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Pourquoi adhérer à CG ? #15

Un jour, je me suis rendu au local, j’ai été accueilli chaleureusement, on m’a expliqué les buts poursuivis par l’association en me faisant visiter les locaux. J’ai eu naturellement l’envie de m’impliquer.

On ne s’ennuie pas chez Couleurs Gaies. Il s’y passe toujours quelque chose : entre les actions présentes et la préparation des actions à venir, on a vite fait d’en trouver où l’on souhaite s’investir. C’est d’autant plus plaisant que cela se passe aux côtés de personnes qui se mobilisent dans une diversité qui rime avec solidarité.

J’ai toujours pensé que lutter contre les LGBT-phobies de manière efficace, c’est surtout travailler à la compréhension et l’acceptation des personnes LGBTQIA+.

J’ai particulièrement apprécié la possibilité de se former et se mobiliser dans les champs d’action de l’association. J’aime que les projets se tournent vers les personnes LGBTQIA+, vers leurs entourages et vers la société en général. On trouve à Couleurs Gaies une grande diversité d’actions telles que les interventions en milieu scolaire, de la communication vers le grand public comme le collage d’affiches ou encore la tenue de stands sur différents évènements, etc. 

Lionel, adhérent et bénévole actif de Couleurs Gaies

Militer est un moyen de faire bouger les lignes qui permet aussi de s’affirmer. Ce qui me plaît c’est l’aspect concret des actions, qu’il s’agisse de coller des affiches, de prendre part à des manifestations ou communiquer sur les réseaux sociaux pour intervenir dans le débat public.

Le local de l’association est aussi un lieu de convivialité où l’on fait connaissance avec les membres de longue date et avec les personnes qui viennent d’arriver. Cela se fait dans la bonne humeur lors des animations appelées « brise glace » organisées et proposées par les membres de l’association. On se sent très rapidement à l’aise. C’est un endroit où chaque personne peut être écoutée et respectée telle qu’elle est grâce aux permanences d’accueil / écoute. Un lieu safe, c’est tellement important.

Pour les personnes qui aiment lire ou regarder des films, le local est aussi un centre de documentation où l’on peut rencontrer la culture et l’histoire de la communauté LGBTQIA+.
En somme, il y a beaucoup de raisons d’adhérer à Couleurs Gaies et comme chaque personne a les siennes, viens découvrir les tiennes.

Lionel

Avant Couleurs Gaies #2 : Metz, ville réactionnaire

Paul Mirguet, ancien résistant, conseiller municipal et député de Metz homophobe (1960)

Paul Mirguet

Paul Mirguet naît le 12 décembre 1911 à Failly, petit village près de Metz. Ses parents sont paysans. Impressionné par son potentiel, le maître d’école du village insiste auprès de la famille pour qu’il poursuive des études. Il prend donc le train tous les jours pour étudier à Metz. Avant la Seconde Guerre mondiale il travaille dans le commerce de la viande. Mobilisé pendant la Seconde guerre mondiale, il retourne en Moselle après l’Armistice avant d’être expulsé avec les autres habitants du village de Failly en novembre 1940. Il entre dans la Résistance en 1942. Après la Libération, il est chargé de la logistique pour réapprovisionner la population. Ensuite, il quitte l’administration pour travailler à nouveau dans le commerce de la viande.

En 1947, Paul Mirguet est élu conseiller municipal à la mairie de Metz sur la liste du Rassemblement du peuple français. Élu de l’Union pour la nouvelle République, il est député de la Moselle pendant la 1ère législature de la Cinquième République française du 20 novembre 1958 au 9 octobre 1962.

Paul Mirguet est connu pour être à l’origine de l’amendement Mirguet, voté le 18 juillet 1960, un texte visant à prendre « toutes mesures propres à lutter contre l’homosexualité », classée comme « fléau social », et votée dans le cadre d’une loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance contre l’alcoolisme et le proxénétisme. Cet amendement doublait la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s’agissait de rapports homosexuels. Cette disposition a été supprimée en 1980 sur proposition du gouvernement Raymond Barre.

Il meurt le 22 mai 2001 à Metz.

