C’est l’AIEM qui m’a donné la brochure de Couleurs Gaies, quand je leur ai dit que j’étais lesbienne. J’ai vite pris rendez-vous pour une permanence spécialement réservée à l’accueil des demandeurs d’asile et Reine m’a accueillie. J’avais déjà fréquenté une association LGBT en Albanie mais, en dehors de son local, je ne pouvais pas être moi-même.


Reine a été très gentille et a écouté toute mon histoire. Elle m’a envoyé un email juste après le RDV. Cela m’a surprise et c’est là que j’ai réalisé que, pour la première fois, quelqu’un voulait vraiment m’aider.
Reine m’a mise en relation avec Zeina qui s’est trouvée dans la même situation que la mienne. A la suite d’un 2e email, j’ai pris RDV avec Reine et Zeina au local de Couleurs Gaies. Cette dernière m’a expliqué dans le détail comment se déroulait le RDV que j’allais avoir à l’OFPRAH et m’a proposé son aide en cas de besoin. Elle a terminé l’entretien en disant : « Un jour quelqu’un m’a aidée à Couleurs Gaies, aujourd’hui je t’aide et demain, c’est toi qui aideras quelqu’un d’autre ».

Redona


Peu de temps après, j’ai contacté Reine pour savoir comment faire pour être bénévole à Couleurs Gaies. Elle m’a redirigée vers Stéphane qui m’a indiqué qu’une réunion dédiée à l’accueil des bénévoles avait lieu le samedi suivant. C’est Frédéric qui animait cette réunion. En temps normal, je suis bavarde et extravertie mais la barrière de la langue m’a empêché d’y participer pleinement. Mais par la suite, j’ai trouvé mes repères, je commence à me sentir à l’aise !


En Albanie, je n’ai jamais pu dire que j’étais lesbienne. Un jour, lors d’une discussion, un camarade de classe a dit que s’il avait un fils homo, il l’abandonnerait au sommet d’une montagne. Comment aurais-je pu me sentir libre et vivre ma vie, qui plus est, dans une société très patriarcale ?
Les premières figures LGBT que j’ai connues en Albanie provenaient du film « Imagine and you ». Je ne savais pas ce que c’était qu’être lesbienne : il n’y avait aucune information sur les personnes LGBT et « PD » était l’insulte suprême !


Pour le moment, je ne peux pas travailler et je n’ai pas encore autant d’ami.e.s qu’en Albanie. Je vis chez ma soeur et je suis pressée de faire de nouvelles connaissances et de m’intégrer dans la société française. C’est en cours !
A Couleurs Gaies, on est bien accueilli. Personnellement, je peux y vivre ce que je n’ai pas pu vivre Albanie : être moi-même sans être jugée. Aux côtés des bénévoles, je veux me battre pour moi, pour les personnes LGBTQI+ et en particulier pour les jeunes.
Je fais actuellement partie de l’équipe de bénévoles du bar associatif « La Palette » de CG. Venez discuter avec moi, je fais les meilleurs cocktails de Metz !

Redona