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Une formation sur le thème du militantisme LGBTQI+ à Zagreb

Adhérente de Couleurs Gaies, j’ai eu la chance de partir en Croatie avec Bonnie, une autre militante, grâce à l’inter-LGBT, Erasmus et bien évidemment Couleurs Gaies, pour faire une formation sur le militantisme dans les associations LGBT. 

Cette formation se déroulait sur 5 jours dans la capitale de la Croatie, à Zagreb. Il s’agissait normalement d’une rencontre internationale, mais les groupes des autres pays n’ont malheureusement pas pu faire le voyage dans le contexte sanitaire actuel. Nous étions cependant plusieurs adhérent.e.s de différentes associations membres de l’Inter-LGBT : 

  • Bi’Cause
  • Séropotes 
  • Amnesty International France
  • Roucoulettes Handball
  • Inter-LGBT (le co-président nous a fait l’honneur de sa présence 😉).

La formation : 

Le mercredi, le premier jour, a été l’occasion de faire connaissance ainsi que de rencontrer notre formateur, Yvor, venu exprès du Danemark afin de nous coacher et d’échanger. 

Nous avons débuté le jeudi avec une présentation de la formation. Chacun.e a pu également participer à l’élaboration de règles pour le bon fonctionnement du stage. L’après-midi a été plus théorique, Yvor a fait un exposé sur la gestion de groupes et les approches socio-constructivistes et modernistes, sur les cercles vicieux dans nos relations aux autres, la multiplicité des points de vue, etc. 

Le vendredi, nous avons travaillé sur le « pouvoir des questions », de manière théorique ainsi que dans des petits ateliers, par deux ou par trois, à partir de cas plus concrets. Le soir, nous sommes allé.e.s dans l’unique bar / boîte LGBT de la ville, et nous avons pu rencontrer des jeunes LGBT ou LGBT-friendly croates.

Le samedi, il s’agissait d’imaginer un workshop. Le matin, nous avons choisi un thème en groupe :  comment lutter contre les LGBT-phobies ?

Puis par mini-groupes de 2 ou 3, nous avons préparé une étape de l’atelier (« opening » / « exploring » / « closing »). L’après-midi a été consacré à la réalisation de ce workshop 🙂 C’est cette journée de formation qui a sans doute été la plus appréciée par le groupe. Les participant.e.s se sont senti.e.s concerné.es et ont fait preuve de créativité : imaginer un faux procès, organiser un débat sur des témoignages, réaliser un bilan à l’aide de post-it etc …

Le dimanche s’achevait la formation. En cette dernière journée nous avons réfléchi sur les apports de la formation pour la suite, notamment pour réutiliser ce que nous avons appris à Couleurs gaies 😉🏳️‍🌈 Une rencontre a également été organisée l’après-midi avec un des membres de l’association LGBT de Zagreb Dugine Obitelji afin d’échanger sur les points communs et les différences dans le milieu associatif LGBT entre les deux pays 🙂.

La convivialité : 

Outre l’aspect didactique et formateur de ce stage, la rencontre à Zagreb a été l’occasion d’échanger avec les militant.es des autres organisations, de partager des témoignages, et de tisser des liens.

La découverte de la culture croate : 

Cette formation a permis de rencontrer des jeunes Croates. Nous avons pu échanger avec des jeunes LGBT ou LGBT friendly ainsi qu’avec le président de l’association d’accueil Dugine Obitelji. Nous avons pu également profiter de leur local bien décoré 🙂.

Ce fut aussi l’occasion de découvrir la culture croate. Nous avons vu des paysages magnifiques, et mangé de très bons plats (pas chers du tout, c’est fou, nos collègues parisien.ne.s n’en revenaient pas 😉).

Plusieurs membres du groupe, – dont Bonnie et moi, on avoue 😉, en ont profité pour se payer en dehors de la formation quelques jours de voyage en plus afin d’aller voir de plus près les eaux turquoises de la mer et des lacs de Croatie.

Mon avis perso 🙂 : 

« J’ai beaucoup aimé participer à cette formation. Nouvelle au sein de Couleurs Gaies, cela a été très intéressant d’échanger avec des militant.e.s d’horizons différents sur des sujets qui me tenaient à coeur, d’en apprendre plus sur le militantisme LGBT, et d’entendre et de partager des témoignages. J’ai l’impression que cela m’a donné plus d’assurance et un sentiment de légitimité plus fort pour militer ensuite au sein de Couleurs Gaies.  

Bonnie et Marie

Ça a été également un plaisir de rencontrer Bonnie, que je ne connaissais que de vue et qui est devenue une amie grâce à ce voyage. Une vraie belle rencontre 🙂🙂. »

Marie

Pourquoi adhérer à CG ? #9

Je me souviens de la première réunion bénévoles de Couleurs Gaies à laquelle j’ai participé en septembre 2019. Avec ma copine, nous nous étions enfin décidées à nous rendre à la Palette pour prendre un peu la température de l’endroit et voir si les projets de l’asso nous intéressaient. Nous avons écouté l’équipe nous parler des besoins en bénévoles et nous nous sommes laissées convaincre. Résultat, nous ne sommes plus jamais reparties !