Texte et photo : Wikipédia

Jean-Marie Rausch

Jean-Marie Rausch

Depuis son élection à la mairie de Metz en 1971, Jean-Marie Rausch a toujours été diabolisé par la communauté LGBT de la ville. Les gays messins de plus de quarante ans ont des quantités d’anecdotes à relater à propos des relations tendues entre le maire et les gays. Certains se souviennent avec précision des contrôles musclés de la « Brigade de Surveillance de la Voie Publique » composée de policiers municipaux en civil parcourant les rues de la ville dans leurs R4 et semant la terreur dans les divers lieux de drague nocturne de la ville au début des années 80. Car si les agresseurs de PD pouvaient agir en toute impunité dans notre bonne ville, et faisaient rarement l’objet de contrôles et d’arrestations, il n’en était pas de même des homos : contrôles, insultes, fichages et intimidations diverses. Heureusement, cette époque est aujourd’hui révolue mais elle a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective des gays messins.

Le Guide Gay International Spartacus édite chaque année depuis le début des années 70 un répertoire des lieux gays de chaque ville du monde. Les éditions du début des années 80 de ce guide précisent pour Metz que, suite à la parution d’une pleine page de publicité de la discothèque gay messine le Bizzaroïde, la mairie de Metz avait multiplié les tracas administratifs contre cet établissement et avait précisé que Metz souhaitait rester une ville tranquille où l’homosexualité n’avait pas sa place. Là aussi, on pouvait imaginer mieux pour l’intégration et l’épanouissement des personnes LGBT.

Depuis, même si les relations avec la communauté gay sont moins violentes, elles n’en restent pas moins très tendues. Jusqu’à récemment, les associations LGBT de la ville n’ont jamais eu le moindre début de soutien dans leurs démarches et se sont plutôt heurtées à des ennuis divers, à l’image de cette interdiction de la marche LGBT dans le centre piétonnier (2004).

En juin 2004, le journal municipal Vivre à Metz, publiait pour la première fois un éditorial du maire de Metz au sujet des homosexuels. Même si chaque mot a été pesé, il est tout de même assez intéressant de connaître le fond de la pensée de Jean-Marie Rausch qui ne loupe jamais une occasion d’associer homosexualité et délinquance…

Source : Hexagone gay (www.hexagonegay.com)

Salon du livre LGBTQI+ de Metz : édition 2021

2020 ne fut pas une bonne année pour les festivités et le tout premier salon du livre LGBTQI+ de Metz en avait fait les frais en étant annulé après plusieurs reports.

On aurait pu croire que 2021 serait du même gabarit mais, au contraire, l’association Couleurs Gaies a décidé de maintenir cette nouvelle édition avec un protocole sanitaire en adéquation avec la situation.

Un weekend à retenir : les 29 et 30 mai prochain de 10h à 19h à la salle de l’Orangerie, à l’Arsenal de Metz, une salle spacieuse prêtée par la Ville de Metz.

Au programme, la présence de nombreux auteurs/res de romance gay, lesbienne, bi, de thrillers, de fantastique, de romans jeunesse, des illustrateurs,…. Deux tables rondes seront prévues pour échanger autour des thématiques de la presse LGBT et des personnages LGBT dans le monde de l’imaginaire.

A ce jour, il reste encore quelques places pour présenter des ouvrages.

L’association aura aussi besoin de nombreux bénévoles pour occuper l’un des nombreux postes disponibles (accueil, comptage, logistique, stand associatif, stand de la bibliothèque,….). Pour plus de renseignements, écrivez à l’adresse centrelgbtmetz@couleursgaies.fr ou lors de la prochaine réunion bénévoles du samedi 1er mai de 15h à 17h au local de Couleurs Gaies (11, rue des Parmentiers, à Metz).

Marie-Paule

Avant Couleurs Gaies #1 : Les précurseurs de la sociabilité LGBTQI+

Pissotières et commerces :

Dans les années 50, les tasses (pissotières) deviennent des lieux de rencontre homo et le resteront jusque dans les années 70, où elles seront délaissées pour l’île du Saulcy. Fin des années 60, ouverture du premier bar homo messin, Le Cléris (18 rue des Clercs), qui suit de quelques années l’ouverture du ‘Kilt’ (2 rue de la Pierre hardie – maison natale de Verlaine), une discothèque ‘friendly’. Fin des années 70, fermeture du Cléris, le patron du Kilt (André Amard, dit Dédé) ouvre une discothèque, Le Bizarroïde (1 rue des Murs), sur le modèle des discothèques gay du quartier parisien de la rue Sainte Anne. Dans les années 80, ouverture du bar Le Sporting (place des Paraiges), Le Bizzaroïde (qui a changé plusieurs fois de nom : Le New Biz, Le 7, L’Ambigu) est supplanté par la discothèque Le Privé (Moulins-lès-Metz) et le Colony (rue Vigne-Saint-Avold). En 1989, ouverture du Club (rue aux Ours) qui deviendra Le Privilège puis L’Endroit, tandis que sur le lieu de l’ancien Kilt se succèdent plusieurs bars gays (L’Ascott, L’Appart, le Boys’Code).

