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MusiQueer #9 : Top 10 des musiques queers en 2020

  • La vita nuova, Christine and the Queens (EP, 02/2020) 

Au tout début de l’année 2020, Chris nous a livré un EP préparé en secret depuis quelques temps. Les chansons s’enchaînent dans un même clip, nous offrant un court métrage de plus de 13 minutes de pur bonheur. De l’esthétisme, de la danse, des décors somptueux de l’opéra de Paris, des thématiques touchantes comme la perte et le deuil ; tout y est ! 

Cette artiste foncièrement queer, s’identifie depuis plusieurs années comme pansexuelle et brise les frontières du genre avec audace. 

Nous avons déjà parlé d’elle dans un ancien article : http://www.couleursgaies.fr/2020/02/01/musiqueer-2/ 

  • Dévorantes, Aloïse Sauvage (album, 02/2020) 

“Les pédés sont beaux, j’ai osé rêver que tout le monde enfin le voyait” 

Aloïse, artiste aux multiples talents, s’est à plusieurs reprises exprimées sur l’homosexualité dans ses chansons, et notamment dans “Omowi” et “Jimy” qui, pour cette dernière, parle plus particulièrement d’homosexualité féminine. 

Elle nous a régalé avec son album éclectique mêlant à merveille la pop, le hip hop et le rap, le tout avec une manipulation incroyable de la langue française ! 

(On retrouvera d’ailleurs cette grande artiste très bientôt dans un prochain MusiQueer…) 

  • Chromatica, Lady Gaga (album, 05/2020) 

Inutile de présenter la grande chanteuse Lady Gaga, dont les plus grands tubes rythment encore nos soirées (confinées ou non). L’icône bisexuelle a sorti en mai dernier son sixième album sous le nom de Chromatica. Avec des titres tels que Stupid Love, Rain On Me en featuring avec Ariana Grandeou encore 911, la chanteuse signe son grand retour ! Une tournée où elle passera au Stade de France est prévue après la pandémie de Covid-19.

  • Sommeil levant, Hoshi (album, 06/2020) 

“C’est dur d’effacer tout ce qui m’attire, un peu dépassée par tous mes désirs” 

Hoshi est revenue un petit peu avant 2020 avec le single “Amour Censure”, extrait de son album sorti quelques mois plus tard. Fidèle à elle-même, on y retrouve aussi son style bien à elle, avec des textes toujours très puissants ; elle aborde des thématiques qui lui sont chères, comme l’homosexualité et l’homophobie, mais aussi l’écologie, et sa perte d’audition. 

Nous avions déjà parlé de cette artiste lors d’un précédent MusiQueer : http://www.couleursgaies.fr/2020/06/29/musiqueer-6-focus-sur-une-artiste-lesbienne-hoshi/ 

  • The one that you love / How low can you go, LP (singles, 07-11/2020) 

Après nous avoir fait patienter deux ans, LP est revenue cette année avec deux singles, sortis à quelques mois d’intervalle. Le premier parle d’amour désespéré dans un décor western, tant au niveau de la mélodie que du clip. Le deuxième single évoque les nuits déjantées qu’elle a passées à New York et à Los Angeles. Dans le clip, c’est ce qu’elle tente d’illustrer, aux côtés de Julieta Grajales, elle-même queer puisqu’elle est actuellement en couple avec une femme. En attendant un prochain album, délectez-vous de LP et de sa voix incroyable dans ces deux nouvelles chansons ! 

D’ailleurs, LP aussi a eu son heure de gloire sur le blog de Couleurs Gaies : http://www.couleursgaies.fr/2020/05/17/musiqueer-4-focus-sur-une-artiste-lesbienne-lp/ 

  • Midnight Love / Rue, Girl in Red (singles, 04-08/2020) 

Originellement prévue en octobre 2020, la sortie du premier album de Girl in Red est malheureusement repoussée à une date qui reste encore mystérieuse. 

“Mindnight Love”, premier single sorti en plein confinement, parle d’un amour espéré, à tort. Dans “Rue”, extrait de son album à venir, la chanteuse s’adresse à ses proches qui sont continuellement présents pour elle et qui l’aident à préserver sa santé mentale, qui a notamment été mise à mal par l’une de ses relations amoureuses. 

  • Contre soirée, Bilal Hassani (album, 11/2020) 

Finaliste à l’Eurovision 2019, Bilal revient cette année avec un deuxième album qui a pour objectif de faire danser ! 

L’originalité est qu’il a été pensé comme un “album concept” avec une cohérence pour toutes les chansons qui narrent, tour à tour, une bribe de cette fameuse “contre soirée”. Bilal en profite pour parler de thèmes qui lui tiennent à cœur ; comme celui de la célébrité, de se relever, des relations amoureuses, mais aussi du harcèlement scolaire. 

  • 3SEX, Indochine ft. Chris (single, 11/2020) 

“Une fille au masculin, un garçon au féminin”. 

Tube intemporel des années 80, “3e sexe” a subi un véritable coup de neuf cette fin d’année 2020 et qui reste toujours d’actualité. Pour cette nouvelle version, Nicola Sirkis, le chanteur du groupe Indochine, voulait d’un featuring qui puisse porter cette chanson : “Je ne voyais qu’elle” a-t-il dévoilé. Une femme forte, puissante, qui aime brouiller la fluidité et la liberté, autant concernant le genre, la sexualité que sur la scène ; une femme magnifiquement queer ! 