Je ne pensais pas m’engager aussi intensément dans une association un jour. Je me suis souvent dit “le bénévolat, c’est pas pour moi”, et je ne sais même pas pourquoi j’avais autant peur du bénévolat ! Ce n’était pas un domaine qui m’attirait. Pourtant, avec Couleurs Gaies, c’était différent. J’ai comme eu un coup de foudre pour l’asso dès que j’y ai posé les pieds.

Tous les bénévoles de CG font un travail fantastique, que ce soit écrire des articles, participer aux interventions en milieu scolaire, organiser des événements, gérer des commissions ou encore tenir le bar – et ce sont eux et elles qui rendent l’asso si chaleureuse et si agréable. C’est bien simple, si je rentre au local déprimée et abattue, je suis sûre de ressortir regonflée à bloc. Et pour que l’asso garde cette formidable énergie créative et militante, il est important d’adhérer. On peut lutter pour les droits LGBTQ+ de plusieurs façons, mais le don et l’adhésion restent les plus faciles et les plus rapides. Et si vous avez un peu plus de temps à donner à une bonne cause, devenez bénévoles !

Louise

Chronique du racisme ordinaire #13 (Numéro spécial) – L’enfer est pavé de bonnes intentions : les thérapies de conversion, des USA à la France

Beaucoup de choses nous arrivent des États-Unis. Des bonnes et des mauvaises. C’est le vent d’Ouest qui nous souffle tout ça, comme récemment les nuées terribles des incendies californiens qui sont venues voiler nos cieux. Mais j’ai honte d’écrire ça, on croirait reconnaître l’ergotage poutinien à propos des miasmes venus de l’Occident, en l’occurrence de l’Europe. Mais disons qu’en ce moment, et depuis un certain temps, on raconte que Trump admire Poutine et voudrait se hisser à son niveau d’omnipotence pour le moins inoxydable. Et c’est vrai qu’en certains points, ils se rejoignent. Comme par exemple concernant les minorités sexuelles, les droits des femmes et des LGBT+. Et c’est ainsi que les États-Unis, pays de toutes les libertés, laissent courir en toute liberté les thérapeutes qui pourraient vous « guérir » de votre homosexualité, ou bien guérir celle de votre enfant. Au nom de la liberté de décider de changer d’orientation sexuelle. Citons Peter Sprigg, protestant fondamentaliste du « Family research council » (itself !) de Washington :

« Il ne devrait pas y avoir de loi qui empêche les gens de lutter contre une attraction non souhaitée pour le même sexe. Les parents ont le droit de prendre des décisions médicales pour leurs enfants mineurs. […] Les parents ont le droit de mettre des limites, de poser des normes, et ils doivent encourager leurs enfants à ne pas s’engager dans cette orientation sexuelle. »

Aux USA, selon le documentaire Tu deviendras hétéro mon fils de Caroline Benarrosh diffusé sur France 5 le 8 septembre, 77 000 adolescents passent, volonté de leurs parents, par une ou plusieurs thérapies de conversion auprès de thérapeutes agréés. Ces thérapies sont basées sur un postulat datant des années 50, selon lequel l’homosexualité serait causée par un traumatisme dans l’enfance : abus sexuels de la part du père, trop grande proximité avec la mère (les mères s’avèrent souvent être des créatures au magnétisme hautement traumatique), femmes trop influentes dans la famille (décidément vraiment dangereuses ces bêtes). Les prescriptions : viagra, interdiction de parler à sa mère tout en vivant sous le même toit, relations sexuelles avec des femmes, lecture de littérature érotique mettant de préférence en scène des hommes âgés qui usent de leur influence pour violer des hommes plus jeunes (oui, il faut montrer le « vrai visage » de l’homosexualité). Ces adolescents, désireux de répondre aux attentes de leurs parents, se soumettent à ces séances, semaine après semaine, année après année.

Ainsi, il y aurait plus de 300 000 mineurs homosexuels jetés à la rue chaque années aux USA, et 32% des adolescents qui auraient dû faire face à des pressions venant de leur famille pour changer leur orientation sexuelle.

Selon la pasteure Janet Boynes, il est impossible d’être à la fois gay et chrétien. En l’écoutant et en la regardant parler dans le documentaire cité ci-dessus, je ne cessais de m’exclamer : « mais, elle aussi, elle est lesbienne ! Elle est lesbienne, c’est pas possible ! » ; et quelques minutes plus tard : confirmation, Janet Boynes est bel et bien lesbienne ; ou plus exactement, selon ses dires, « était » lesbienne. Mon « gaydar » avait (pour une fois) fonctionné. J’étais fière. Et pourtant… Elle se présente en « preuve vivante » d’une possible sortie de l’homosexualité, d’un possible passage de l’homo à l’hétérosexualité. Selon elle, les abus sexuels qu’elle a subis dans l’enfance l’avaient poussée sur la voie de l’homosexualité et de la drogue ; en effet, le « mode de vie homosexuel », c’est drogue à gogo et décadence démoniaque. Il faudrait peut-être que quelqu’un lui fasse remarquer un jour que si toutes les femmes qui ont subi des agressions sexuelles dans l’enfance ou l’adolescence devenaient lesbiennes, le pourcentage d’homosexualité féminine grimperait en flèche (et je ne serais peut-être plus célibataire). Donc Janet Boynes prêche avec ferveur et fait des émules non moins fervents. Voici un extrait de sa prose :

« Ce que veut la communauté gay, c’est endoctriner nos enfants. Leur objectif est d’amener un maximum d’enfants dans la vie homosexuelle. »

Comme je l’annonçais en introduction, on est jamais loin de la rhétorique russe amenant à interdire la « propagande gay » au nom de la protection des enfants (voir la chronique #4). Ainsi, notre Janet se retrouve à mener fièrement les troupes du mouvement des « ex-gays ».

