MusiQueer #11 : Samantha Sidley, jazzwoman queer

“Butchy girls, rugged girls, curled and pearled, girly girls, girls from all over the world, I like girls, I like girls”

Voilà ce qu’on entend à la fin de la chanson – où devrait-on dire hymne lesbien ! – I like girls, interprétée par la chanteuse de jazz Samantha Sidley.

Née en 1985 à Los Angeles, plus précisément dans le quartier de Silver Lake, Sidley a toujours aimé chanter. La découverte d’Aretha Franklin et de Billie Holiday a révélé son amour pour la soul. Ce qu’elle veut, et elle le sait, c’est être une interprète. Elle poursuit donc des études de musique à Los Angeles comme à Boston. 

A vingt ans, elle réalise son rêve et se met à chanter régulièrement dans une salle mythique à New York, le Oak Room à l’Algonquin Hotel ; c’est là que la presse américaine va commencer à la repérer. Malheureusement, le décès de son père en 2008 la coupe dans son élan et elle retourne vivre à Los Angeles auprès de sa famille. A cause de son deuil, elle sombre dans la dépression. En 2012, on lui diagnostique une thyroïdite d’Hashimoto et deux ans plus tard, elle s’est faite violer par une connaissance. 

Ce qui l’a aidé à s’en sortir ? Sa femme, Barbara Gruska. 

Après un concert où Gruska s’est produite avec son groupe de l’époque, Sidley la contacte sur MySpace pour lui témoigner son affection. Leur relation s’intensifie et Gruska emménage dans la maison familiale de Silver Lake. Les deux femmes se confectionnent un home studio dans la chambre d’enfant de Sidley et font de la musique ensemble. 

C’est en 2019 qu’elle sort son premier album, Interior Person. On retrouve ses singles Listen!!, Busy doin’ nothin’ (une reprise des Beach Boys), et mon préféré, I like girls. Pour la confection de cet album, elle raconte qu’avec sa femme et leur amie Alex Lilly, elles ont loué un AirBnB dans le désert et ont passé des jours à faire de la musique ; Gruska et Lilly écrivaient des chansons et Sidley les chantait. Ces chansons témoignent d’un véritable regard lesbien sur l’amour, le sexe ou le pouvoir féminin. 

Plus récemment, on la retrouve, elle et ses collaboratrices, en tant que choristes sur l’album Medicine at Midnight, des Foo Fighters, sorti en février 2021. Et – avis à tous les fans de Disney – elle a sorti une reprise de A dream is a wish your heart makes, du film Cendrillon. 

A quand le nouvel album ? La date est inconnue, mais on espère pour tous les fans de jazz que Samantha Sidley va continuer à révolutionner ce genre musical qui manquait cruellement de représentation queer ces dernières années !

Louise