L’entrée discrète du Bizzaroïde, rue des Murs à Metz.
Authentique pissotière (ou tasse) messine

Sans ces lieux de rencontre, pas de sociabilité. Sans sociabilité, pas d’organisation possible contre l’oppression.

Des associations disparues

Arcadie ouvre une antenne à Metz le 3 février 1974, sous l’impulsion de Jean Rittié : réunions, sorties, bulletins, lettre à l’évêque de Metz, 5 livres offerts à la bibliothèque. Du 23 au 24 mai 1977, congré national d’Arcadie à Metz (salle Europa à Montigny). Disparation d’Arcadie en 1982. Début des années 80, création d’un GLH (groupe de libération homosexuelle) dont le siège est situé à la librairie Geronimo (31 rue du Pont des Morts) et qui se réunit les mardis soir (tiens, tiens !) au LSD (rue du Wad Billy), création d’une antenne de David et Jonathan (créée à Paris en 1972), création d’une antenne de GAI Lorraine (créée à Nancy en 1982) qui se réunit souvent au coffee shop L’Eclipse (16 rue des Jardins). En 1988, création du groupe lesbien ELSECLIT, en 1987 création d’Aides Lorraine Nord.

Source : Hexagone gay (www.hexagonegay.com)

AIDES Lorraine-Nord et son groupe Homoaction

Le groupe HomoAction voit le jour en 1987, à la création de l’antenne de AIDES Lorraine Nord.

D’abord centré autour de l’intégration des gays séropositifs au HIV, ainsi que sur la notion d’autosupport, les actions du groupe de bénévoles vont ensuite se tourner vers le volant prévention des risques de transmission.

Mais AIDES est aussi conscient que face aux drames humains liés au sida, le Droit français ne permet pas de réponse adaptée. L’association va donc s’engager sur un volet de transformation sociétale, encourageant notamment le développement des associations gays militantes afin de porter les revendications et tenter de faire évoluer le Droit français (pour les plus jeunes, concernant les enjeux sociaux liés au HIV je ne peux que conseiller les films « Les Témoins » et « 120 battements par minute »).

Au niveau local, le groupe HomoAction de AIDES jouera aussi, provisoirement, un rôle intégrateur: pour quelques jeunes gays venus de la campagne mosellane, le groupe sera une porte d’entrée dans le monde « homo » et ses codes. Pour d’autres, l’étiquette HIV agira telle un repoussoir, confirmant que l’émergence d’une association identitaire était plus que nécessaire.

Qraft, le périodique de Aides Lorraine Nord – Homo Action

Les bénévoles du groupe HomoAction, une poignée au début, presque une vingtaine à son apogée, sont principalement des hommes gays autour de la trentaine, mais seront rejoints par d’autres personnes aux profils plus divers : des femmes (lesbiennes et hétéro), des bi, des transgenres…

L’approche qui est revendiquée par AIDES est calquée sur celle du monde anglo-saxon : une approche de prévention communautaire, par et pour les pairs. Cependant, cette approche suppose qu’une communauté structurée soit présente, or justement Metz connait alors une période sans association de militants.

L’accroche se fera donc dans un premier temps via les commerces gayfriendly (LGBT+ était un code encore bien mystérieux à cette époque), et surtout via les lieux de rencontre extérieurs et autres lieux identifiés de la drague entre hommes, des lieux dont la fréquentation noctambule était encore importante à cette époque (ne pas voir la tête de ses éventuels partenaires de jeu n’était pas encore synonyme de profil « fake »!). Plus concrètement, les bénévoles de AIDES arrivaient en soirée sur ces lieux, installaient une convivialité, proposaient des discussions et du partage d’information « sans tabou », à partir du vécu et des pratiques sexuelles des personnes en présence.

