour la communauté LGBT+ ! 

Suite à ça, Hoshi a été victime de cyberharcèlement. Insultes lesbophobes et menaces de mort et de viol ont malheureusement envahi ses réseaux sociaux, si bien qu’elle a porté plainte. 

Le 5 juin, elle sort son deuxième album, “Sommeil Levant”, qui comprend évidemment Amour Censure, mais également le titre Fais-moi signe pour parler de sa perte d’audition. Enfin, Enfants du Danger, titre qui parle de la catastrophe écologique de notre monde, avait prévu que nous allions tous porter des masques “mais pas pour se déguiser” ! 

Manon et Louise

L’histoire de l’homosexualité #2 : L’homosexualité dans le Japon féodal

On connait toutes et tous le Japon et l’homosexualité aujourd’hui par l’intermédiaire du Yaoi (relation gay) et Yuri (relation lesbienne). Mais jusqu’à la diffusion par les médias, l’homosexualité au Japon était existante, mais dont personne ne parlait. En effet, depuis toujours, le Japon reste conditionné par le poids d’un modèle familial hétéronormé.

Comment sait-on alors que l’homosexualité était présente avant l’ère Meiji ?

On retrouve dans de nombreux écrits des histoires relatant des relations entre hommes. Pour les historiens, ce n’est pas une preuve tangible mais, de cette époque, peu d’informations sont remontées jusqu’à nous. Le fait de le retrouver dans ces écrits nous montre donc que l’homosexualité était bien présente durant l’époque féodal et avait une existence tout à fait décomplexée dans une certaine classe sociale. Le Genji Monogatari, ouvrage datant du Xe siècle, nous dresse un portrait exhaustif de la vie à la cour du Japon sous l’ère Heian.  

A l’époque suivante, une codification des rapports homosexuels apparait et ils auront une place très importante à travers les samouraïs. C’est de ce corps militaire que naitra en 1485 le terme de Shudō, abréviation du mot wakashudō. En effet, le maître (le nenja) avait une relation dominante envers son élève (wakashû). Ce dernier devait lui promettre une fidélité et une dévotion sans faille durant ses années d’apprentissage. Tout comme les Grecs dans l’antiquité, les rapports homosexuels étaient un moyen pour les familles d’élever un enfant au statut d’homme adulte. L’aspect de ce type de relation s’est transmis ainsi à travers l’histoire et a initié dans l’imaginaire populaire une vision trouble entre homosexualité et amitié entre hommes. C’est à partir du XVIe siècle alors qu’un cycle de paix s’installe que cette pratique va disparaitre petit à petit du code des samouraïs. Un autre type d’homosexualité verra le jour avec la pauvreté gagnante de certaines castes : la prostitution masculine. Les shoguns tenteront d’endiguer ce fléau sans grande réussite.

Contrairement à d’autres pays influencés à la même époque par l’une des trois grandes religions monothéistes, le Japon a pu s’exonérer du tabou religieux puisque ni le shintoïsme, ni le bouddhisme ne font référence à l’homosexualité comme étant un comportement néfaste.

Une légende raconte même que le bonze Kūkai (XVIII – XIXe siècle de notre ère) rapporta l’homosexualité de Chine lors de son premier voyage.

On retrouve encore aujourd’hui de nombreuses estampes datant de l’ère féodale et montrant des relations homosexuelles.

Marie-Paule

PrideStory #6 :Daughters of Bilitis : la première organisation lesbienne

Considérée comme la première organisation sociale et politique pour lesbiennes des États-Unis, Daughters of Bilitis a été fondée en 1955 à San Francisco. Avec la Mattachine Society, elles représentent les deux associations à l’origine du mouvement de libération des droits homosexuels aux États-Unis. 

Et cela, nous le devons à deux femmes, en couple depuis peu : Dorothy Louise Taliaferro « Del » Martin, née en 1921 et décédée en août 2008 à l’âge de 87 ans ; Phyllis Ann Lyon, née en 1924 et décédée très récemment en avril 2020, alors âgée de 95 ans (il faut croire que le lesbianisme et le militantisme conservent !). 