Alors on peut vraiment changer d’orientation sexuelle (en-dehors des questions de fluidités que connaissent certains) ? J’ai horreur de ça, mais je vais me faire momentanément complotiste en posant la fameuse question : « Qu’est-ce qu’il y a derrière ? »

Question que s’est aussi posée le journaliste Wayne Besen, qui a saisi le démon par les cornes pour lui faire cracher le morceau, qui n’était pas des moindres. Ce qu’il a découvert est un paysage de désolation composé d’abstinence sexuelle, de colère étouffée, de dépression, et parfois de tentatives de suicide. Il a retrouvé les traces de plusieurs « ex-gays » qui avouent mentir de manière éhontée sur leur prétendu revirement sexuel : « résister chaque jour, c’est un enfer », disent certains. Donc pour éviter l’enfer dans l’au-delà, vivons le dès à présent, comme ça, ça sera fait. Wayne Besen a même enregistré le témoignage d’Yvette Cantoux Schneider, ancienne leader des thérapies de conversion qui a contribué a exporter le mouvement des « ex-gays » à travers les USA :

« Je n’ai jamais vu personne passer de l’homosexualité à l’hétérosexualité. Jamais. Jamais. »

Et pourtant, les thérapies de conversion ne sont pas près d’arrêter de nuire. Et même, elles ont enfanté des camps de conversion, des sortes d’internats spécialisés où sont adressés les adolescents, parfois très jeunes, lorsque les thérapies hebdomadaires ne suffisent pas. Avec ces camps, on touche bien le fond de l’enfer. Mais comme on dit : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Là, on a vue sur ses pavés, et il y en a même qui les prennent dans la tronche. Ces camps de conversion, protestants évangéliques, cherchent à extraire le démon qui aurait pris possession des jeunes gays. Selon les témoignages, le programme est varié : lecture de la bible, exorcisme, violences physiques quotidiennes : être giflé, être battu, être frappé contre les murs, être violé par un pasteur pour être dégoûté des hommes, être affamé, être enfermé des mois dans une cellule d’isolement éclairée 24h/24 sans possibilité de s’allonger.

Phénomène difficile à quantifier, difficile à circonscrire ; espérons-le rare et marginal, mais il n’en est que d’autant plus difficile à cerner et à réprimer. Et mieux vaut entraver son développement avant qu’il n’ait pris trop d’ampleur, parce qu’il arrive en France.

En France, pas traces pour le moment de camps de conversion pour adolescents. Mais des thérapies, il en existe. Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre ont infiltré deux de ces groupes qui proposent gracieusement en toute bonne foi, et selon leur vocable, une « restauration de l’identité hétérosexuelle » : Torrent de Vie, groupe protestant évangélique, et Courage, groupe catholique. Les deux enquêteurs en ont tiré un livre : Dieu est amour, où ils témoignent et analysent le fonctionnement et les rouages de ces thérapies, selon eux en plein essor dans notre pays. Pour l’instant, elles semblent s’adresser en priorité aux adultes majeurs et consentants ; les participants auraient en moyenne entre 40 et 50 ans, seraient parfois mariés et souffriraient de leur homosexualité. Le programme est cependant le même qu’aux États-Unis mais s’appuierait sur un autre discours, plus subtil, avançant à mots couverts en ne parlant pas de « maladie » ni de « guérison », mais de « restauration ». On peut visiter leurs sites internet, c’est très instructif ; on y trouve même des témoignages… Selon Torrent de Vie (voir dans Nos bases / Identité brisée, identité restaurée) :

« Nous rappelons aussi la spécificité et la beauté du genre masculin et féminin, et la nécessité d’être réconcilié avec le genre correspondant à son sexe biologique. C’est une étape importante de notre programme, beaucoup étant dans la confusion à propos de cette réalité. »

© Radio France / Julien Mougnon

Ainsi, on comprend qu’hommes et femmes sont créés hétérosexuels et leur homosexualité résulterait d’une déviance qui se serait produite à un moment donné de leur vie. Selon Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, qui en ont fait l’expérience en direct, l’accueil est toujours bienveillant, et les discours relèvent d’un savant mélange de pseudo-psychologie et de religieux, avec recherche dans le passé d’une cause et de blessures dans la relation aux parents. Mais le fond du discours apparaît rapidement : l’homosexualité est causée par l’influence démoniaque. Donc prières, retraites en communauté de pénitents gays, lectures biblique, « camps d’été » durant lesquels peut être pratiqué l’exorcisme, séances de glossolalie pour laisser parler le Saint Esprit à travers soi… Ces groupes non financés sont convaincus de faire le bien, leur intention première et sincère est d’aider les homosexuels à retrouver la bonne voie… par l’abstinence et la renonciation à toute forme de sexualité.