Conscient de l’absence d’une association militante locale, et du besoin de générer un élan pour le développement d’une sociabilité gay plus importante, le groupe HomoAction va développer le festival des JMH, en partenariat avec le cinéma indépendant messin, et avec un réseau de partenaires associatifs et commerciaux chaque année plus important : les Journées Messines de l’Homosexualité étaient nées, ancêtres des futures TransCulturelles qui seront portées ensuite conjointement par Couleurs Gaies et le groupe HomoAction, puis par Couleurs Gaies seule.

Par la suite, AIDES Lorraine Nord et le groupe HomoAction continueront à soutenir Couleurs Gaies, (partage des locaux, participation à l’organisation des premières Gay pride messines), tout en recentrant son action autour de la prévention, dans le contexte de l’apparition du bareback et d’un relâchement des pratiques de « safe sex ».

En ce début des années 2000, le monde associatif gay prenait son envol, et la dynamique LGBT allait voir le jour. Pour la prévention au HIV, un changement de taille allait faire basculer de paradigme : finie l’approche collective et communautaire, place à la Prep et à sa logique individualiste, bien plus en phase avec son époque.

Laurent Varlois, ancien volontaire de AIDES Lorraine-Nord.

Dans les poèmes de nATh #5 : « Il y a… »

Il y a du sucre sur ses lèvres, une trace de chamallow, un goût barbapapa, comme un parfum de fête foraine qui me tourne la tête. Sur mon cheval de bois, armée d’un sucre d’orge, je pourfends le dragon en un tour de manège et rapporte en trophée la queue de l’animal à ma belle princesse. Je décroche le pompom comme si c’était la lune, et me jette à ses pieds le coeur plein de fierté pour qu’elle en récompense m’offre un bonbon sucré…

Il y a dans son sourire des framboises, des fraises et des cerises, tout un jardin d’enfance, des larmes de gourmandise qui fondent sur ma langue et colorent mes joues de rose, de rouge et de baisers. Elle est mon chaperon, je suis son petit loup. Et si j’ai une grande bouche, c’est pour mieux l’embrasser. Et si j’ai de grandes dents, c’est pour mieux la croquer. Et si j’ai une grande langue, c’est pour mieux la lécher…

Il y a des pépites de beauté sur sa peau chantilly, la douceur d’un feu de bois et d’un chocolat chaud pendant un soir de neige, comme des caresses qui me brûlent les mains. Elle est ma petite chatte et c’est moi qui ronronne lové contre son ventre. Elle pelote, elle minaude et puis elle sort ses griffes, je suis sa p’tite souris piégée sur l’oreiller, quand elle cessera de jouer, elle me bouffera toute crue !

Il y a dans ses yeux la magie qui fait de l’abracadabra, des voeux qui filent dans un ciel bleu, des cierges qui font des étincelles, du bonheur sorti d’un chapeau. Elle est ma petite fée, je suis sur un nuage… et si j’ai de grands rêves, c’est qu’elle a de grands yeux…

nATh

PrideStory #7 : Marguerite Yourcenar

Celle qui sera plus tard connue sous le pseudonyme de Marguerite Yourcenar est née sous le nom de Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour en 1903 en Belgique. Plus tard, elle choisira “Yourcenar” comme pseudonyme qui n’est d’autre que l’anagramme de son nom de famille de naissance “Crayencour” (avec le “C” en moins).

Sa mère étant décédée quelques jours après l’accouchement, Marguerite Yourcenar sera élevée par son père et sa grand-mère paternelle ; grâce à ces deux figures d’affection, elle partira en voyage et s’intéressera aux langues et à la littérature. Extrêmement curieuse et douée, elle n’aura pas besoin de suivre un enseignement scolaire pour obtenir son baccalauréat à l’âge de 16 ans. Sa grandeur d’esprit sera ensuite mise au service de l’écriture pour le plus grand bonheur de ses lecteur·ice·s.  

Alors qui d’autre qu’elle pouvait accéder à l’Académie Française ? Son élection en 1980 est un événement important puisqu’elle est la première femme a accéder à cette institution auparavant entièrement masculine. Si sa candidature est source de polémiques, l’écrivain Jean d’Ormesson défend son admission. 

Au cours de sa vie, en plus de son talent d’écrivaine, elle s’engage dans la cause animale notamment à travers son végétarisme, mais aussi avec son militantisme. Celle qui a soutenu Brigitte Bardot dans ses combats a développé des réserves pour les animaux et pour la nature et s’est entourée d’animaux domestiques et sauvages tout au long de sa vie. 

