Après lecture de la chronique de L’âge du fond des verres, une nouveauté littéraire, et avant de le lire d’ici ce printemps, j’ai cherché dans le fonds de ma bibliothèque préférée le titre adolescent précédent de l’autrice, Claire Castillon. Je la connaissais pour ses écrits adultes, je me suis régalée de sa plume jeune public. Dans River (Gallimard Scripto, 2019), l’écrivaine aborde un sujet difficile, le harcèlement. Au collège, le terrain de tous les dangers, de toutes les inimités, des sentiments exacerbés, des mots violents et acérés. Oui, le collège est cela pour moi. Dans mes souvenirs en tout cas.

©Illustration – Delphine Dauvergne

Pour River, c’est le même tableau. L’adolescente est en classe de 3e. Différente des autres, elle est suivie par toute une cohorte de psy et thérapeutes spécialistes en tout genre. Pour rester à flot, pour rester dans les clous d’une normalité exigée par la société. Difficile pour la narratrice de voir combien River est incomprise, blâmée, abandonnée, humiliée, harcelée. Cette voix, c’est celle de la sœur parfaite de River. Sa protectrice, sa petite voix qui lui prodigue des conseils de survie dans la sphère adolescente.

Crédit : Gallimard

La plume de Claire Castillon est venue chercher et réveiller certains événements aperçus ces années-là. Le mal-être des parents est partagé au fil des pages. Encore adolescent, ou désormais adulte, le lecteur s’interrogera sur ce qu’il aurait fait à la place des uns et des autres. Le jeune lecteur de l’âge de River portera peut-être une bienveillance nouvelle sur ses camarades isolés dans la cour de récré après lecture de ce roman. L’éducateur, l’enseignant se verra offrir une piqûre de rappel sur les situations qui alertent.

Tous, nous serons tenus par le verbe et les mots de Claire Castillon qui nous mène là où elle veut. Jusqu’à nous prendre par surprise dans la dernière partie du livre.

Une excellente, touchante et nécessaire lecture.

Delphine