De temps à autre, je remonterai le temps pour vous parler de l’évolution de l’homosexualité dans les différentes sociétés.

Si l’antiquité semblait stricte par l’interdiction aux homosexuels de vivre comme ils l’auraient voulu, une autre époque se montrera beaucoup plus sévère : le Moyen-Âge.

A la fin de l’antiquité, la religion Chrétienne s’est imposée à travers toute l’Europe. Elle s’inspire grandement de l’héritage philosophique et médical gréco latine, mais aussi religieux avec le judaïsme pour effrayer une population non instruite sur les risques encourues avec une sexualité exacerbée ou différente de ce que la société appelait la normalité.

Selon l’Eglise, les relations homosexuelles entrent dans la transgression du sixième commandement du Décalogue. Il faudra attendre le IXème siècle pour voir apparaitre le terme de sodomie qui englobera toutefois la masturbation, la fellation, le coït hétérosexuel et homosexuel, ainsi que la bestialité. Ses pratiques étaient diversement sanctionnées suivant si on était seul ou avec un/une partenaire ou si on utilisait un objet, voir un animal. L’évêque Burchard de Worms posera ainsi la question aux femmes : « Avez-vous déjà disposé de la mie de pain sur vos parties intimes afin que quelque animal ne s’en délecte ? »

Ci-dessus, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Des interprétations modernes disent de la relation entre les deux hommes qu’elle serait homosexuelle, même si rien aujourd’hui ne permet de l’affirmer.


Régulièrement dans les pénitentiels, lors des prières, l’Eglise rappelait les mises en garde de Paul dans l’Epître aux Romains. Ces menaces ne concernaient majoritairement que les hommes, car l’Eglise pardonnait aux femmes qui retournaient auprès de leur mari. Mais il en était autrement pour les hommes qui s’y complaisaient, insultant ainsi l’ordre de la nature.

Les femmes lesbiennes retiennent donc moins l’intention des docteurs et des autorités. Sur toute la période du Moyen-Âge, on ne recensera qu’une douzaine de cas de justice pour lesbianisme à travers toute l’Europe, souvent associé à d’autres délits.

Pour l’homosexualité masculine, on ne peut que constater des inégalités suivant les pays. Malheureusement une chose revient souvent dans les archives de condamnation de l’homosexualité. Plus de la moitié des cas concernent ce que l’on appelle aujourd’hui la pédophilie. On ne peut donc connaitre exactement le nombre de personnes homosexuels qui ont pu être réprimé. Mais une chose est sûre, d’après les documents historiques, la peine de mort n’était pas forcément appliquée et souvent, il s’agissait d’une peine de prison de 10 à 20 ans.

Depuis quelques années les historiens ont décidé de se pencher sur la sexualité au Moyen-Âge et surtout l’homosexualité. Cependant leurs études semblent bien difficiles en raison de la vision erronée de l’époque et des amalgames qui n’ont rien avec l’homosexualité.

Article tiré de la lecture de Sexualité au Moyen-Âge de Jacques Roussiaud (éditions Histoire Gisserot – 2018)


Marie-Paule