Sous-texte résolument homophobe. On devrait peut-être leur rappeler à quel point l’enfer est pavé de bonnes intentions. Surtout puisqu’on sait maintenant, grâce au travail d’infiltration des deux journalistes, que les jeunes, les adolescents en plein questionnement, sont des cibles de plus en plus alléchantes. C’est Laurence Vanceunebrock Mialon, députée LREM de l’Allier, qui s’en charge. Elle a proposé une loi pour interdire les thérapies de conversion, qui sera normalement examinée en janvier 2021. En attendant, lorsqu’on visite le site de Torrent de Vie, on se rend compte que la France est truffée de groupes de conversion ; ainsi, dans le Grand Est, on peut sonner à la porte de deux de ses « groupes opérationnels » (sic) et demander à être « aidé dans notre processus de restauration », en toute bonne foi.

Anna-Livia

Octobre, le mois du coming out – la sélection de la bibliothèque de Couleurs Gaies

Depuis quelques années de plus en plus de célébrités font leur coming-out. Parallèlement de nombreux jeunes se lancent à leur tour. Cependant, cela n’est pas toujours facile pour eux. Souvent la peur de la réaction de l’entourage freine cette volonté de s’affirmer ouvertement.

Couleurs Gaies dispose dans sa bibliothèque quelques ouvrages à destination des parents :

J’ai quelque chose à vous dire… Faire face à l’orientation sexuelle de son enfant de Betty Fairchild et Nancy Hayward. Elles nous parlent dans ce livre de leurs propres expériences et des questionnements qui sont venus.

Il n’est jamais trop tard pour parler d’homosexualité par Emmanuel Ménard. Auteur de nombreux ouvrages gay, il aborde à travers plusieurs témoignages des différents aspects pour parler de son homosexualité en passant par l’acceptation de soi, au coming out.

Marie-Paule

MusiQueer #8 : Focus sur un groupe français allié de la lutte LGBT+ : Indochine

Aujourd’hui, nous avons décidé de vous présenter un groupe de musique français qui s’est toujours affiché comme un véritable allié de la lutte LGBT+… il s’agit, bien évidemment, d’Indochine ! Revenu sur le devant de la scène il y a quelques mois pour annoncer une tournée des stades, ainsi que la sortie de leurs Singles Collection (2001 – 2021), Indochine s’apprête à fêter ses 40 ans d’existence ; un exploit pour un groupe de rock français ! 

Formé en 1981, Indochine s’est fait connaître grâce à la chanson L’Aventurier, sortie l’année suivante et qui reste un tube, même 38 ans plus tard. Adoptant un look qui, à l’époque, dérange, les quatre membres originels du groupe n’hésitent pas à monter sur scène avec leurs boucles d’oreilles, leurs cheveux longs pour certains et les yeux et les lèvres très maquillées. Très vite, ils ont du encaisser une déferlante d’insultes homophobes. 

En 1985, Nicola Sirkis écrit 3e sexe, un véritable hymne transgénérationnel et intemporel à la tolérance sexuelle qu’il écrit en one-shot dans sa chambre d’adolescent. Il rapport que la maison de disques “ne voulait pas sortir le morceau”, argumentant qu’ils allaient perdre tout leur public féminin et que c’était “une chanson de pédé.” Ils se sont pourtant battus pour cette chanson soit présente sur l’album ; et cette sortie marquera le début de leur combat permanent contre l’homophobie. 

Dans le même album, il sorte la chanson Canary Bay, une chanson qui, cette fois-ci, met à l’honneur l’amour lesbien, ce qui est assez rare dans l’univers musical, surtout dans les années 80.  

Le groupe enchaînera ensuite les succès, entrecoupés de périodes de rupture (avec le départ du principal compositeur du groupe), de creux médiatique pendant plusieurs années et de deuil (avec la mort de Stéphane Sirkis, le frère de Nicola en 1999). Le groupe quitte cette époque sombre avec la sortie de l’album “Paradize” en 2002, qui comprend notamment le tube J’ai demandé à la lune. Cette renaissance, nous la devons en partie à oLi dE SaT, notamment guitariste, claviériste et compositeur, ancien fan du groupe originaire de Lorraine qui intègre Indochine en 1999. 

En 2008, ils sortent le single You spin me round, une reprise de Dead or Alive, au profit de Reporters Sans Frontières pour sensibiliser sur la liberté d’expression et le respect des droits de l’Homme en Chine, à l’occasion des JO de Pékin cette année-là. 

Alors que nous sommes en plein milieu des débats sur le mariage pour tou.te.s en 2013 et que les rassemblements de la Manif pour tous se font de plus en plus nombreux, Indochine sort le single qui va faire polémique : College Boy ! Cette chanson évoque le harcèlement scolaire, et plus particulièrement l’homophobie, avec des images des plus crues, entraînant immédiatement une censure de la part du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel). Le clip a été réalisé par Xavier Dolan (par ailleurs réalisateur de films LGBT+ dont Laurence Anyways) qui explique sa volonté de montrer une telle violence parce qu’il vise à “illustrer de manière graphique la brutalité dont [les jeunes] sont tour à tour dépositaires, instigateurs ou témoins”. 

La même année, Nicola Sirkis devient le parrain officiel de la Fondation Le Refuge, association qui vient en aide aux jeunes LGBT+ rejeté.e.s par leur famille. 