Naissance de l’organisation Daughters of Bilitis

Tout aurait commencé le jour où ces deux femmes se sont plaintes à un couple gay de ne connaître aucune lesbienne : leurs amis les auront ainsi présentées à d’autres femmes lesbiennes qu’ils connaissaient et c’est lors de cette rencontre que l’une des quatre femmes aurait évoqué la création d’un club. L’idée étant d’avoir un endroit pour danser tranquillement, en toute intimité, puisque danser avec une personne du même sexe dans l’espace public était illégal. 

D’autres femmes les ont ensuite rejointes et, très vite, elles se sont organisées en élisant Martin comme présidente et en définissant leur objectif : éduquer les femmes au lesbianisme, dans l’espoir de réduire la haine contre les lesbiennes. Elles voulaient devenir plus qu’un simple bar ! Pour elles, il était fondamental de se démarquer des organisations toutes réservées aux hommes homosexuels. Les femmes LGBT+ aussi, existent ! 

Le nom de l’organisation a aussi rapidement été défini : “Daughters” faisait référence à d’autres organisations américaines (comme la Daughters of the American Revolution) et “Bilitis” se référait à l’oeuvre “Les Chansons de Bilitis”, écrit par le poète français Pierre Louÿs, dans laquelle le personnage, Bilitis, vivait sur l’Île de Lesbos aux côtés de Sappho. À ce propos, Martin et Lyon ont expliqué que, si quelqu’un demandait de quoi il s’agissait, elles pourraient faire passer leur organisation pour un club de poésie. 

Lorsqu’elles se sont aperçues qu’annoncer leurs réunions dans le journal local leur était interdit, Martin et Lyon, toutes deux issues d’une formation de journaliste, ont imprimé leur propre bulletin d’information à distribuer ; c’est comme ça que l’organisation publia de manière quasi-mensuelle avec The Ladder, la première revue lesbienne américaine et imprimée à l’échelle nationale

S’annonçant ensuite comme une organisation de femmes ayant pour but de promouvoir l’intégration des personnes homosexuelles dans la société, l’organisation a décliné leur objectif principal en 4 parties : 

  • Éducation à la différence : en créant une bibliothèque spécialisée ; en parrainant des discussions publiques menées par des juristes, psychiatres, religieux.ses et autres ; en préconisant un mode de comportement et une tenue acceptable à adopter en société. 
  • Éducation du public : en faisant tomber les tabous et en combattant les préjugés erronés. 
  • Participation à des projets de recherche de psychologues, sociologues et autres expert.e.s pour approfondir les connaissances sur l’homosexualité. 
  • Enquête sur le code pénal en ce qui concerne les personnes homosexuelles : en promouvant l’application systématique de la loi. 

Quinzaine d’années d’existence 

En 1960, la DOB a tenu son premier congrès à San Francisco ; le succès était tel que d’autres ont eu lieu jusqu’en 1968, à raison d’un tous les deux ans. Pour cette première date, deux cents femmes sont présentes, aux côtés de la police venue vérifier que l’un des membres de la DOB ne porte pas des vêtements pour hommes. 

Le congrès national, tenu en 1962, a eu un impact majeur car il a été diffusé à la télévision ; cette convention a sans doute donné lieu à la première émission parlant spécifiquement de lesbianisme. 

Finalement, en 1963, sept années à la direction de la revue, Martin et Lyon ont laissé leur place à Barbara Gittings, lesbienne et militante des droits et de la dépénalisation des personnes homosexuelles aux États-Unis. Cette dernière, membre active jusqu’à présent, avait déjà été à l’initiative de l’ouverture de la section new-yorkaise de la DOB en 1958. Avec son nouveau statut, elle prend la décision d’ajouter des photos de femmes lesbiennes sur la couverture, ainsi qu’un sous-titre plus politisé (The Ladder: A lesbien review) afin de donner plus de visibilité aux lesbiennes. Plusieurs autres femmes se succéderont ensuite à la direction de la revue. 

Considérant que la DOB peut se maintenir et grandir seule, Martin et Lyon en profitent pour s’engager dans d’autres associations. Elles n’abandonnent toutefois par la Daughters of Bilitis puisque, de 1965 et 1966, elles iront jusqu’à manifester devant la Maison Blanche, ainsi que d’autres bâtiments fédéraux avec des membres de la Mattachine Society. 