Une écrivaine LGBTQI+ 

À en croire la biographie de Marguerite Yourcenar telle qu’elle est largement diffusée, on ne fait souvent pas immédiatement le lien entre cette écrivaine et la communuauté queer. 

Pourtant, dans plusieurs de ses oeuvres, Marguerite Yourcenar parle d’homosexualité masculine et elle le fait d’ailleurs dès son tout premier roman “Alexis ou le traité du vain combat” qui est une longue lettre dans laquelle un homme parle à sa femme de son homosexualité. 

S’en suivront ensuite plusieurs autres ouvrages traitant de cette même thématique sans, pour autant, jamais prononcer ce mot (ce qui peut laisser penser que l’homosexualité semble être un sujet tout à fait banal pour l’écrivaine) : 

  • Coup de grâce” (1939) : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le narrateur nous raconte comment il est pris dans un triangle amoureux ; la question de l’homosexualité semble se poser pour ce personnage principal. 
  • Mémoires d’Hadrien” (1951) : sur fond historique, l’écrivaine nous offre les mémoires fictives de l’empereur qui écrit une lettre destinée à son successeur (le futur Marc Aurèle) dans laquelle il semble faire un bilan de sa vie. Son personnage évoque ainsi son amour envers d’autres hommes. 
  • L’Oeuvre au noir” (1968) : le personnage principal, là aussi ayant connu des relations avec des hommes, revient sur certains événements de sa vie, mêlant fiction et éléments historiques. 
  • Mishima ou la Vision du vide“ (1981) : dans cet essai, Marguerite Yourcenar nous apporte une analyse de la vie et des oeuvres de l’écrivain japonais Yukio Mishima ouvertement homosexuel. 

Aussi une femme queer !  

En 1937, elle fait la rencontre de l’universitaire américaine Grace Frick qui deviendra la traductrice de plusieurs de ses œuvres. Elle se rend ensuite aux États-Unis lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, accompagnée de Grace qui devient alors sa compagne. C’est aussi à ce moment-là qu’elle obtient la nationalité américaine et est reconnue légalement sous le nom de Marguerite Yourcenar. 

Elle vivra 42 ans auprès de Grace jusqu’à la mort de cette dernière en 1979. Marguerite meurt à son tour en 1987, alors âgée de 84 ans. Les deux femmes sont incinérées et leurs dalles funéraires sont placées ensemble dans le cimetière Brookside de Somesville. Là où gît Grace est inscrit “Hospes comesque” (Hôte et compagne). À leur côté se trouvent les cendres du dernier compagnon de Marguerite, Jerry Wilson, mort en 1986 des complications du sida. 

Si la sexualité est une thématique majeure dans les œuvres de Marguerite Yourcenar, la sienne reste pourtant assez “secrète” dans le sens où ses relations lesbiennes sont peu mises en avant par ses biographes et par elle-même. À tel point qu’il est difficile, a posteriori, de définir clairement son orientation sexuelle : l’hypothèse de la bisexualité se pose puisqu’elle a, a priori, été amoureuse d’André Fraigneau, lui-même homosexuel.  Mais on peut aussi se demander si elle n’avait pas en tête l’idée du lavender marriage dans lequel deux personnes homosexuelles se mettent ensemble pour feindre une hétérosexualité. 

Le mystère perdure encore mais, ce qui est sûr, c’est que cette grande écrivaine avait bien quelque chose d’LGBT en elle ! 

Manon 

Des nouvelles de l’antenne de Longwy #3

Le samedi 20 mars 2021, à l’hôtel de ville de Villerupt, s’est tenue une rencontre organisée entre Couleurs Gaies et des élu.e.s de la CCPHVA (communauté de communes du Pays-Haut et du Val d’Alzette) dans le but de mettre en place la présence de l’association sur le territoire de l’intercommunalité.