Pour plus d’informations sur Indochine, rendez-vous sur cet article : http://www.couleursgaies.fr/2020/10/03/musiqueer-8-focus-sur-un-groupe-francais-allie-de-la-lutte-lgbt-indochine/ 

  • Songs from the Kitchen Disco, Sophie Ellis-Bextor (album, 11/2020) 

Sophie Ellis-Bextor sort son deuxième best of tant attendu ! On y trouve donc des reprises de ses meilleures chansons, mais aussi des covers d’autres artistes, et tout ça entendu en avant-première sur les réseaux pendant le confinement lors de ses directs.  

  • Disco, Kylie Minogue (album, 11/2020)
Kylie Minogue au saut du lit

Dans deux articles de MusiQueer, Fred nous avait parlé avec passion de Kylie Minogue et de son album à venir… et bien le voici ! En novembre, Kylie sort donc son quinzième album appelé “Disco” puisque, effectivement, les sonorités propres à la disco sont bien là. L’icône gay par excellence nous propose … Le fan numéro 1 (nous parlons de Fred, bien évidemment !) n’hésite pas un seul instant quand nous lui demandons les meilleurs titres de l’album : Magic, Real Groove, Miss a thing et Supernova ! 

Manon & Louise 

La rubrique de D’doc #8

Les vacances de Noël étant la période par excellence pour nous replonger dans notre enfance, je les ai mises à profit pour lire de la littérature jeunesse. Une fois encore, celle-ci n’a rien à envier à la littérature tout court. Accessible dès les premières années collège, je vous conseille un polar botaniste, Les empoisonneurs, premier tome d’une série imaginée par Guillaume Le Cornec, Enquêtes aux jardins. Une littérature francophone donc, qui plante le décor dans cette belle ville de Nantes, au sein d’un jardin botanique fréquenté quotidiennement par deux adolescents, Emma et Lucas. Les deux collégiens apprennent qu’un milliardaire du Net prévoit de lancer une super application botanique au cœur même de leur terrain d’exploration. Dans le même temps, un vieil homme devenu leur ami disparait corps et âme, tandis que des plantes d’une rareté exceptionnelle sont atteintes d’un mal étrange qui met en branle toute la communauté de botanistes.

Il n’en faut pas plus pour que nos deux curieux mènent l’enquête, aidés de manière aussi soudaine qu’inespérée par la sœur ainée d’Emma, qui s’avère une geek d’enfer. Plante, technologie de dernière génération, complot à l’échelle mondiale, voilà de quoi alimenter un polar qui devrait tenir les lecteurs en haleine. Sans compter que l’auteur, lui-même grand amateur du jardin des plantes de Nantes, s’est très documenté pour rédiger ses romans et offrir ainsi une belle initiation à la botanique…

Pour les jeunes pousses qui découvriront ici un polar très moderne, ce livre -ainsi que la suite Les pommes de l’Apocalypse– n’en reste pas moins une bonne lecture aussi pour les vieilles branches, dont le souvenir de belles et riches heures à lire Agatha Christie pourrait refleurir comme un crocus à la fonte des neiges.

Delphine

Chronique du racisme ordinaire #16 : Nos psys !

Tout un chacun peut ressentir au cours de sa vie la nécessité d’aller voir un psy ; pas besoin d’être officiellement déclaré fou pour ça. Je dirais même que se confier, parler de ce qui ne va pas, est un besoin primaire partagé par tout être vivant doté d’un encéphale un tant soit peu élaboré (ie. QI = ou > à 42,5 au test de la WAIS-IV, donc même les orangs-outans, dont on sait qu’ils peuvent souffrir d’un stress post-traumatique après une situation de braconnage). Il existe des psys pour ceux qui ne savent pas parler, ou ne veulent pas parler. Il est possible de louer un psy pour son animal de compagnie atteint d’alopécie en plaques. Il y a des psys spécialisés en chirurgie bariatrique pour vous coacher avant-pendant-après votre opération. Il y a même des psys pour ceux qui n’en ont pas besoin, spécialisés dans les thérapies TLD (Très Longue Durée) voire AV (A Vie). Et, fort heureusement, il y a les psys que l’on recherche, nous autres atteints de LGBT+isme, et qui existent bel et bien, j’en ai rencontrés. Et, à côté de ça, il y a ceux chez qui l’on échoue, et dont on découvre après quelques mois les positions réactionnaires vis-à-vis des sexualités non-hétéros et des genres non-conformistes. Ayant pratiqué le psy à quelques reprises et ayant en poche un diplôme de psy (bien que belge et n’ayant jamais servi), je parle d’expérience…