Le féminisme dans tout ça ? 

Au milieu des années 60, l’organisation se confronte soudainement à un obstacle : les membres plus récents ne partagent pas les préoccupations des membres plus âgés, les jeunes lesbiennes étant plus attirées par les organisations féministes et également à la recherche d’actions politiques plus radicales. 

À cette époque, la défense de la cause féministe prend de l’ampleur et devient une priorité pour bon nombre des membres de la DOB. Martin et Lyon s’engageront d’ailleurs, dès 1966, dans la National Organization for Women(Organisation nationale des Femmes), en incitant les lecteur.ice.s à en faire de même. 

Daughters of Bilitis n’est plus… 

Début des années 1970, les membres se séparèrent pour s’investir soit pour les droits des homosexuels, soit pour le féminisme, ce qui entraîne la fin de l’organisation, bien que certaines branches locales se poursuivent jusqu’en 1995. 

Très rapidement, en 1972, la revue étant à court de fonds est obligé d’arrêter les publications. 

…mais l’impact reste considérable ! 

Daughters of Bilitis compte une quinzaine d’années d’existence (et 40 ans pour certaines branches locales) et est encore considérée aujourd’hui comme une organisation clé pour les femmes lesbiennes. Effectivement, elle a joué un rôle fondamental en aidant les lesbiennes à s’organiser et à construire une identité de la femme queer. 

Courageuses et profondément engagées, Martin et Lyon se sont aimées fièrement dès 1952 et ont officialisé leur union le 16 juin 2008, en se promettant amour et fidélité jusqu’à ce que la mort les sépare quelques mois plus tard. Elles ont été un des premiers couples lesbiens à pouvoir se marier en Californie. 

Ces deux femmes resteront deux grandes figures américaines de la cause LGBT+ et féministe du 20e siècle à qui nous devons beaucoup ! 

Merci mesdames ! 

Manon & Louise 

Chronique du racisme ordinaire #9 : Panique Queer !

Je précise que la longueur de mes cheveux n’est pas à incriminer : lorsqu’ils étaient mi-longs, j’étais l’origine de tout autant d’accès de panique queer de la part des normo-genrés qui savent bien comment il faut être dans la vie et qui vous le prouvent avec grande délicatesse.
Par exemple, la postière qui, au moment de se dire au revoir, me demande, l’air effaré : « Mais, tu es un garçon ou une fille ? », en articulant bien et en parlant lentement ; notez le tutoiement fort à propos. Situation similaire (en pire) : un homme m’aborde pour, semble-t-il, me faire la cour version boucher-charcutier, jusqu’à ce que, pris d’un doute soudain, finisse par demander : « Tu es un garçon ou une fille, en fait ? » Je ne sais pas, finalement, ce qu’il aurait préféré (j’aurais pu demander). Le vrai problème, à vrai dire, n’est pas tant l’erreur ou la confusion, que le fait que les gens se permettent de poser une telle question.

Pas de panique à proprement parler, mais toujours cette espèce de trouble atmosphérique qui finit par planer et dont on sent qu’il fait trembler l’autre sur ses assises bien ancrées dans les tréfonds de son âme et conscience, et vous, qui vous sentez ce machin-bizarre-pathologique, simplement en étant vous-mêmes. Je ne suis pas trans, je n’ai jamais eu de velléité de passer socialement comme appartenant au genre masculin, je ne me considère même pas comme masculine ; mais j’ose imaginer ce que ça doit être pour les personnes trans : panique queer puissance mille. J’ai d’ailleurs pu l’observer dès mes 10 ou 11 ans, dans une station service sur une autoroute : une femme trans qui cherchait et achetait des revues ; je me rappelle de son élégance, de la gravité de sa voix qu’elle ne cherchait pas à atténuer, et surtout de ce grand vide qui se creusait autour d’elle, que les gens creusaient autour d’elle, par peur, par incompréhension, par bêtise. De la caissière qui lui a refusé tout regard, toute parole ; et j’ai senti à distance, du bas de mon enfance, cette carapace de solitude qui enfermait son corps, une solitude qui peut tuer. Solitude ou honte ?