Retrouvez au micro de Boris Maxant (Radio Aria) : Matthieu Gatipon-Bachette, président de Couleurs gaies, Karim Belgharbi, co-référent de Couleurs Gaies (antenne de Longwy), Frédéric Pokrandt et Gautier Berera, adjoint à Madame Le Maire d’Audun Le Tiche mais aussi Pierrick Spizak, Maire de Villerupt : https://s5s.archive-host.com/membres/playlist/bb0190f0a8dabd8fdedffea59963dd0cb2e658a9/INVITES_2020_2021/Couleurs_Gaies_CCPHVA.mp3

Karim

Reportage du Républicain Lorrain : https://www.republicain-lorrain.fr/societe/2021/03/24/unis-contre-les-discriminations-des-personnes-lgbt?fbclid=IwAR3f1MZuce_4BkNpA2zhZ0T5xqHCRLE0RLxfjEDDMmWfVv-qmYxYuLCYEDU

Pourquoi adhérer à CG ? #14

« Vous êtes chez vous, en colocation ». 

Les mots de Stéphane résonnent encore dans ma tête. 

Si réconfortants et réalistes.

Je m’appelle Clémence, âgée de 28 ans, nouvellement arrivée au sein de Couleurs Gaies depuis deux semaines seulement, et pourtant, déjà bien intégrée. Si j’ai pu prendre mes marques aussi rapidement, c’est sans compter grâce à la bienveillance et l’accueil chaleureux que m’a réservé l’équipe et que je remercie. 

Ayant déjà eu plusieurs expériences au sein d’associations LGBTQI+, c’est la première fois que l’on me propose de faire une formation d’une demi-journée dès mon arrivée. Et selon moi, c’est fondamental pour poser les bases et partir du bon pied, je ne peux que saluer cette initiative ! C’est la preuve que l’association est solidement structurée et qu’elle a réfléchi au parcours d’intégration des nouvelles et nouveaux bénévoles en devenir. C’est une véritable force !

J’ai eu la chance de participer à la réunion de la commission Politique donc si vous souhaitez être partie prenante et donner votre avis sur les directions et projets développés par l’association, sachez que vous serez écouté.e.x !

Je crois que c’est notamment ça qui m’a autant séduite chez CG : l’ouverture des possibles et la valorisation de la polyvalence.  

D’où vient mon engagement ? Sœur d’un enfant adopté, j’ai pu être une spectatrice impuissante de la violence du racisme qu’il a subi. Cela m’a donc donné envie de faire des injustices et de la lutte pour les droits et l’égalité, une priorité. C’est pourquoi, j’ai réalisé un Master « Inégalités et Discriminations » et j’ai eu envie de soutenir CG dans ses luttes. 

Révoltée mais riche de ce parcours, mes convictions se sont renforcées au fil du temps et si j’ai poussé la porte de CG, c’est pour faire profiter à l’association et à ses bénéficiaires de mes compétences, de mon envie profonde de rétablir la justice, d’accompagner les autres dans la sensibilisation et dans leur démarche de la découverte de soi ; processus parfois complexe qui nécessite que des mains soient tendues, des oreilles et un cœur à l’écoute.

Au sein de CG, les projets sont nombreux, complémentaires, primordiaux et se font entre deux éclats de rire : de l’appropriation de l’espace publique par les collages en passant par les accueils et écoutes, le devoir de mémoire, des interventions en milieu scolaire ou bien encore par des actions de lutte contre la précarité en ces temps de pandémie. Et la liste n’est pas exhaustive !

Vous n’êtes pas familier.ère.x avec la culture LGBTQI+ ? Pas de panique, une bibliothèque est à votre disposition pour vous informer ! 

Voilà une autre de mes motivations : essaimer la culture LGBTQI+, la tolérance, la non-discrimination et l’égalité, en touchant le plus grand nombre. 

Et pour que tout ceci prenne encore plus d’ampleur, nous avons besoin de vous ! Rejoignez-nous, je serai ravie d’échanger avec vous 😉

Clémence

Chronique du racisme ordinaire #18 : Tribute to Oscar Wilde et Alan Turing

En Anglais, « to pay tribute » signifie « rendre hommage ». Je propose ici un petit bond en arrière dans l’histoire pour un bref hommage aux deux très british Oscar Wilde et Alan Turing, créatures mythiques, de la littérature pour l’un, et de l’informatique pour l’autre, que vous connaissez déjà tous très bien, bande d’ignares, puisqu’ils sont gay. Je vais donc me contenter de vous rappeler leurs fins tragiques et tristement analogues, à deux époques fort différentes, bien que séparées seulement par un demi-siècle (mais deux guerres mondiales).