En 2014, au cours de leurs deux concerts au Stade de France, Indochine a choisi de diffuser les propos polémiques (et surtout horribles !) de Christine Boutin sur l’homoparentalité pour s’en indigner. S’en sont suivis des huées de la part du public. 

Et puis, en 2017, Indochine fait fort en sortant Tomboy, une chanson sur la transidentité, réalisée en duo avec Kiddy Smile. Ce dernier, lui-même gay, a notamment fait parler de lui lors de sa venue à l’Élysée, habillé avec un t-shirt sur lequel il était écrit “Fils d’immigré, noir et pédé”. Il est chanteur, DJ, producteur, danseur et aussi militant pour les droits LGBT+ en France. 

Le soutien et l’engagement du groupe auprès de la communauté LGBT+ fait qu’Indochine est LE “groupe français allié” par excellence ! 

Fan de longue date d’Indochine, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par leurs concerts ; vous ne serez pas déçu.e.s ! Le son, le show, l’ambiance, l’émotion, le visuel, tout y est ! Les fans, souvent queer, rendent la fosse bien souvent très colorée de par tous les drapeaux arc-en-ciel ou celui de la fierté transgenre qu’iels brandissent ! 

@nicolasirkis (Instagram) 

♫ Discographie LGBT d’Indo ♪

  • 3e sexe (3, 1985) 
  • Canary Bay (3, 1985) ; Les silences de Juliette (Wax, 1996) : chansons sur l’homosexualité féminine. 
  • Stef II (Dancetaria, 1999) : clip sur l’homosexualité féminine. 
  • Marilyn (Paradize, 2002) : clip qui brise les stéréotypes de genre en montrant un homme aux cheveux longs, en talons et en jupe, une femme aux cheveux courts, ainsi qu’un baiser entre deux membres du groupe (entre deux hommes, donc).  
  • College Boy (Black City Parade, 2013) 
  • Tomboy (13, 2017) 

Manon 

Appel à témoignages : l’Histoire des LGBT+ au XXe siècle.

Il y a quelques mois, en éditant la brochure d’anniversaire des vingt ans de Couleurs Gaies, nous avons constaté que nous possédions peu d’informations sur la vie des LGBT à Metz au vingtième siècle, avant la naissance de notre association. Si nos connaissances historiques à ce sujet sont aussi lacunaires, c’est probablement parce que nous avons perdu le lien avec les générations plus anciennes : si tant est que quelques séniors fréquentent régulièrement le local et militent ardemment à nos côtés, ils sont peu nombreux.

Souhaitant en apprendre davantage sur l’Histoire des personnes homosexuelles, bisexuelles, et transgenres à Metz au vingtième siècle, quelques bénévoles ont donc décidé de relancer un projet Mémoire & Patrimoine, commencé il y a quelques années. Nous souhaiterions identifier les différents lieux de rencontre messins, les associations et événements militants, les agressions et meurtres homophobes, les lois et arrêtés préfectoraux, retrouver des photos d’époque ou articles de journaux locaux, mais également découvrir des anecdotes et histoires d’amour qui ont coloré la ville au siècle dernier.

Nous envisageons de consulter les archives municipales ou départementales, mais aimerions particulièrement recueillir des témoignages authentiques de personnes ayant connu cette époque-là. J’ai personnellement l’intention de me rendre dans des maisons de retraite et des clubs du troisième âge pour présenter notre démarche. Ce projet nous donnera l’occasion de rassembler nos aînés à l’association (qui bien souvent n’osent pas franchir la porte du local et souffrent de la solitude) et recréer des activités à destination des séniors.

Si vous connaissez des personnes de plus de 60 ans susceptibles de nous renseigner,
Si vous possédez vous-même des informations,
Si vous souhaitez vous investir avec nous dans ce projet d’histoire LGBT messine,
Si vous êtes intéressé.e par des ateliers ou rencontres pour les plus de 50 ans,

N’hésitez surtout pas à me contacter en envoyant un message privé Facebook à Couleurs Gaies. Tous les témoignages et soutiens sont les bienvenus. Merci pour votre aide !

Bonnie

Pourquoi adhérer à CG ? #8

Je m’appelle Zeina, je suis lesbienne et je viens du Liban. Je suis à avocate à la cour au barreau de Beyrouth. Je suis arrivée à Metz le 25 novembre 2019. J’ai dû fuir ma famille, la société et mon pays : je ne pouvais ni révéler ni exprimer ni vivre mon homosexualité (c’est un crime condamné par le droit pénal).

Ma première petite amie était ma meilleure copine à l’université. Mes parents nous ont surprises et m’ont forcée à me marier. Après 5 années de mariage est né mon fils. Une autre relation de 2 ans avec une femme l’a fait réaliser qu’il n’était pas possible de vivre en sécurité et épanouie dans mon pays.

Grâce à un ami homosexuel avec qui je discutais, j’ai appris que les personnes homosexuelles étaient protégées par des lois en Europe. Comme je disposais d’un visa français qui allait prendre fin, j’ai très rapidement pris deux billets d’avion pour le Luxembourg pour mon fils et moi. Après une nuit à l’hôtel, je me suis rendue dans la ville la plus proche du Luxembourg qui disposait d’une préfecture : Metz. J’y ai déposé une demande d’asile. J’étais en France, je me suis sentie libre.