Parce que c’est sur vous qu’elle retombe, la confusion des autres. C’est à cause de vous, ce trouble, cette gêne. Les « bonjour Monsieur » par lesquels on me salue presque une fois sur deux à mon entrée dans les magasins, c’est moi qui dois les essuyer, surtout quand je me dirige vers le rayon chaussures pour femmes, et que je sens les interrogations, les regards des vendeurs et des clients. Je comprends qu’il puisse y avoir confusion, mais pas que la faute me retombe dessus ; je n’ai pas encore réussi à vaincre cette honte typique, la honte queer, que je connais depuis l’enfance (par exemple les « t’as une voix de garçon » et à l’adolescence les « toi t’es pas une femme »). Rien de bien grave, à vrai dire, mais c’est une chaîne, un cumul, des petites marques répétées (comme il y en a dans toutes vies). Mais, grave, ça peut le devenir. Attention : on touche le fond cette fois, et même moi j’ai eu du mal à y croire sur le moment.
J’allais tranquillement dans un marché (c’était l’époque cheveux mi-longs), en Belgique, quand j’entends des interjections brutales ; je me retourne alors sur deux types qui tiennent un stand de sweat-shirts (à motifs ultra-virils ?) et qui me traitent de « petit pédé », et ça les fait bien marrer, la petite tapette que je suis et qui traverse le marché… Je me suis arrêtée en face de leur stand pour être bien certaine de ce que je voyais et entendais, et j’ai passé mon chemin, trop interloquée pour ressentir quoi que ce soit. Mais, à ce moment-là, sur qui se portaient les regards offusqués des passants ? Pas sur ces deux enflures. C’est vous, qui devez porter la connerie des autres. Et manifestement, ça va mettre beaucoup de temps à changer.

Anna-Livia.

PrideStory #5 : La presse gay en France au XXe siècle

Komitid, Têtu, le blog de Couleurs Gaies… Si vous vous intéressez à l’actualité LGBT+, ces sites vous disent sûrement quelque chose. Au 21e siècle, nous avons la chance d’avoir Internet pour nous informer au sujet de notre communauté. Mais qu’en était-il au 20e siècle ? Dans cet article, nous allons vous présenter quelques journaux et revues de l’époque, principalement gays, et que vous ne connaissez peut-être pas. 

Akademos (1909-1910)

https://lh5.googleusercontent.com/GABy8fcnAiv4-LEMoO7GEARhSCGLR2zAkS-whr_h-nzSi0TdyEmG785rDvsTix6cFWT7bgC0CuyhdPPPzZq1hM22frWcW3Idzb72DFd7Ufmj5218hRNMEZU1dcCYuV3wEqRSIdlJ

Fondée par le baron Jacques d’Adelswärd-Fersen en 1909, Akademos : revue mensuelle d’art libre et de critique est la première revue destinée à un public mondain et homosexuel en France. Replaçons rapidement le contexte : en 1909, l’homosexualité est considérée comme une “circonstance aggravante” et est fruit d’un nombre important de scandales. Le baron d’Adelswärd est lui-même concerné par un de ces scandales, ce qui l’a conduit en prison pendant six mois. 

Fin 1907 et toute l’année 1908, il conçoit Akademos, “une revue d’art, de philosophie, de littérature, dans laquelle petit à petit pour ne pas faire d’avance un scandale, on réhabilite l’autre Amour” selon ses dires dans une lettre adressée à son ami l’écrivain Georges Eekhoud. L’expression “autre Amour” désigne évidemment l’homosexualité. Son inspiration principale pour Akademos est une revue allemande, Der Eigene, ciblant également les personnes homosexuelles. 