… et tellement que je ne sais par où commencer. Je vous avais déjà fait part de quelques unes de ces réjouissances dans une précédente chronique (#3) : comme ce psy que j’allais voir depuis quelques semaines et qui me parle d’une de ses patientes, lesbienne, qui lui confie avoir des fantasmes révélant des désirs de pénétration pendant l’acte sexuel, ceci traduisant selon lui un désir d’avoir une sexualité hétérosexuelle ; les lesbiennes auraient d’ailleurs « quelque chose à réparer avec leur mère » ! Parce qu’on nous ressort régulièrement l’histoire de la mère trop présente, trop forte (on aime pas ça, les femmes fortes) et « castratrice » et du père en retrait qui n’aurait pas su imposer sa poigne selon la plus pure tradition patriarcale, avec pour conséquence un embrouillement dans la triangulation œdipienne ; et forcément, en matière de psychisme humain, quand on cherche, on trouve, on interprète, on élabore dans le sens de nos théories ; la psychologie n’est pas une science dure. J’en entends même encore avancer que l’homosexualité serait une perversion, voire signalerait une structure potentiellement psychotique…

Caricatural ? Mais parfois, trop souvent, vrai.

On ne peut pas les en accuser, les pauvres, quand on sait par quoi ils passent au cours de leurs études, comme je suis moi-même passée. Je me souviens d’un prof qui a beaucoup publié et qui nous parlait « des risques d’homosexualité » encourus par une fille vivant seule avec sa mère (tout comme on pouvait lire dans son livre des phrases comme : « générer un risque d’orientation homosexuelle », avec plusieurs pages de recommandations pour éviter cette erreur d’aiguillage), et ma voisine de bancs d’amphithéâtre (qui deviendra psy) de secouer la tête avec désapprobation en approuvant le grand savant qui s’agitait devant nous. Et que lisait-on dans les livres qu’on nous recommandait de lire pour les examens ? Dans un chapitre sur l’homosexualité féminine, des sous-titres comme « l’homosexualité agie » ou « le pénis salvateur », où l’on peut trouver des phrases comme « le tiers s’impose » (ie. « le pénis du père »), où l’on nous rappelle que la féminité ne peut s’épanouir que « dans la rencontre avec l’homme »…

Les psys, ces grands redresseurs de trajectoires !

On pourrait me rétorquer : « oui, mais un bon psy, peu importe son avis, celui-ci ne rejaillit pas au moment de la thérapie » ; je pense au contraire que c’est beaucoup plus insidieux qu’on ne le pense, et que parfois un lien fort entre le thérapeute et son patient fait qu’il peut être difficile pour ce dernier de garder un recul critique face à la parole (prononcée ou non) de son psy et de se défaire de son influence. J’imagine que les choses ont beaucoup évolué ces dernières années, et que les étudiants n’accepteraient plus ce type de messages. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est la faute à Freud ; Freud, étant donné la culture de son époque, était au contraire franchement plus en avance sur ces questions que beaucoup de nos contemporains ; je le cite en 1920 (« Psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine ») : « La psychanalyse a pu établir que tous les individus quels qu’ils soient sont capables de choisir un objet [objet d’amour = partenaire] du même sexe […]. On peut même affirmer que les sentiments érotiques qui s’attachent à des personnes du même sexe jouent dans la vie psychique normale un rôle aussi important que les sentiments qui s’attachent à l’autre sexe. ». Au moins, lui, il continuait de poser des questions, il ne considérait pas avoir raison. Non, ce n’est pas Freud, c’est la culture dans laquelle nous commençons à peine à cesser de mariner.

Les bons psys, ça existe, j’en ai rencontrés… mais il faut savoir qu’il y en a aussi de mauvais, et qu’il faut en rencontrer plusieurs avant de tomber sur le bon. Ne désespérez pas, le besoin d’aller voir un psy, ça se respecte, ça s’écoute (et ça peut être votre bonne résolution 2021 !). Mais en tant qu’appartenant à une minorité, il faut avoir en tête que, comme partout, nous pouvons avec les psys nous heurter aux préjugés et à l’ignorance.

Anna-Livia.

Rencontres franco-allemande intergénérationnelle LGBTQI+

L’un des projets prévus à Metz et à Trêves est une rencontre franco-allemande intergénérationnelle autour des questions LGBTQI+

C’est quand ?

La rencontre se déroulera en deux temps : 

  • Du 14 Mai au 19 Mai 2021 (dates prévisionnelles) à Metz, notamment autour de la journée du 17 mai contre l’homophobie et la transphobie et du lancement des Rainbow Weeks.
  • Du 17 au 20 Septembre 2021 (dates prévisionnelles) à Trèves (Allemagne) autour de la Marche des Fiertés de Trèves du 18 septembre 2021.

Cette rencontre serait financée en très grande partie par le Fonds Citoyen franco-allemand. Le logement, le déplacement, etc. seraient pris en charge. Afin de pouvoir déposer un dossier de subvention, nous avons besoin de savoir très rapidement combien de personnes seraient intéressées pour participer à cette rencontre.

Comment participer ?


Vous avez envie de rencontrer des gens, d’échanger sur les questions LGBTQI+, d’aller découvrir une nouvelle ville et une nouvelle culture ?

Alors merci de vous inscrire avant le 21 janvier en envoyant un mail à Couleurs Gaies contact@couleursgaies.fr, afin que nous puissions estimer combien de personnes participeraient à l’échange.