A Metz, l’assistante sociale m’a aiguillée vers Couleurs Gaies où j’ai rencontré des bénévoles qui nous accueillis, mon fils et moi, chaleureusement. J’avais enfin trouvé un endroit où je pouvais être écoutée avec beaucoup d’attention, sans être jugée, et où je pouvais m’exprimer librement. J’étais enfin comprise et en présence de personnes qui me ressemblaient. On m’a également assuré que mon fils était bienvenu.

Dès les premières visites à Couleurs Gaies, je me suis rendue compte que l’ambiance qui y régnait était sympathique et chaleureuse : le local représentait la maison que mon fils et moi n’avions pas en France et les membres de Couleurs Gaies, la famille que nous avions quittée. J’ai réellement commencé à m’intégrer en répondant à l’appel à bénévolat pour les travaux de rafraichissements du local au printemps : c’est en aidant les membres de Couleurs Gaies que les liens ont commencé à se tisser.

J’ai également participé à un repas organisé à Couleurs Gaies et je me suis retrouvée autour de la grande table comme le membre d’une famille qui se réunit. C’est ce moment qui a confirmé mon envie de faire partie de cette famille dont les membres m’acceptent telle que je suis. Cela m’a fait un bien fou. Depuis quelques semaines, je suis en phase d’apprentissage à Couleurs Gaies. Je découvre des termes, des notions et des définitions que je ne connaissais pas car trop éloignées de ma culture : certains sujets sont tabous au Liban. J’ai vraiment envie que mon fils grandisse en s’ouvrant à la différence jusqu’à ne plus la remarquer.

L’idée du bénévolat est venue progressivement. Je participe depuis peu à des formations, à des actions. Une fois que j’aurai amélioré mon français et après avoir acquis les connaissances requises, je pourrai apporter quelque chose à Couleurs Gaies, riche de mon expérience personnelle et professionnelle.

J’ai un rêve qui m’est inspiré par Couleurs Gaies et ses bénévoles : j’aimerais un jour défendre les droits des personnes LGBTQI+ au Liban et, à terme, y créer une association LGBTQI+. Bien sûr, je sais qu’il y a beaucoup de travail à abattre pour atteindre cet objectif qu’il faudra faire face à des difficultés et des menaces mais je voudrais faire en sorte que ce rêve devienne réalité.

Zeina

Chronique du Racisme Ordinaire #12 : Du faciès des badauds devant la vitrine de Couleurs Gaies

Lorsque la nuit tombe et qu’une pièce est éclairée, on peut en observer tous les détails à l’intérieur, à travers la fenêtre ; si vous vous y trouvez, vous êtes comme l’ours blanc ou le gorille du zoo, qui, du mauvais côté de la vitre, tâche de ne pas observer les observateurs humains qui le scrutent, de préférence avec commentaires (médiocres) à la clef. Mais il arrive parfois que l’être humain prenne la place de l’animal non-humain. Ainsi en était-il à l’époque des empires coloniaux, avec ces terribles et regrettables zoos humains qui exhibaient les membres de tribus lointaines arrachés à leurs terres. Mais ce que je voudrais évoquer ici se situe sur un registre amplement moins tragique, puisqu’on a tout le loisir d’en rire et d’avoir un observation critique des observateurs curieux.

Ce loisir d’en rire s’est présenté lors de la soirée Apéro Femmes organisée par la Commission Visibilité Lesbienne, samedi soir 12 septembre. Les ourses blanches et les gorilles, c’était nous, rassemblées pour boire un coup dans le local bigarré de Couleurs Gaies. L’opportunité s’est donc présentée de dresser un portrait de la tronche du badaud moyen passant devant un bar LGBT (enclos alors exclusivement garni de charmantes femelles).

La première fois que je suis allée dans un bar gay, c’était accompagnée d’une camarade au tout début de sa transition, à Caen il y a plusieurs années ; nous attendions devant la porte l’heure d’ouverture et deux grandes brelles sont passées en émettant des sons que je ne me permettrais pas de décrire ici et en accentuant leur roulage de mécaniques déjà bien ridicule. J’ai ouï-dire que la vitrine de La Palette avait été brisée par ce genre d’engeance. Bon, ça signifie qu’ils reconnaissent les insignes LGBT, et que le drapeau arc-en-ciel leur évoque ce qu’il est censé évoquer ; c’est déjà pas mal, de pouvoir être reconnus par n’importe quel quidam. La chose a donc été vérifiée samedi soir : les gens reconnaissent le drapeau arc-en-ciel, des plus jeunes aux plus vieux, et ça les passionne ! C’est émouvant, cette notoriété. Il y avait même des petits enfants qui avaient envie d’entrer, attirés par toutes ces couleurs alléchantes (que le régime russe qualifierait de « propagande gaie »).

Cependant, mon hypothèse selon laquelle les mecs (hétéros) seraient les plus curieux (quelle que soit la valence de cette curiosité) a été invalidée : parmi les couples hétéros qui sont passés, lorsque l’un des deux se retournait et fixait avec attention (et envie ?) l’intérieur du local, il s’agissait généralement de ces dames. Donc abandon de bonne grâce de mon hypothèse initiale. Encore un peu, et on serait sorties pour les inviter boire un vin chaud devant la cheminée.