Les 11 revues paraissent à un rythme mensuel pendant toute l’année 1909, mais étant donné qu’Akademos n’arrive pas à réunir assez d’abonnés (la présence de femmes n’a jamais été mentionnée dans nos recherches), la parution cesse dès 1910. En une année de vie seulement, la revue compte malgré tout plusieurs articles de grands noms de la littérature, comme Colette ou Henri Barbusse

Inversions et L’Amitié (1924-1925) 

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Inversions est la deuxième revue homosexuelle en France et paraît d’automne 1924 jusqu’au printemps 1925, une quinzaine d’années après Akademos. Dans les années 1920, l’homosexualité est beaucoup moins tabou qu’avant en France, si bien qu’il est plus facile de publier une revue à ce sujet. Quoique… 

Inversions… dans l’art, la littérature, l’histoire, la philosophie et la science est l’idée de 3 jeunes hommes : Gustave Léon Beyria, Gaston-Ernest Lestrade et Adolphe Zahnd. On est loin du cadre relativement mondain de d’Adelswärd : ces hommes sont issus d’un milieu assez modeste et n’hésitent pas à être assez frontaux. 

Leur objectif ? “Nous voulons crier aux invertis qu’ils sont des êtres normaux et sains, qu’ils ont le droit de vivre pleinement leur vie, qu’ils ne doivent pas, à une morale qu’ont créée des hétérosexuels, de normaliser leurs impressions et leurs sensations, de réprimer leurs désirs, de vaincre leurs passions”. 

Malgré leurs fortes convictions (ou peut-être bien à cause d’elles…), la revue est menacée par un procès pour atteinte aux bonnes moeurs. En effet, de nombreux hommes influents ou pères de famille déposent des plaintes auprès du Garde des Sceaux contre cette revue, craignant qu’elle pervertisse leurs enfants. Dans l’espoir d’échapper à la condamnation, les fondateurs décident de renommer la revue et de l’appeler L’Amitié, dont ils ne sortiront qu’un seul numéro. La production de revue est stoppée, la menace du procès étant trop importante. Le procès aura lieu en 1926 et Beyria et Lestrade seront condamnés à 3 mois de prison et à une amende de 100 francs. Une bien triste destinée pour ces hommes aux valeurs foncièrement humaines… 

Futur (1952-1955) 

Voici un journal sur lequel on ne trouve pas beaucoup d’informations, mais qui pourtant, a duré plus longtemps que Akademos et Inversions réunis ! Futur est un journal d’information créé par Jean Thibault en 1952. Plus précisément, un journal d’information pour l’égalité et la liberté sexuelles. Son objectif est clair : lutter contre les préjugés homophobes de la religion et continuer à transmettre les messages du Comité Scientifique Humanitaire de Magnus Hirschfeld (l’histoire de ce Comité a été raconté plus longuement dans le Pride Story #3). Comme les deux autres revues, elle s’adresse aux hommes homos (Jean Thibault était par ailleurs assez lesbophobe, considérant l’homosexualité féminine comme étant moins sérieuse). 

Avec le temps, le journal devient de plus en plus militant, voire virulent, et avec la naissance d’Arcadie dont nous allons parler après, Futur commence à perdre pied. C’est entre d’importants problèmes financiers et une condamnation pour atteinte aux moeurs (encore !) que la publication du journal s’arrête en 1955, après 19 numéros. 

Arcadie (1954-1982)

https://lh4.googleusercontent.com/NOPV8F_eaj1wkqBugWNfaaD18UUFoacSr4usQokkc6J1uQFqwCkYse7K-Cxg88R5Dlay9O5Aep3FFeh510GeJD3NwaS9odOvSlODbTVYOGTPoyRFrgXMj4RLdHRJGriUme-GQicv

Voilà une revue à laquelle on pourrait consacrer un article entier ! C’est André Baudry qui est à l’origine de cette revue parisienne, du nom d’Arcadie, en 1954. Elle se calque sur le modèle de la revue suisse Der Kreis, qui proposait d’intégrer un club privé en s’abonnant à la revue. Ce fameux club se trouvait dans la rue du Château-d’Eau, dans le 10e arrondissement de Paris, et c’était le seul endroit où on pouvait danser entre personnes de même sexe à l’époque

Dans le premier numéro de la revue, on lit : “Ah ! si nous pouvions déceler le vrai de toutes choses”. Avec cette phrase, Baudry veut signifier qu’il cherche la vérité, surtout d’un point de vue religieux, sur l’homosexualité. Moins violent que Futur, Arcadie s’efforcera plutôt d’instaurer un dialogue entre la religion et la science ; de trouver un compromis, en quelque sorte. 