« L’art de vivre consiste en un subtil mélange entre lâcher prise et tenir bon »

Plusieurs semaines se sont écoulées maintenant depuis la visite de Mme Elisabeth Moreno, Ministre Déléguée auprès du Premier Ministre, Chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité de chances en octobre dernier.
Un nouveau confinement a été mis en place suite à une seconde vague d’infection au Covid19 sur tout le territoire français, relayé par un couvre-feu depuis le 15 décembre. 

Pendant cette nouvelle période de confinement, les personnes LGBTQI+ ont été particulièrement vulnérables. 

Il nous faudrait pouvoir proposer une solution d’hébergement temporaire et des solutions d’accompagnement aux personnes LGBTQI+. Hélas, nous ne disposons pas encore d’une telle structure dédiée sur le territoire. 

Néanmoins, l’association Couleurs Gaies et son antenne située sur l’agglomération de Longwy ont continué à travailler afin de permettre aux personnes en situation d’exclusion de garder le lien, mais elle se sont aussi employées à trouver des solutions pour des personnes en difficultés.
Parallèlement, les actions de Couleurs Gaies contre l’homophobie et le sexisme ont également continué dans les établissements scolaires, notamment au Lycée Alfred-Mézières. 
En octobre, les bénévoles de l’association Couleurs Gaies était présents pendant le Festival du Film italien afin d’informer et échanger avec le public.

En novembre et en décembre, Cathy, Matthieu, Stéphane et Karim se sont rendus au Lycée Alfred Mézières de Longwy afin de sensibiliser les lycéens à ces questions et l’équipe de l’antenne de Longwy réfléchit déjà à de nouveaux projets et partenariats avec les associations locales.
Le local de Couleurs Gaies à la maison du peuple de Longlaville reste, quant à lui, toujours fermé au public compte tenu du contexte sanitaire mais nous allons tout mettre en oeuvre afin que celui-ci rouvre rapidement.

Mieux encore, nos bénévoles sont prêts à être également présents à Longwy comme cela a été prévu initialement. 

Il convient de rappeler que notre jeune antenne, qui a été inaugurée en septembre dernier grâce à l’aide de la mairie de Mont-Saint-Martin. Connaissant nos difficultés à trouver un local, elle nous a poliment proposé d’héberger notre structure temporairement, après un refus opposé par la structure qui devait nous héberger à Longwy.  
Nous tenons aujourd’hui à remercier le maire de Mont-Saint-Martin ainsi que le Maire de Longlaville pour leur aide afin de nous apporter un minimum d’espace. Celui-ci nous permet de recevoir des personnes qu’elles soient Hétéro, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexes lors de notre permanence, à l’image de notre antenne : plurielle.

Nous pensons que le territoire et particulièrement la Ville centre a besoin d’une association avec l’expérience d’une vingtaine d’années comme Couleurs Gaies pour pouvoir faire face aux enjeux qui se jouent dans les villes moyennes et les quartiers prioritaires aujourd’hui.

Cette expérience n’est pas de trop. C’est pour cela que nous avons choisi d’être une « antenne » de l’association messine et non une structure isolée qui ne bénéficierait pas du réseau associatif déjà implanté. 

Aujourd’hui nous souhaitons mettre fin au harcèlement où qu’il soit. Les insultes et les menaces  n’ont pas uniquement lieu dans la rue. Elles existent aussi anonymement sur le web. Tout le monde est concerné.

Aujourd’hui, nous souhaitons pouvoir « protéger nos lieux »  car l’espace public n’est pas toujours tendre avec les personnes LGBTQI+.

Aujourd’hui, nous souhaitons que la société soit plus inclusive à l’égard des personnes transgenres, que ce soit dans leurs démarches de transition mais aussi administratives. 

Aujourd’hui, nous souhaitons pouvoir aller « au boulot comme on veut » car s’assumer au travail n’est pas donné à tout le monde. Même au bureau, on craint l’homophobie.  Les politiques de ressources humaines doivent devenir plus « friendly ».

Aujourd’hui nous souhaitons l’interdiction des thérapies de conversion, ces méthodes pseudo-scientifiques qui promettent de « délivrer de l’homosexualité » à grands coups de bourrage de crâne.

Aujourd’hui, nous souhaitons « raconter notre histoire ». Les personnes LGBTQI+ n’ont pas accès à leur histoire. Il existe très peu de lieux, ou de centres d’archives pour garantir la transmission et la sauvegarde de la mémoire LGBTQI+.

Aujourd’hui nous souhaitons que NOS enfants existent. 

Aujourd’hui encore, les personnes séniors LGBTQI + sont invisibilisées. Lorsqu’elles rejoignent un EPHAD ou une maison de retraite, ces personnes doivent souvent rentrer « dans le placard » 

Et parce qu’aujourd’hui aussi l’école reste le premier lieu de souffrance pour les jeunes LGBTQI+, nous ne renoncerons pas à notre présence dans la Ville centre de Longwy.  Au contraire, nous allons intensifier les échanges, et les partenariats avec les associations locales dans les semaines à venir.

Si vous souhaitez participer activement à la vie associative de Couleurs gaies, contactez-nous à longwy@couleursgaies.fr ou rejoignez-nous à nos permanences tous les 1er et 3e mardi de chaque mois lors de la réouverture de notre antenne prochainement. 

