Cette année, la Pride n’a pas la même saveur que les années précédentes pour des raisons que nous connaissons toustes.

Pas de fête, pourtant, nous sommes là, vous êtes là, fiers comme toujours. Enchantée.

Moi, je représente la Commission Visibilité Lesbienne de Couleurs Gaies. Ma compagne et moi l’avons reprise en 2020. C’était important pour nous de donner de la visibilité à celles qui vivent la double discrimination d’être femmes et LBT+.

            Un des objectifs majeurs de notre Commission Visibilité Lesbienne, c’est de créer de la convivialité. Vous le savez peut-être, récemment, les espaces en non-mixité ont beaucoup fait parler d’eux, et pas toujours en bien. Pourtant, nous pensons que nous réunir entre nous occasionnellement est primordial. Pourquoi ? Car nous parlons d’expériences communes. De discriminations communes. De joies communes. Nous nous sentons en sécurité car nous nous réunissons avec des personnes qui nous ressemblent et que notre parole ne nous est pas confisquée. Les permanences mensuelles de notre Commission sont en mixité choisie, c’est-à-dire hors hommes cisgenres. Il nous tient à coeur d’offrir un espace safe aux personnes lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles, cisgenres ou transgenres, qui s’identifient à notre combat, qui est d’apporter de la visibilité aux femmes LBT+ et queer. La non-mixité est un outil militant. Elle n’est pas une discrimination.

Au micro, Louise

            En parlant de discrimination : où est la PMA pour toustes ? Où est la méthode ROPA pour les couples de femmes ? Où sont les personnes trans ? Où sont les femmes seules ? Où est le remboursement ? Le projet de loi de la PMA a été complètement vidé de son contenu. De trop nombreux amendements ont été rejetés. Comme le dit si bien le philosophe Paul B. Preciado, les corps LGBT+ et queer ont été “politiquement stérilisés”. Il est inutile de nier que les familles homoparentales existent. Il n’y a rien de mal à vouloir faire intervenir la médecine moderne dans notre reproduction. Les couples hétérosexuels le font depuis des dizaines d’années. Pourquoi pas nous ? Je m’indigne que les gens qui débattent de nos droits ne s’intéressent même pas à nos vies. Au point de créer encore plus d’inégalités en bâclant un projet de loi censé en réduire.

Manon et Anna-Livia

            Notre simple existence est politique, puisqu’elle est discutée à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Néanmoins, en plus de notre parole et notre présence, nous disposons d’une arme politique importante. Le vote. Demain, c’est les élections régionales et départementales. Demain, je voterai pour quelqu’un qui reconnaît mes droits et qui ne me discriminera pas en raison de mon orientation sexuelle. Je voterai pour quelqu’un qui ne discrimine personne, d’ailleurs. Je voterai pour quelqu’un qui me soutiendra quand je voudrai avoir des enfants. Pour quelqu’un qui n’inclut pas que des personnes blanches, cisgenres, hétérosexuelles, valides, dyadiques, riches, dans sa politique. Pour quelqu’un qui soutient l’interdiction des thérapies de conversion et qui laisse tranquille l’allocation aux adultes handicapés. Pour quelqu’un qui se bat activement pour que la France ne devienne pas une deuxième Pologne, une deuxième Hongrie, une deuxième Tchétchénie. Demain, je voterai pour mes droits, nos droits, vos droits, et je vous invite à faire de même, si vous êtes majeurs. Merci.

Louise (et Manon !), responsables de la Commission Visibilité Lesbienne de Couleurs Gaies