En 1955, Baudry est convoqué par la Brigade mondaine. Il racontera plus tard qu’on avait essayé de l’attaquer sur la ligne éditoriale d’Arcadie, alors que la revue était beaucoup plus sage que les revues précédentes : pas de pornographie, allusions discrètes à l’homosexualité… Par tous les moyens, la Brigade tente de trouver de quoi condamner Baudry et sa revue ; si ces tentatives finiront par échouer, cette expérience est représentative de l’homophobie passive qui existait encore dans les années 50

Des personnalités assez connues ont contribué à la revue, comme Jean Cocteau ou Roger Peyrefitte. Avec le temps, la revue a réussi à fidéliser un grand nombre d’abonné.e.s et de lecteur.ice.s, qui se faisaient appeler “les arcadiens/arcadiennes”. Mais en 1982, Baudry décide de dissoudre le club et d’arrêter les publications, après 314 numéros, au vue du nombre croissant d’associations et d’organisations visant à défendre les droits des homosexuels. Mais il n’empêche qu’Arcadie a connu une belle longévité dans la presse et se démarque ainsi de ses prédécesseurs !

Manon & Louise

MusiQueer #5 : Playlist spéciale amour au féminin 

À l’occasion du premier MusiQueer du mois de juin, nous vous souhaitons un joyeux mois des fiertés !

Le mois de juin symbolise pour la communauté LGBT+ un tournant décisif. C’est en effet en juin que la quasi-totalité des Marches des Fiertés ont lieu, en référence aux émeutes de Stonewall en 1969. 

2020 a la particularité d’être une année blanche, c’est-à-dire que les Prides sont repoussées ou annulées… Pour notre Metz Pride Day local, c’est aussi le cas. Mais ce n’est pas une raison de ne pas célébrer notre fierté d’être gay, lesbienne, bi, trans, queer et j’en passe !

Le 26 avril, c’était la journée de visibilité lesbienne, et à cette occasion, nous avions partagé une playlist spéciale fierté des femmes LGBT+. Cette playlist avait bien plu, alors nous nous faisons un plaisir de vous la partager aujourd’hui !

Pour l’écouter sur Deezer, c’est par ici : 

https://www.deezer.com/playlist/7570462862?utm_source=deezer&utm_content=playlist-7570462862&utm_term=178182921_1591439220&utm_medium=web

Et sur Spotify, c’est par là : 

Manon & Louise

Conférence en ligne « Arts, Cultures et Activismes LGBTI et Queer »

La conférence en ligne « Arts, Cultures et Activismes LGBTI et Queer », organisée par Louise Barrière (doctorante contractuelle, 2L2S) et Mélodie Marull (chercheure associée CREM) se déroulera ce mois de juin. Le projet a reçu le soutien du 2L2S et du CREM (Université de Lorraine), de la DRAC Grand-Est, et de l’association Couleurs Gaies.

Cette conférence, ouverte à tou-te-s, réunit une quinzaine de chercheurs et chercheuses, affilié-e-s à des institutions universitaires françaises, allemandes et nord-américaines, autour de thèmes tels que les archives queer du cinéma hollywoodien, la censure des sexualités sur Instagram, ou encore la gestion des conflits dans les communautés trans’ en France. Il y sera question d’art et de vie quotidienne, de représentations et de réceptions, de communautés et de mouvements sociaux.

Concernant le déroulé des événements, le colloque mêlera publication asynchrones des communications, prenant la forme de textes, vidéos et podcasts (le choix est laissé aux participant-e-s), et discussions « live » organisées sur Microsoft Teams.

Plus concrètement, à partir du 10 juin, et pour une durée d’environ trois semaines, nous libérerons tous les cinq jours l’équivalent d’un panel du colloque ; soit 3 ou 4 communications, en français ou en anglais, qui seront diffusées de manière asynchrone et consultables à l’envie. Toutes ces contributions seront disponibles sur notre site web : http://aca-lgbtiq.net
Quelques jours après avoir publié ces contributions, nous organiserons systématiquement une session de discussion sur Teams.