Et il y avait les lèches-vitrines (mes préférés). Entre le bonhomme bedonnant qui venait les mains dans les poches se rincer l’œil, collé à la vitre tel un pléco commun, ce poisson nettoyeur d’aquarium, le groupe de jeunes gars interloqués qui ont répondu de bon grès à mon salut et le couple d’anciens qui ne savaient plus à quel saint se vouer et qui, eux, prirent la fuite à mon salut cordial, il y avait de quoi faire… une chronique.

Anna-Livia.

Pourquoi adhérer à CG ? #7

En arrivant à Metz, j’ai cherché très rapidement à m’intégrer et à m’engager. J’ai regardé sur les réseaux sociaux les différents événements (pas forcément LGBT) qui m’intéressaient et m’y suis rendue. Couleurs Gaies organisait un pique-nique de rentrée en ce début d’année scolaire.

J’ai déjà été engagée par le passé dans une association LGBT affiliée à un parti politique, et le sujet LGBT m’intéresse particulièrement. Moi-même hétéro, j’ai de nombreux amis LGBTQIA et j’ai depuis longtemps défendu le respect et de la tolérance de toutes les sexualités et de toutes les identités. Lorsque je me suis rendue à ce pique-nique, j’ai été instantanément accueillie. J’ai rencontré des personnes intéressantes, ouvertes. On m’a présenté les différentes commissions de l’association (visibilité lesbienne, commission politique, intervention en milieu scolaire, animation etc …) et j’ai eu envie de participer à un grand nombre d’entre elles.

Je suis rentrée chez eux moi surmotivée. Dans tous les événements où je suis allée en cette rentrée, c’est celui qui m’a le plus plu. L’accueil, l’engagement, mais aussi la convivialité de Couleurs Gaies m’ont tout de suite séduite. Au-delà de l’engagement LGBT, qui me tient évidemment à cœur, Couleurs Gaies est une association dans laquelle on se sent bien, et chacun.e peut trouver sa place selon ses envies.

Marie

Bénévolat #1 : les besoins

Mardi dernier a eu lieu la première réunion bénévoles depuis la réouverture du local de Couleurs Gaies. Une bonne vingtaine de bénévoles s’y était donné rendez-vous.
Votre association LGBTQI+ préférée fonctionne grâce à ses bénévoles. Ses besoins sont à la hauteur du nombre des activités. Elle compte de nombreux pôles et les bonnes volontés sont attendues ! 😉

Dans ce premier article sur le thème du bénévolat, je vais recenser les besoins listés par les différents responsables de pôles. Si vous souhaitez apporter votre pierre à l’édifice de l’égalité des droits des personnes LGBTQI+, n’hésitez pas à nous contacter en DM Facebook ou en envoyant un email à l’adresse centrelgbtmetz@gmail.com.

(c) Perry Grone on Unsplash

Pôle Bibliothèque : Marie-Paule recherche des bénévoles pour tenir les permanences du vendredi (18h-20h), pour promouvoir les ouvrages qu’elle contient déjà (rédaction d’articles, coup de coeur mis en avant lors de la permanence du mardi soir) ;

Radio Campus Lorraine : Diane, animatrice de Rainbow (émission 100% LGBTQI+), recherche des personnes capables de l’épauler dans la préparation et/ou la réalisation des émissions de LA radio LGBTQI+ étudiante locale.

Commission Visibilité Lesbienne : Manon et Louise, toutes deux responsables de ce pôle, ont redynamisé cette commission. Pour qu’elle puissent poursuivre son essor, les femmes de bonne volonté sont les bienvenues pour rédiger des articles sur le groupe Facebook qui promeut la Commission Visibilité Lesbienne, pour coller des affiches qui font connaitre la commission, pour participer aux apéros femmes et pour mettre en place des projets (films, débats, conférences, jeux) en lien avec l’objet de cette commission.

Pôle Accueil, Ecoute, Orientation Juridique : Ce sont des écoutant.e.s et des accueillant.e.s que Stéphane, responsable du pôle, recherche ici. Si les personnes formées en psycho sont toutes indiquées, toute autre personne désireuse d’apprendre à écouter est bienvenue pour aider à la réalisation de cette autre mission fondamentale de Couleurs Gaies.

Trésorerie : Guillaume, l’actuel trésorier de Couleurs Gaies, est prêt à former tout.e bénévole ayant une appétence pour les chiffres. Il s’agit d’un poste clé de l’association qui permet de cibler très précisément les besoins financiers de Couleurs Gaies.

Pôle Animation Bar : Loïc, le responsable du bar, est toujours prêt à accueillir toute personne intéressée par l’idée de participer à l’animation du bar La Palette. Du fonctionnement du bar associatif de Couleurs Gaies dépend le financement du loyer du local que nous louons à un propriétaire privé. Loïc propose également de former des barmen et des barmaids : il les initiera à la réalisation des meilleurs cocktails de la carte !

Pôle Fidélisation des adhérent.e.s : Jean-Baptiste a besoin de deux personnes pour une campagne de phoning : il s’agit d’inviter (par téléphone !) nos adhérent.e.s à participer à la vie de Couleurs Gaies (notamment à l’Assemblée Générale de décembre), de prendre de leurs nouvelles et de les inviter à adhérer et/ou à renouveler leur adhésion pour l’année à venir.

