Il y a deux semaines un pays membre de l’Union européenne a voté une loi de censure interdisant tout discours public sur les personnes LGBTQI. Copié-collé de la soi-disant loi russe « anti propagande » cette tentative d’invisibilisation de nos vies dans un pays membre de plein droit de l’Union Européenne est un scandale à dénoncer.

Ce pays c’est la Hongrie et il est membre de l’UE depuis plus de 15 ans. Depuis son entrée dans l’Union les avancées économiques sont importantes tout comme la dégringolade de l’état de droit et des libertés fondamentales de ses citoyen•ne•s. Comment laisser faire un pays à 2h d’avion de Paris où nos camarades LGBTQI sont invisibilisé•e•s et réduit•e•s au silence? Que fait l’Union européenne? Que font les chefs d’état des 26 autres états membres? Et leurs ministres des Affaires étrangères? Comment se contenter de communiqués de presse alors que certains se font tabasser dans le silence? Comment se taire quand porter un drapeau arc-en-ciel dans la rue comme nous aujourd’hui devient un délit?

Le 7 juillet 2018, la gaypride de Budapest s’est arrêtée devant le Parlement.

Nos fiertés ne sont pas illégales, nous ne sommes pas des criminel•le•s. Nous refusons cette Union européenne dédiée uniquement au libre échange et qui se tait face aux régimes répressifs. Nous n’acceptons plus que Bruxelles deviennent une nouvelle Wall Street, les avancées économiques sont une bonne chose mais ce n’est pas suffisant. Le respect de la démocratie, des droits de tou•te•s sans considération d’orientation sexuelle, d’identité de genre, de classe sociale, de confession ou d’origine ethnique c’est mieux.

A chacun•e de nous de prendre nos responsabilités: faites savoir ce qui se passe à l’Est, parlez-en autour de vous, diffusez l’information, sensibilisez vos ami•e•s, vos collègues, vos proches. On ne peut pas aller en week-end clubbing à Budapest et ignorer la chasse aux sorcières que subissent les activistes locaux. Les droits et libertés fondamentales ne sont pas les parts d’un gâteau à se partager en quantité limitée. Nous refusons de les remercier de nous partager les miettes qu’ils daignent nous laisser.

Solidarité avec les militant•e•s hongrois•es! Solidarité

Arnaud Gauthier-Fawas, responsable Relations Internationales et Francophonie à l’Inter-LGBT