Si vous êtes intéressé-e et souhaitez être tenu-e informé-e des sessions de discussion, et recevoir directement dans votre boîte mail les liens d’accès, nous vous invitons à vous enregistrer. L’inscription est gratuite, mais elle est nécessaire dans la mesure où nous ne partagerons pas ces liens en public sur notre site pour des raisons de sécurité.

Vous pourrez retrouver le détail du programme (dates de publication des communication et des sessions de discussion), les résumés des communications (en français et en anglais) et les modalités d’organisation et de participation), sur le site.

En espérant vous y voir nombreux !

Mélodie

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« Tant qu’il le faudra », un roman militant aux couleurs du mois des Fiertés

À la vue des circonstances, le mois des fiertés se passera en ligne cette année. Nous sommes nombreuses et nombreux à être tristes de ne pas vivre ce mois comme il se doit… Et pour cause, le mois des fiertés est un mois de lutte et de célébrations, un mois de visibilisation de la communauté LGBT. Je vais donc vous parler d’un roman que j’ai lu pendant le confinement et qui m’a fait vivre un mois des fiertés depuis ma chambre. Je pense que beaucoup seront content.e.s de pouvoir faire de même durant ce mois de juin. Ce roman, c’est Tant qu’il le Faudra de Mx Cordélia.

Couverture du roman  » Tant qu’il le faudra « 

Mx Cordélia est une autrice et booktubeuse queer et féministe. Elle nous a déjà régalé.e.s avec Mon amie Gabrielle, roman sur la transition d’une femme trans, et depuis plus d’un an, elle continue à régaler ses lectrices et lecteurs sur Wattpad avec la publication hebdomadaire d’un chapitre de Tant qu’il le Faudra. Le dernier a été publié il y a quelques semaines et clôture cette belle histoire de plus de 100 chapitres.

Image des personnages de David, Ina, Jade et Prudence issues de  » Tant qu’il le Faudra » , et dessinés par Rine

Tant qu’il le Faudra, c’est l’histoire d’une association LGBT du nom de HoMag, qui publie un magazine sur les actualités de la communauté sur Paris. L’association n’est que le fond de l’histoire, parce qu’on suit surtout les protagonistes dans leur vie quotidienne au-delà de leur engagement. Les personnages sont très inclusifs, et c’était le but de Mx Cordélia : faire un livre rempli de personnages auxquels la communauté pourra s’identifier, car on manque de représentation. Avec Tant qu’il le Faudra, on est servi.e.s ! On trouve alors 13 personnages principaux. Iels sont gays, lesbiennes, trans, non-binaires, en situation de handicap, de couleurs etc. Un beau panel auquel on s’attache dès les premiers chapitres. On vit leur vie d’étudiant.e.s, de travailleurs et travailleuses, et de militant.e.s sur une année scolaire. Entre déchirements, histoires d’amour, LGBT-phobies, manifestations et problèmes personnels, ce roman nous fait à la fois rire, pleurer, nous attendrit et nous enrage. Il traite en effet des sujets très divers auquel il peut être facile de s’identifier, et fait également part de l’incompréhension de la société envers les personnes LGBT et de l’impunité des violences LGBT-phobes. Cependant, Mx Cordélia pense avant tout à la santé et au bien être de ses lectrices et lecteurs, et nous met des TW au début de chaque chapitre pour que nous ne lisions pas des chapitres qui pourraient nous mettre mal à l’aise.
Note :  les trigger warnings sont utilisés dans les milieux militants pour prévenir le ou la lectrice que le contenu d’un texte ou d’une image peut les heurter. Ils sont donc suivis de la discrimination ou du problème en question (ex : TW homophobie).

Tant qu’il le faudra se veut aussi éducatif : c’est un roman dans lequel on apprend beaucoup de termes de la communauté LGBT, mais aussi d’autres thématiques comme le handicap. L’avantage de Wattpad est que les lecteurs et lectrices peuvent commenter le roman et qu’il y a donc des explications de certains termes en commentaire. À la fin de chaque chapitre, Mx Cordélia nous propose également des ressources à consulter en lien avec le ou les sujets qu’elle aborde. Un roman donc en soi plein de ressources et de bonnes surprises !