Vous pouvez également adhérer en ligne à notre association via ce lien : 
https://www.helloasso.com/associations/couleurs-gaies/adhesions/campagne-d-adhesion-couleurs-gaies-2017

Damien Kiernozek, référant Couleurs Gaies Longwy

#HelpPolandLGBT+

Je m’appelle Quentin Culminique, je suis volontaire francophone à l’association Federacja Znaki Równości de Cracovie en Pologne. Mon rôle est celui d’interlocuteur français car l’association ne parle pas le français. Cette association a pour objectif de défendre les droits des personnes LGBT+ et d’apporter du soutien aux personnes en difficultés.

Je vous contacte aujourd’hui car nous avons besoin d’un soutien international au vu de la situation des plus compliquées en Pologne envers les personnes LGBT+.

En effet, ici le gouvernement, formé principalement de nationalistes d’extrême droite dirigés par l’Eglise, nous méprise. Ce gouvernement a mis en place ce qu’ils appellent les « LGBT+ free zones » qui ont pour but de « bannir et supprimer l’idéologie LGBT+ ». Ces villes (dont l’entrée est marquée) bannissent tous les événements, toutes les représentations ou expressions de la communauté LGBT+.

Ce mouvement met à mal les European Games 2023 qui sont programmés pour prendre place dans l’une de ces villes « LGBT+ free zone ». En effet, toute personne LGBT+, athlete et visiteur, souhaite se sentir en sécurité et respecté durant ces jeux. C’est pourquoi une pétition a été mise en ligne afin de pouvoir en finir avec ces zones. En voici le lien : https://action.allout.org/en/m/9c8fe5d3/.

De plus, le mariage et l’adoption pour les personnes LGBT+ ne sont pas autorisés. La police n’octroie pas non les mêmes droits aux personnes non hétéronormées et aux personnes qui le sont. Ce climat de tension et d’insécurité effraie nombre de personnes LGBT+ : nombre d’entre eux ont quitté le territoire ou vivent dans la peur.

Je vous demande votre aide en montrant votre soutien : je vous invite à rédiger un post de soutien sur le réseau social de votre choix avec le hashtag, #HelpPolandLGBT+ afin que nous puissions en finir avec l’insécurité et la peur.

Je vous remercie d’avance.
Bien à vous,

Quentin, volontaire à l’association Federacja Znaki Równości.

Retrouvez l’association Federacja Znaki Równości sur :

Pourquoi adhérer à CG ? #12

Adhérer :

Adhérer à Couleurs Gaies : c’est soutenir les actions financièrement de l’association, les interventions en milieu scolaire (IMS), la Marche des Fiertés , l’activité du bar associatif, etc.

Bénévolat :

Il y a dix ans et demi que je connais l’association Couleurs Gaies. La première rencontre que j’ai faite, c’était lors de la Marche des Fiertés de 2010 .

Puis je suis allée au local, j’ai discuté avec les uns et les autres . J’ai observé ce qui se passait, mais aussi les gens qui venaient . Je me suis aperçue que l’association était ouverte à tout le monde, quelque soit l’orientation sexuelle, la nationalité, le milieu social etc… Je n’ai jamais eu à souffrir de discrimination. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres contextes.

Être bénévole à Couleurs Gaies, c’est permettre à l’association de vivre, de créer des animations tout au long de l’année. C’est partager avec chacun et chacune des moments de convivialité. De plus, quel bonheur de découvrir notre belle région Lorraine !

Être bénévole c’est aussi agrandir son cercle social dans lequel l’amitié prend place. La diversité des adhérents, des administrateurs, des sympathisants, des usagers crée un fort attachement à l’association. Généralement, les gens parlent avec ceux de leur milieu ; à Couleurs Gaies, la diversité sociale est un enrichissement pour tous.

Laurence

Militer :

Militer c’est donner forme aux actions et activités décidées par l’association. C’est partager de façon intense ce qui a été décidé au préalable. Quand les actions prennent forment, il y a une fierté qui est en nous, fiers de ce que nous faisons, fiers d’être ce que nous sommes, fiers de partager, éprouver une certaine satisfaction .

Ce lien qui nous unit, l’amitié, est fort . Nous avons besoin de tous pour faire évoluer les choses. N’hésitez pas à vous impliquer à titre personnel car c’est enrichissant. On a gagné quelques batailles (le mariage pour tous , l’adoption etc.) mais il reste encore beaucoup de choses à faire pour que les discriminations disparaissent et que nous, LGBT, soyons enfin considérés comme tout le monde.

Militer pour moi, c’est me transcender , une force m’envahit.

Laurence

SOS homophobie et sa table ronde du 21 novembre : « Les discriminations envers les lesbiennes dans l’espace public »

Les invitées : la commission lesbophobie de l’association (rq. : la vérification automatique d’OpenOffice souligne en rouge le terme encore et toujours trop exotique de « lesbophobie »), Irène Zeilinger (sociologue et formatrice d’auto-défense pour femmes dans l’association Garance (Belgique), Sylvie Tissot, sociologue à l’université Paris-8).