Pôle intendance : Si vous n’avez que 2/3 heures à donner, il est toujorus possible de participer à une séance de nettoyage du local. Il est important de le tenir propre et agréable. Il s’agit d’un lieu de convivialité qui doit rester attractif. Faites-vous connaitre, nous vous contacterons à la prochaine séance de nettoyage (sur la dernière chanson de Kylie, bien sûr).

Pôle Blog de CG : La Team Blog de CG est fabuleuse mais elle n’est pas trop nombreuse. Si vous êtes prêt.e à écrire de temps en temps un article (a priori plutôt sur un thème en relation avec la dominante LGBT de Couleurs Gaies), Frédéric vous intègrera à l’équipe des rédacteurs/trices et vous contribuerez à promouvoir l’association par l’écriture.

Pôle IMS : Stéphane, responsable de ce pôle, a besoin de bénévoles capables (après une formation de qualité !) d’aller dans les collèges et les lycées pour déconstruire les stéréotypes et lutter contre le racisme, le sexisme, les LGBT-phobies, etc. C’est une mission très importante de Couleurs Gaies que nous tenons à continuer à mener à bien.

Pôle communication : Si vous avez des compétences en infographie ou sui vous êtes prêt.e à les acquérir, l’association a toujours besoin de personnes dans ce domaine pour réaliser des supports de communciation en accord avec la charte globale que Jonathan, responsable de la communication papier de CG, pourra vous décrire.

Commission Metz Pride Day et Rainbow Weeks : Si vous souhaitez participer à l’élaboration du programme des Rainbow Weeks (festival culturel, militant et festif qui se déroule de mi mai à mi juin et se termine par le Metz Pride Day, jour de la Marche des Fiertés), ou si vous souhaitez donner un coup de main à un moment ou à un autre de ce festival, vous pouvez nous contacter et nous vous mettrons en contact avec Jonathan, responsable de cette commission. Nous avons aussi besoin de bénévoles qui démarcheront, avec Cédric (notre super bénévole spécialisé dans la relation CG/commerces), les commerçants messins afin de les inciter à soutenir cet événement majeur de la vie LGBTQI+ messine.

Commission Culture : Si vous souhaitez exposer vos réalisations artistiques, le local de Couleurs Gaies est conçu pour le recevoir. Rapprochez-vous alors de Frédéric, responsable de la Commission Culture de CG, afin de voir avec lui ce qu’il est envisageable de projeter.

Commission Politique : En ce moment, Matthieu, Président de CG mais aussi responsable de la Commission Politique, est en quête de personnes capables de représenter votre association LGBTQI+ préférée lors de l’événement « Etudiant dans ma ville » qui a lieu le samedi 3 octobre. Nous avons aussi besoin de personnes prêtes à tenir une permanence de Couleurs Gaies sur le campus de Metz Saulcy une fois par mois et, très concrètement, nous recherchons des personnes (il faudrait 2 voitures!) qui donneront de leur temps pour participer à un collage en périphérie de Metz le vendredi 18 septembre.

Cette liste témoigne de la diversité des actions de Couleurs Gaies, toutes importantes à la défense des droits LGBTQI+. Cette diversité requiert des bénévoles afin de faire vivre chacune des branches de l’association. S’investir bénévolement est la meilleure façon de vivre l’expérience Couleurs Gaies et de faire partie d’une famille de personnes qui ont un même idéal. Rejoignez-nous, nous vous attendons !
En plus, on est hyper sympa.

Frédéric

La rubrique de D’doc #5

Curieuse de découvrir ce que la compositrice interprète pouvait valoir côté plume et roman, je me suis procuré La commode aux tiroirs de couleurs d’Olivia Ruiz. Les éditions JC Lattès le présentaient comme un retour sur l’histoire familiale de républicains espagnols ayant fui le franquisme pour se réfugier dans le sud-ouest hexagonal. Olivia Ruiz n’a pourtant pas écrit un roman autobiographique. Elle confie volontiers s’être inspirée librement des lieux existants et chers à sa propre identité, l’Aude, Toulouse, Barcelonnette. Mais là s’arrêtera la comparaison avec la vie de la femme chocolat. Les secrets de famille ont toujours été tus par ses aïeuls, ce qui a laissé Olivia Ruiz chercher dans les tiroirs d’une commode d’imagination des histoires d’amour, des tragédies, des secrets que l’on dit à demi-mots, que l’on dévoile au compte-goutte, au fil des liens inter générationnels.

Le roman se lit vite, la rencontre avec les personnages successifs les rend attachants. Les secrets se dévoilent au fur et à mesure que les tiroirs sont ouverts par l’héroïne du roman. Des secrets transmis par ceux qui n’ont pas tout dit lorsqu’ils étaient encore là. Dans ce premier roman que je recommande aux amoureux de la péninsule ibérique ou du sud-ouest, aux cumulards comme moi et à tous les autres aussi, il est fortement question de l’exil, de ces patronymes à changer en passant la frontière, pour se reconstruire, s’intégrer le mieux possible quitte à effacer l’identité de sa propre chair.

L’autrice le dit elle-même, ce roman peut résonner dans l’actualité des flux de réfugiés qui viennent s’échouer sur les plages de Méditerranée. Et cela n’est pas haut en couleurs.

Delphine