Image des personnages de Min-Jae, Sen, Gwen et Harry issues de  » Tant qu’il le Faudra « , et dessinés par Rine

Je n’en dirai pas plus sur ce roman pour vous laisser le plaisir de le découvrir en le lisant à partir du lien suivant : https://www.wattpad.com/story/157446281-tant-qu%27il-le-faudra-t1-t2-et-t3

Il est aussi possible de télécharger la version PDF depuis le site de Mx Cordélia, mais cette version ne contient pas les TW, et à titre personnel je vous conseille de privilégier Wattpad pour les avoir car ils peuvent s’avérer bien utiles 😉. Voici tout de même le lien du site de Mx Cordélia : http://mademoisellecordelia.fr/

Aux dernières nouvelles, Mx Cordélia prévoit une édition du livre en papier dès elle trouvera une maison d’édition, ce qui en fera un chouette cadeau inclusif à offrir à nos proches ! Le plus de ce roman est que Mx Cordélia a écrit beaucoup d’histoire dans le même univers : des histoires se passant avant ou après Tant qu’il le Faudra, histoire de faire plaisir à ses fans. On en trouve certains sur Wattpad également, dont un qui est en cours d’écriture, qui est un spin off de l’histoire.

J’espère que ce roman vous passionnera autant qu’il m’a passionné ! N’hésitez pas à aller suivre Mx Cordélia sur Instagram pour être au courant de ses prochaines sorties

Je vous laisse avec la lecture de Tant qu’il le Faudra, et bon mois des fiertés ! 😊

Maureen

Les séries d’animation et les personnages LGBT

A l’heure de la prolifération des plateformes de streaming et de l’augmentation de film et série incluant des personnages LGBT, faisons le point sur le côté animation pour enfants et adolescents.

Si certains pays comme les USA, le Japon, l’Australie s’ouvrent dans la production et la diffusion de dessins animés et mangas, cette ouverture est très lente et de nombreux pays restent frileux. En effet, en plus de la perte à gagner par la censure ou l’interdiction de diffusion dans de nombreux pays, ils font face à la pression des réseaux sociaux où circulent encore aujourd’hui une haine sans fin et aux pétitions des familles religieuses conservatrices et autres fanatiques religieux. Les quelques rares personnages LGBT que l’on trouvera seront souvent en second plan.

Le Japon reste aujourd’hui, le pays où dans les séries pour les plus de 13 et 16 ans apparaissent des personnages LGBT, hors de leurs séries Yuri et Yaoi qui sont plus rattachés à l’érotisme.

Quels sont donc les séries d’animation où l’on peut voir des personnages LGBT ?

Andi Mack : Disney introduit un couple gay.

Docteur la peluche : dans l’épisode « plan de secours », une famille homoparentale apparait. Les studios vont jusqu’à pousser pour avoir une maman caucasienne et une maman afro-américaine.

The Bravest Knight : l’histoire d’une petite fille élevée par deux papas.

Steven Universe : les producteurs vont jusqu’au mariage de deux personnes non binaires.

Bienvenue chez les Loud : on retrouve un couple gay en personnages secondaires.

SheZow : le personnage principal est transgenre. Sortie en 2015 sur Gulli, il fera polémique auprès des parents.

First day : ce dessin animé met en scène Hannah, une personne transgenre qui abandonne, à son arrivée au collège, son prénom masculin de naissance.

Psycho Pass : un couple lesbien est mis en avant dans plusieurs épisodes.

Cangaster of Insect Cage : Madame Mario, la responsable d’un restaurant est une personne transgenre.

Brother Conflict : l’un des douze demi-frères de l’héroïne est transgenre non binaire.

07 ghost : c’est un shonen ai (à partir de 12 ans) qui aborde de manière presque imperceptible l’homosexualité (censuré dans la version animé).

On ne trouvera rien du côté du jeune public hormis cet unique épisode de Docteur la peluche. La société a encore beaucoup de travail à faire sur elle pour sortir des codes actuels de la société qui prive la jeunesse d’une réelle vitrine des différents genres existants.

Marie-Paule