D’abord, selon le rapport annuel sur les LGBTIphobies établi par l’association, l’année 2020 serait marquée par une augmentation du pourcentage de témoignages de lesbophobie, celle-ci étant souvent composée d’agressions physiques et/ou sexuelles. L’espace public est décrit comme l’espace le plus dangereux pour les lesbiennes (contrairement aux gays pour lesquels c’est plutôt le milieu familial qui s’avère être le plus toxique). Par ailleurs, 50% des cas de lesbophobie ont lieu contre des couples. Ces agressions sont le faits d’hommes seuls ou en groupe, et contre des femmes ayant entre 18 et 34 ans.

Irène Zeilinger a parlé des stratégies d’évitement pour anticiper ou éviter les violences. D’après son expérience, elle parle d’une véritable charge mentale qui pèse en permanence sur les couples de lesbiennes dans l’espace public ; elle a témoigné de son impression de devoir « faire de l’éducation permanente » lorsqu’elle se trouve avec sa compagne dans la rue. Elle rappelle que la visibilité lesbienne est importante sur le plan individuel, mais aussi collectif, afin de pouvoir faire communauté et mieux lutter pour nos droits à exister au niveau politique. Selon elle, il s’agit de lutter à deux niveaux : – diminuer les facteurs de risques (par la prévention, l’éducation, la « normalisation » du lesbianisme, les sanctions), – augmenter les facteurs protecteurs (autodéfense féministe, création d’alliances avec d’autres mouvements, comme les mouvements féministe, antiracistes, etc).

Sylvie Tissot a parlé de ses études sociologiques dans des quartiers gay-friendly de centre-ville, à New York et à Paris, en se posant la question non-seulement de la visibilité lesbienne, mais de quel type de visibilité on parle. Elle a ainsi pu mettre en évidence les limites posées à la visibilité lesbienne : – méfiance persistante par rapport à la présence trop explicite de lesbiennes et à la valeur sexuelle attachée à cette présence, – la visibilité est acceptée car filtrée (une différence est établie entre les lesbiennes qu’on apprécie, les « féminines », et celles auxquelles sont accolés trop de préjugés du fait de leur mise à distance de la féminité classique, censément trop masculines, agressives, etc), – la valorisation de la visibilité lesbienne se fait à condition de les maintenir dans un statut inférieur en réaffirmant une hiérarchie (dénonciation de l’entre-soi trop manifeste, etc), – l’acceptation de la visibilité lesbienne est utilisée comme marqueur d’une supériorité morale que l’on met fièrement en avant (« diversité-alibi »).

Le lien vers le groupe Visibilité Lesbienne de Couleurs Gaies : https://www.facebook.com/groups/627819617766801/?multi_permalinks=786848771863884&notif_id=1606298407983858&notif_t=group_activity&ref=notif

Les livres des intervenantes :

  • Irene Zeilinger : Non c’est non. Petit manuel d’autodéfense à l’usage des femmes qui en ont marre de se faire emmerder (2008)
  • Sylvie Tissot : Gayfriendly (2018)

Anna-Livia.

La rubrique de D’doc #7

Aujourd’hui, un coup de cœur en littérature jeunesse, qui, j’en suis convaincue, n’est absolument pas exclusive et peut séduire certain.e.s d’entre vous. Pourquoi ? Parce que l’autrice est un monstre en littérature. Marie-Aude Murail. Parce que ses œuvres ont parcouru plusieurs générations depuis son premier roman jusqu’à aujourd’hui, avec sa série Sauveur et fils, en passant par l’inoubliable et multi récompensé Oh Boy ! paru en 2000 et qui est toujours aussi enthousiasmant.

Bref. Pour toutes ces raisons, j’ai emprunté il y a quelques mois dans ma bibliothèque préférée le roman Sauveur et fils, saison 1. J’ai un peu tardé, puisqu’il a été édité en 2016 déjà. Sa lecture rapide m’a permis de rattraper le retard. Certes, en binge-lisant (dans un affreux et bancale néologisme), je l’avoue. Mais sans en laisser une miette de mon attention durant toute la lecture des différentes saisons. Car celle-ci a bel et bien était envoûtée par le docteur Sauveur, psychologue clinicien dont la patientèle et la vie privée se croisent dans un récit très bien ficelé. Le praticien est antillais, père solo d’un petit garçon. Leur vie se nourrit des rencontres qu’ils font chacun de leur côté, mais dont les destins s’entrecroisent. S’entrechoquent aussi dans un suspense cousu main. La littérature de Marie-Aude Murail se lit simplement. Cela n’est pas négatif. Cette simplicité n’empêche pas d’aborder des thèmes de société actuel, voire des actualités dramatiques (les attentats au Bataclan dans la saison 3). Cette littérature de jeunesse peut être lue de tous. Et tous nous pouvons y trouver un attachement à l’un ou l’autre des personnages, qu’il soit humain ou hamster (lire les romans pour en savoir plus). A tout le moins, c’est un bon moment garanti que de de plonger dans la découverte de cette série de romans.

La saison 6 est parue cet été, toujours à l’école des loisirs. Courez chez votre libraire !