Oscar Wilde

Oscar Wilde, écrivain et poète né en 1854 à Dublin, nous a laissé, entre autres chefs d’œuvres de la littérature qu’il n’est plus besoin de lister, des citations juteuses du type : « Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais » (Le portrait de Dorian Grey) ou : « Il y a deux tragédies dans la vie : l’une est de ne pas satisfaire son désir, l’autre est de le satisfaire » (L’Éventail de Lady Windermere). Vous voyez d’ici le personnage : esprit de contradiction, humour caustique, dandysme raffiné. Évidemment, pour couronner le tout, il était un inverti notoire (gardons le vocable d’époque) ; ou plus exactement un « sodomite », si l’on se réfère aux rumeurs répandues par le père de son amant pour casser sa réputation. Erreur du naïf Oscar : lui intenter un procès pour diffamation ; « as-tu oublié dans quel monde tu vivais ? », a-t-on rétrospectivement envie de lui demander plaintivement. Parce qu’à une époque où l’homosexualité était pénalisée, les tribunaux ont transformé subtilement la victime en accusé : en 1895, Oscar Wilde, condamné à la peine maximale, est emprisonné deux ans avec quatorze mois de travaux forcés. A sa sortie, détruit moralement, il est contraint à l’exil, et meurt dans la misère à Paris en 1900 ; il avait 46 ans.

Alan Turing

Alan Turing, mathématicien et cryptologue de génie, né en 1912 à Londres, est considéré comme le père de l’informatique. On a d’ailleurs très envie de rappeler aux masculinistes et autres homophobes qui se répandent allègrement à travers les réseaux sociaux, à qui ils doivent les moyens de leur sinistre expansion : à un second inverti notoire ! Il contribue à l’effort de guerre côté « alliés » avec sa machine à décrypter les messages codés allemands, ce qui l’amène à créer les premiers ordinateurs ; rappelons, tant qu’on y est, qu’à l’époque de l’informatique naissante et balbutiante, cette discipline était majoritairement pratiquée par la gent féminine (jamais de « e » à « gent »). Or, en 1952, soit 57 ans après Oscar Wilde, la justice poursuit Alan Turing, selon un procédé similaire au premier : Turing ayant porté plainte suite à un cambriolage, il s’est avéré que le cerveau du méfait était un ancien amant, et la victime se retrouve une fois de plus à la place de l’accusé. Accusation : « indécence manifeste et perversion sexuelle » ; choix : prison ou castration chimique. Notre Alan choisit la deuxième option. Brisé physiquement par le traitement aux œstrogènes et dépressif, il se suicide deux ans plus tard en croquant dans une pomme imbibée de cyanure (ce qui aurait, selon la légende, inspiré le logo d’Apple) ; il avait 41 ans.

Ces deux êtres ont inspiré moult (jamais de « e » à « moult ») films. Le plus récent sur Oscar Wilde, The happy prince (Ruppert Everett, 2018), je ne l’ai pas vu ; le plus récent sur Alan Turing, Imitation game (Morten Tyldum, 2015) est très bien, avec la tronche et le talent de Benedict Cumberbatch dans le rôle de Turing (qui a par ailleurs relaté ses propres « expérimentations » homosexuelles d’adolescence dans le magazine LGBT+ « Out »).

Anna-Livia.

MusiQueer #10 : Sir Elton John

Impossible de ne pas connaître cet artiste prolifique qui représente à ce jour un des artistes ayant vendu le plus de disques. 

Sir Réginald Kenneth Dwight alias Elton «  Hercules » John ou plus simplement Elton John est un artiste auteur-compositeur chanteur et pianiste britannique.

En 1997, alors que sa carrière lui prête déjà pas moins de plusieurs dizaines d’albums, sa chanson « Candle in the wind » reprise interprétée en hommage à Lady Diana, devient le single le plus vendu depuis la création des hits parades avec 33 millions d’exemplaires. 

Elton John fut un précurseur à son époque (pas si lointaine).  En 1976, il déclarait être bisexuel dans le magazine Rolling Stone. Les coming out étant très rares à cette époque.

Les réactions homophobes furent d’ailleurs véhémentes et nombreuses et beaucoup de fans refusèrent après cette déclaration de continuer à acheter ses albums. 

