La rubrique de D’doc #20 : En Apnée : plongée en amour

Edité chez Talents hauts, gage d’un texte de qualité, le roman de Meg Grehan est tout d’abord un oeuvre en soi. Le texte n’est pas mis en page comme un texte en prose classique. Sans ponctuation ou presque, avec de courtes phrases coupées sur des lignes occupant une moitié de page seulement. Le parti pris de la maison d’édition se comprend dès la première lecture. Comme une lente respiration qui prend de l’assurance, du rythme jusqu’à accélérer, les mots de Maxime se suivent, se construisent, se démènent, se bousculent, se heurtent, se délivrent de toutes les pensées qui foisonnent, ondulent telles des animaux marins sous les océans. Maxime, adolescente en plein émoi, commente sa vie, sa mère, son père parti, ses amis, son ressenti. En apnée, Maxime l’est lorsqu’elle s’interroge sur les sentiments qui l’habitent, qui l’oppressent aussi. Parce qu’elle ne sait pas poser un mot sur eux, mais elle l’affirme et le reconnait : la sensation est légère lorsqu’elle regarde Chloé. 

Un jour d’hiver, elle se décide d’aller dans le seul endroit qui peut l’aider à trouver ses réponses : la bibliothèque. Tant pis si elle ment à sa maman pour y aller. Tant pis si elle désobéit. Et elle fait bien. Sa rencontre avec une bibliothécaire bienveillante est un soulagement pour le lecteur. Une pause pour reprendre son souffle. Grâce à elle, ou plutôt avec elle, Maxime va faire jaillir une mer de sentiments, et comprendre que ce n’est pas grave. Bien au contraire. 

En apnée, de Meg Grehan, est un très beau roman, assez court, qui permet d’aborder les premiers sentiments homosexuels. Sans bousculer, sans peur et sans reproche des adultes qui entourent l’ado. Un beau roman à conseiller, à offrir, et à lire.

Delphine