Delphine

Visibilité Lesbienne #8 : Portraits de femmes (6)

Avec ce sixième et dernier article consacré à l’exposition “Le génie lesbien à travers l’histoire”, nous vous présentons Audre Lorde, poétesse et militante afro-américaine, ainsi que Eudy Simelane, footballeuse injustement assassinée en raison de son orientation sexuelle. 

11. Audre Lorde 

“Noire, lesbienne, féministe, poétesse, mère, guerrière” : tel est la traduction du nom africain qu’Audre Lorde prendra à la fin de sa vie et qui résume parfaitement l’orientation de ses oeuvres et de son militantisme. La poétesse afro-américaine, née en 1934 à New York, a en effet consacré sa vie aux causes qui la touchaient tout particulièrement : les droits civiques en faveur des Afro-Américains, le féminisme et la communauté LGBT+. 

Ayant passé sa scolarité dans un établissement pour élèves surdoué.e.s, elle est inspirée par la poésie des auteur.ices de sa génération et se passionne pour l’écriture, plus particulièrement la poésie. Entre 1968 et 1993, elle publie une dizaine de recueils de poésie.

C’est à 18 ans qu’elle tombe amoureuse et découvre son homosexualité. En 1954, elle voyage au Mexique et s’installe dans une communauté qui accueille des réfugiés politiques pendant le maccarthysme. Puis, à son retour à New York, elle décide d’affirmer son identité de lesbienne. Après une relation de deux ans avec Marion Masone, elle décroche son diplôme de bibliothécaire à l’Université de Columbia. 

En parallèle de son activité de bibliothécaire, Lorde ne renonce jamais à l’écriture : en 1982, elle publie Zami : a new spelling of my name, une autobiographie, et Sister Outsider en 1984, un essai politique féministe et intersectionnel, dans lequel elle aborde la condition des femmes noires dans les milieux féministes majoritairement blancs. Elle voyage également beaucoup, notamment en Allemagne et en Suisse. 

En 1968, elle fait la connaissance de Frances Clayton qui deviendra sa compagne pendant près de 20 ans. Mais en 1978, on lui diagnostique un cancer du sein ; commence alors une longue bataille avec sa maladie, qui deviendra alors un cancer du foie et qui l’achèvera en 1992. 

12. Eudy Simelane 

TW : viol 

Née en 1977, Eudy Simelane vit dans un quartier pauvre en Afrique du Sud réservé aux personnes noires. C’est à ses 4 ans qu’elle se prend de passion pour le football. Dans les années 90, elle intègre l’équipe féminine nationale de football en tant que milieu de terrain. Génie du ballon, elle est ensuite nommée capitaine de l’équipe. Dix ans plus tard, elle quitte son statut de capitaine qu’elle aimait tant pour devenir entraîneuse. 

Parallèlement à sa carrière de footballeuse, elle est aussi militante pour les droits LGBT+ et contre les inégalités raciales. Eudy a toujours vécu ouvertement son homosexualité alors qu’à KwaThema, là où elle vivait, les agressions LGBTphobes sont fréquentes. 

Dans un rapport d’Amnesty International plus récent, il est alors révélé que 5 lesbiennes et 2 hommes gays ont été tué.e.s en Afrique du sud en à peine 5 mois ; le viol correctif pour les femmes lesbiennes y est aussi très pratiqué. La pauvre Eudy en fera aussi injustement les frais avant d’être tuée par un groupe d’hommes par près de 30 coups de couteaux… 

Deux des agresseurs ont été condamnés à plus de 30 ans de prison, un autre condamné à perpétuité. À l’époque, les juges estiment malgré tout que le crime n’avait pas été commis en raison de l’homosexualité de Simelane. 

Visibilité Lesbienne #7 : Portraits de femmes (5)

Avec ce cinquième article sur les portraits de femmes, nous mettons à l’honneur Thérèse Pierre, résistante française, et Roberta Cowell, passionnée d’automobiles et première femme trans à effectuer une chirurgie de réassignation en Angleterre. 

9. Thérèse Pierre 

Thérèse Pierre

Née dans le Grand Est, Thérèse Pierre fait des études à Nancy où elle rencontre Emma Pitoizet, celle qui deviendra rapidement sa compagne ; elles veulent toutes les deux devenir professeure. Thérèse, militante communiste, voyage en URSS en 1935, accompagnée de sa bien-aimée. Elles songent, à ce moment-là, à adopter un enfant ensemble. À leur retour en France, l’une est nommée professeure en Lozère, l’autre en Creuse. Elles se séparerent finalement en 1940, Emma épouse ensuite un homme avec qui elle vit en Alsace, alors annexée à l’Allemagne nazie. De son côté, Thérèse s’engagera dans la Résistance en Bretagne. 