Néanmoins la situation s’améliora dans les années 80.
C’est à cette époque que l’artiste, après une période compliquée, teintée de drogue et d’alcool, signe plusieurs albums dont les titres sont encore aujourd’hui des « classiques » de la pop repris plus tard par d’autres grands artistes du moment comme Lady gaga ou encore Ed Sheeran…

Taron Egerton qui joue le rôle d’Elton John dans  » Rocketman « 

 » I’m still Standing, Your Song , Rocket Man, Sad Songs, Bennie and the Jets, Don’t go Breaking My heart, Goodbye yellow Brick Road, Sorry seems to be the hardest word, Sacrifice  » ou encore  » Donner pour donner  » (en duo avec France Gall)  sont autant de titres qui ont traversé les décennies et influencés bon nombre d’artistes contemporains.

En 1991,  Elton John sort  » Two Rooms « , célébrant ainsi l’amitié et la collaboration avec des artistes prestigieux comme Kate Bush, Eric Clapton,  Rod Stewart, Sting, Tina Turner, Sinnead O’Connor ou encore George Michael. C’est d’ailleurs en 1985, lors du concert de charité LIVE AID  qu’il reprend en duo sur scène avec ce dernier un de ses tubes écrit en 1974,   » Don’t let the sun go down on me  » et qui sera repris plus tard en 1991 à la Wembley Arena. 
Cette version se classera n°1 des ventes au Royaume Uni et aux Etats-Unis et rencontrera un immense succès auprès du public. 

En 1992, profondément marqué par l’épidémie de SIDA, pendant laquelle il a perdu beaucoup d’amis proches, il décide de lancer une fondation pour combattre la maladie et soutenir activement la recherche et lutter contre la discrimination : The Elton John AIDS Foundation.

Il va sans dire qu’Elton John est aujourd’hui une figure tutélaire de la défense des droits LGBTQI+ à travers le monde, un combat qu’il a défendu sur la scène politique internationale. 

Le 21 décembre 2014, Elton John a épousé David Furnish, son compagnon depuis 1993. Le couple a adopté deux enfants nés d’une mère porteuse, Zachary et Elijah. 

Damien



Dans les poèmes de nATh #4 : « Le 7 mars 2010 »

De vieilles demoiselles aèrent leur vieille mère
Et les pères de week-end surveillent leur marmaille
Les corniauds se soulagent au pied des réverbères
Tandis qu’en ciel azur les mouettes se chamaillent

Aux parterres du Plan d’eau se comptent les fleurettes
Rabougries et usées par cet hiver trop long
Quelques pensées solides et de chétives pâquerettes
Parsèment néanmoins le détrempé gazon

En chemin de halage les familles composites
Vaquent à leur promenade en habits du dimanche
Pendant que les canards ou les cygnes les visitent
Espérant soutirer de pain dur quelques tranches

C’est au premier passage que se rejoint la ville
Où Pâques thème imposé gagne les magasins
Un décorum planté au moins jusqu’en avril
Quand libres gambaderont poulettes et lapins…

nATh

Recherche de magazines TÊTU, Lesbia Magazine, Zone Libre

Suite au travail de tri des archives de l’association, Couleurs Gaies a fait le bilan des magazines LGBTQI+ qu’elle a en sa possession. Abonné.e.s de la première heure aux magazines TETU et Lesbia Magazine, nous rechercins certains numéros qui manquent à l’appel.

Si quelqu’un.e possède et est prêt.e à céder les numéros suivants, nous lui en serions vraiment reconnaissants :

TÊTU : 1 – 13, 15 – 18, 25 – 28, 131, 152, 153, 159, 189, 190, 192, 195, 196, 200, 205, 210, 212, 214 – 216, 223 – 225 ;

Lesbia Magazine : 1 – 7, 10, 11, 24, 26, 56, 68 – 70, 77 – 98, 100 – 161, 163 – 172, 174, 175, 177 – 179, 182-187, 189, 206, 209, 214-217, 222, 225, 228, 229, 231, 235, 239, 241 – 254, 257 – 260, 272, 288 – 291, 293, 294, 300, 302, 310, 313, 315, 317, 319, 324.

Zone Libre est l’espace d’expression libre des sympathisant.e.s et des adhérent.e.s de Couleurs Gaies depuis des années et nous ne retrouvons plus la trace des numéros suivants :

Zone Libre : 31, 56, 109, 115, 116, 134, 153, 158, 162, 163, 166.

Si vous pouviez nous en faire parvenir quelques uns, nous pourrions compléter notre collection ! L’équipe de Couleurs Gaies vous remercie d’avance.

Frédéric