En septembre 1942, elle est mutée à Fougères (en Ille-et-Vilaine) là où elle devient la responsable du Front national de lutte pour l’indépendance de la France ; c’est là qu’elle choisit “Madeleine” comme pseudonyme. Elle se charge de la rédaction et de la diffusion de la presse clandestine. Elle participe aussi activement à l’organisation de groupes Francs-tireurs et partisans et à leur armement ; elle a plus de cent hommes sous sa responsabilité. Elle délivre aussi des faux papiers à des clandestins, en héberge occasionnellement chez elle, participe à des transports d’armes et à la préparation de plusieurs opérations contre l’occupant au sein des Francs-tireurs et partisans français

Elle est finalement arrêtée le 23 octobre 1943 par la Gestapo et est incarcérée à la prison de Rennes où elle est torturée par les policiers du SPAC (Service de Police Anti Communiste). Trois jours plus tard, elle est retrouvée pendue au barreau de la cellule ; il s’est avéré que ce n’était qu’une mise en scène pour faire croire à un suicide. Les derniers mots recueillis par ses voisin.e.s de cellule sont “Je ne parlerai pas, ils ne me feront pas parler. Ils n’ont rien obtenu de moi”. 

10. Roberta Cowell 

Roberta Cowell

Pilote de course et pilote de chasse à la Seconde Guerre mondiale, Roberta Cowell est aussi la première femme transgenre britannique connue à subir une chirurgie de réassignation sexuelle dans les années 50. Roberta explique dans son autobiographie qu’elle a ressenti tôt un décalage avec son sexe assigné à la naissance et compensait ce sentiment par des comportements très masculins et agressifs. Par ailleurs, elle découvre qu’elle est intersexuée avec le syndrome du mâle XX, dit “syndrome De la Chapelle”, qui se manifeste par un génotype féminin dans un corps dit “masculin”. 

Roberta fait des études d’ingénieur et commence à participer à des courses automobiles. Plus tard, elle entre dans l’armée. 

En 1941, elle se marie avec Diana Margaret Zelma Charpenter, avec qui elle partage la passion de la course automobile. De ce couple naîtront deux filles. Les deux femmes se séparent en 1948. 

Des années plus tard, elle traverse une dépression et entreprend une psychanalyse : “Il devint évident que la part féminine de ma personnalité, dont j’ai eu conscience toute ma vie et que j’ai sévèrement réprimée, était bien plus fondamentale et profondément enracinée que je ne l’avais supposé.” Elle commence ensuite une prise d’hormones, tout en se présentant en tant qu’homme. 

Elle meurt en 2011, à l’âge de 93 ans. 

Manon & Louise, de la commission Visibilité Lesbienne 

Chronique du racisme ordinaire #15 : Parlons transphobie

J’ai rapidement évoqué, dans une précédente chronique (# 3), l’épreuve du retrait d’un traitement hormonal dans une pharmacie à laquelle j’avais assisté lorsque j’y avais accompagné une camarade trans il y a quelques années. Autre situation typique de « panique queer », comme j’ai pu en témoigner dans une autre chronique (la # 9), concernant cette femme trans rencontrée dans une station service lorsque j’étais enfant. Rappelons-nous cette agression plus récente subie par Julia Boyer le 31 mars 2019 lorsqu’elle sortait du métro, place de la République à Paris : encerclée par des individus au milieu d’une foule venue manifester contre Bouteflika, elle a été insultée, a subi des attouchements aux seins et à la tête avant d’être frappée violemment.

Selon le rapport sur les LGBTphobies 2020 de SOS homophobie (disponible ici : https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_homophobie_2020_interactif.pdf_/rapport_homophobie_2020_interactif.pdf), la transphobie concerne dans 41% des cas les femmes trans, mais aussi les hommes trans dans 21% des cas, internet étant le lieu préféré, comme tout le monde le sait, des enflures pour s’exprimer (25% des cas), suivi par les lieux publics (14%), la famille (11%) et le travail (10%). Cette transphobie se manifeste dans 78% des cas par du rejet, et va des insultes (43%) aux discriminations (35%) en passant par des menaces, du harcèlement, des agressions physiques et/ou sexuelles et toutes autres sortes de réjouissances qu’on aurait du mal à inventer ; du genre : Londres, 2018, des féministes refusent l’accès à la baignade dans un étang non-mixte à des femmes trans, action s’inscrivant dans le cadre de la campagne #ManFriday visant à protester contre une réforme permettant d’assouplir les procédures de changement de sexe (étant féministe, je vous confirme qu’on a pourtant autre chose de mieux à faire) ; JK Rowling qui déçoit le monde entier avec des propos transphobes de bas étage, en se sentant tenue de donner son avis évidemment non-sollicité sur la question ; d’ailleurs, en passant, est-ce que tout ce petit monde ne pourrait-il pas cesser de croire que son petit avis personnel est si indispensable qu’il faut le balancer à tout va sur les réseaux sociaux sans se soucier des mortifications qu’il va provoquer ? merci de vous abstenir ; et puis on va s’arrêter là parce que l’imagination humaine n’a apparemment pas de limite lorsqu’il s’agit de nuire à son prochain ; si vous voulez avoir le cafard, regardez la liste des actualités en tapant « transphobie » sur Google (heureusement, il y a aussi quelques bons trucs cachés au milieu) ;

Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012)

sinon, vous pouvez toujours aller chercher du côté du cinéma, il y a de très bons films sur la question, comme Girl (Lukas Dhont, 2018, marquant), Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012, merveilleux), Boys don’t cry (Kimberly Peirce, 1999, déchirant), The danish girl (Tom Hooper, 2015, captivant), Océan (par et avec Océan, 2019, réjouissant)…

Anna-Livia.